SCÈNE IX
LES MÊMES. BRADAS, sol. DAIS SCYTIIKS (1G7¥).
gallican. Par Jupiter! <j tribuns ! j'aperçois les légions d'une innombrable année, hérissées do mille armes diverses.
les tribun;. Par Hercule! c'est l'ennemi!
gallican. En avant J courage! et combattons en nommes.
les tribuns. Que nous scrvira-l-il de combattre contre une telle multitude!
■gallican, El nue voulez-vous donc faire?
les tribuns. Nous rendre.
gallican. Apollon ne le veuille pas!
les tribuns. Par l'ollux, i|ue faire? De tous côtés, nous sommes enveloppés; nous voici blessés tous ; c'est un massacre.
gallican. Hélas! hélas ! qu'en sera- l-il? Les tribuns méprisent mes ordres cl se rendent.
jean. faites vœu au Dieu du ciel de devenir chrétien, et vous vaincrez (108).
gallican. Le vœu, je le fais ci je le tiendrai.
les ennemis. Hélas! roi Bradai), le sort, qui nous avait laissé espérer la victoire, se joue de nous. Nous voici, les bras affaiblis, les foi ces épuisées, cl en outre, sans cœur et contraints de mettre fas les armes.
brada.n. Que dire? Le sais-je? Ce mal qne vous souffrez, je réprouve. Il ne nous reste qu'a nous rendre au général romain.
les ennemis. C'est là notre unique salut.
bradas. Duc Gallican, conseillez à ne pas accomplir notre ruine ; épargnez-nous, et disposez de nous à votre gré comme de vos esclaves.
gallican. N'ayez pas peur; ne tremblez point; donnez-moi des otages, payez Irihnl à l'empereur, et vivez heureux sous la protection romaine.
BRADAN. Il ne dépend i|ue de vous de prendre pour otages tels OU tels au nombre qu'il vous plaira, et de nous imposer le tribut.
gallican. Soldats, déposez les armes! ne tuez, ne blessez personne; embrassons comme alliés ceux ipie nous attaquions comme ennemis publics.
jean. Combien l'emporte une bonne prière sur l'orgueil des hommes !
gallican. Cela est vrai.
paul. Combien est efficace la miséricorde sup-ênie pour ceux qui se recommandent à Dieu par leur humilie dévotion !
gallican. C'est évident.
jkan. Mais le vœu des heures de tourmente doit être accompli sitôt le calme.
gallican. C'est mon sentiment. Aussi désiré-je d'être baptisé le plus lot possible et de me dévouer, pour le reste de ma vie, au service de Dieu.
r-AUL. C'est justice.