‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 359 sur 1429 · LES MÊMES, LA FILLE DU ROI DE HONGRIE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, LA FILLE DU ROI DE HONGRIE

la fille. Seigneurs, de quoi êles-voussiforl préoccupés? Tniil ne va-t-il pas bien dans ce pays? Je vous vois tout Stupéfaits el le visage morne.

LE DEUXIÈME CHEVALIER. NollS n'en pOUVOIIS lllais.

ma chère daine; et, en vérité, vous n'allez pas élre moins dans l'ennui que nous. Le roi nous mande, sous peine de perdre nos biens el noire vie , de i.e pas différer à faire huiler voire lils et vous.

la ni le. Ah, mère de Dieu, Vierge honorée! mes amis, dites- vous la vérité ? A-t-il mis un ordre

pareil dans Cette lellie?

le prévôt. Oui , vraiment , cherc dune; ciil y

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DICTIONNAIRE DKS MYSTERES.

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a qu'il nous fera pendre, si nous n accomplissons uts sans relard ce qu'il nous mande.

i a fille A quelle angoisse ne suis-je pas de nouveau en proie? Eh! très-douce Vierge Marie, je ne no s pas qu'il v ail en vie ime femme plus infortunée que moi. Eli! doux roi d'Ecosse! pourquoi ni avezvous condamnée à mourir parle supplice du feu.' • Certes, c'est à tort; car je ne saclie pas vous avoir offensé en paroles et en actions, au point de mériter que vous me mettiez ainsi à morl. Encore, si j.> mourais seule, je n'éprouverais pas tant de chagrin (/ci elle baise son /ils); mais votre volonté esl mie celle douce rosée, cet innocent sans tache, soit brûlé avec sa mère. Ali ! lion roi ! par ma foi ! ce me semble chose trop dure el trop douloureuse qu un lel innocent et sa mère so eut brûles. Dieu! le cœur me fend de douleurs. Ah! mon doux enfant! [Ici elle le baise.) — Doux lils, est-ce par suite de vos crimes ou des miens? Neniii, certes , ce n'est que ,.a„e Eh ! beaux seigneurs, épargnez ma pauvre vie" que je ne meure pas ainsi, ni cet enfant non plus- je vous en prie pour l'amour de Dieu et de moi.' J'ai le coeur bien marri. Mon enfant n'etail-il pas pour tenir le pays comme roi ? Quelle furie s y oppose? Ah! je vous en prie donc, au nom de la pitié soutirez que loin de celte terre je puisse aller chercher mon pain comme une pauvre femme.

LE DEUXIEME CHEVALIER. Prévôt, dilCSIlloi, Cn

ami que ferons-nous de celle femme; elle me fait tant pitié par ses douces lamentations, que le cœur me fond tout en larmes; et vraiment, l'enfant produit sur moi le même elfel : je vous en prie donc, avisons.

le r-RÉvôT. Sire, nous nous en tirerons a noire lionn ur, si vous m'en croyez. Si je dis bien, 114 repoussez pas mon avis.

le deuxième ciif.valier d'écosse. Nenni ; au conuare, je veux m'y ranger. Allons, prevol, parle». le prévôt. Nous pouvons elre entièrement déchargés de sa morl, en agissant de celle manière : mettons-la en mer dans un bateau ou dans une vieille nacelle seule avec l'enfanl, sans gouvernail m aviron; personne autour d'eux; qu'elle s'en aille ainsi sur la mer au gré de Dieu qui la conduira ou il lui plaira.

ie deuxième chevalier. C'est bien parle; il en sera ainsi. — Dame, vos plaintes nous ont fail pitié. Nous ne vous livrerons pas au feu; mais nous lerons autre chose. Il vous faudra, que cela vous plaise ou non entrer dans ce bateau, vous el votre enl.>nl; et quand vous serez cn mer, vous n'aurez daailre protection que celle de Dieu. Ainsi vous aurez quille U pays. Consentez-vous ?

la fille. Puisque tel est votre plaisir, mes doux seigneurs, je vous remercie les larmes aux yeux. Condamnée il mourir, j'aime mieux que nous soyons noyés dans la mer profonde que de périr par le feu •1 la vue de tons.

le prévôt. Daine, vous n'avez pas lorl. Eh bien, en avant ! prenez voue enfant, faites vite et venez prompiemeui. ,

la première demoiselle. Ah! ma chère el bonne dame ! j'éprouve lani de peine de me séparer de vous que peu s'en faut que le cœur ne nie fende. Certes, je ne vous abandonnerai pas; je veux vivre ou mourir avec vous. Vous m'avez aimée de tout voue cœur; et puisque je vois votre lin, ccrlainemenl j'entrerai dans la nacelle aussilôl que vous, et je mourrai si vous mourez : tant je vous aime d'une amitié sincère ! Je veux entrer céans sans relard, puisque vous y èies.

le deuxième chevalier. Mon amie, vous êtes folle,

qu'est-ce qui vous entraîne? Si le vent s'élève et la

mer s'enfle, vous serez noyée tout de su;le. Pour

l'amour de Dieu! n'y allez pas; croy z mon avis.

LA premiers PEMOitELit. Sire, je veux aller avec

elle et m'exposer pour elle à la mort, s'il me faut la subir: tant je l'aime en vériié!

le prévôt. Mon amie, je vous liens pour une sotie, si vous faiics cela. — Menons ce bateau a flot. Holà ! la mer le sépare de nous. Sire, allonsnous-en d'un autre côté vers nos logis.

le deuxième chevalier d'écosse. Allons ! Adieu, gentille dame ! Le Seigneur vous aide el vous console, et, si tel est son plaisir, qu'il veuille vous conduire à bon port !

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