LE MÊME, LA MÈRE DU ROI, GODEFROY, SOU
c'euyer.
lfmbert. Madame, que Dieu soil céans! me voici : aurai-je à boire?
la mère. Oui, Lemhin, par saint Magloire! Comment se porle le roi,?
lembert. Bien, ma dame, par la foi que je vous dois! au moins il en élail ainsi quand je le laissai. Mais je ne sais rien de ce qu'il a fait à la fêle, n'ayant eu, peur rester à la cour, que le temps qu'il prii à faire ma lettre, à me la donner et à me dire que je fusse soigneux el diligent à la reporter à ses hommes de l'autre côlé du détroit.
la 51ÈRE. Cela ne faii rien. — Holà, le vin, holà, cl des épices!
coDF.FRO'ï. Madame, je serais un imbécile si je refusais de vous obéir. Je vous en apporterai sur l'heure; je vais les chercher.
lembert. Oh! oh! quoi donc? Voilà hien des mois que je n'ai eu une envie de dormir aussi forle que celle qui m'a pris depuis que je suis entré dans cet appartement. D'où cela me vient-il? Madame, avant toit il me faut dormir.
l\ hère. Non certes. Auparavant vous boirez un coup el vous mangerez des épices, par la foi que je dois à mon àmc '.
c.odefroy. Ma dame, prenez les épices avant le vin.
la mère. Allons, j'en ai pris : maintenant, présente à Leuibin, il en prendra.
lembert. Je ne sais pas si cela me fera du bien, lant j'ai sommeil!
la mère. Dés que nous aurons bu, je veux, Godefroy, que lu le mènes coucher, el que lu aies soin de le couvrir, de manière à ce qu'il dorme à son aise.
(Ici ils boivent sans rien dire.)
lembert. Chère dame, ne vous déplaise, si je reste plus longtemps ici, je vais m 'endormir. En vérité , je n'en puis plus.
la mère. Eh hien ! allez Lembert ; que Jésus vous donne un bon somme, mon ami! — Godefroy, allez vile sans relard avec lui.
codefrov. Volontiers, madame, par ma foi! — Allons, Lemberi.
lembert. Travaillons des pieds, je vous prie, pour y aller.