LA FILLE DU ROI, SA DEMOISELLE, LE SÉNATEUR
ir. sénateur. Soyez la bienvenue, dame. Pour quel motif venez-vous dans celle ville? Esi-ce pour vous éhaltre ou pour chercher quelque chose?
la fille. Sire, pour l'amour de Dieu, par pitié, ne me trompez pas, ne vous moquez pas de moi! Hélas! je n'ai pas sujet de rire ou de jouer. Depuis peu j'ai fait Irop de perles, el de si grandes que je n'espère pas les réparer jamais, à moins que Dieu n'en décide autrement.
le sénateur. Daine, je vous le dis en un mot, je n'ai pas l'intention de me jouer de vous; car à voire extérieur el a", voire maintien, je crois (pie vous êtes issue de haut lignage : el comme telle est ma pensée, je vous mènerai en mon logis el vous hébergerai, si cela vous csi agréable.
la fille. Tour l'amour de Dieu, sire! en quelle contrée snis-je venue?
le sénateur. Dame, vous éles descendue loin droit à Rome.
la fille. Que Dieu veuille ici me conseiller cl me réconforter! — Mon (ils, nous avons à supporter assez de tribulations.
le sénateur. Je vois que vous èles lasse. Venez avec moi, la belle, vous et votre demoiselle; vous ne pouvez en eue deshonorée : je suis sénateur de la ville et j'ai une femme.
la fille. Que Dieu garde d'oulrage vous el elle! Allons-nous-en donc.
le sénateur. Vous ne cheminerez pas trop longuement : dame, nous v serons loin de suite. Voici le logis où je demeure.