ONCLE
Biaux niez (utveuae), il menl parmi l.iboucbe. Qui es-tu? Dy.
INTBEHOR.
Qui je sui? Ne vous chaille qui.
Tant y a, je suis chevalier, El plus dire ne vous en quicr, Mais vezci mon gage pour elle...
l'oncle
Je dy que lu mens
Et que bons esl li jugemeiis Vezci mon gain.
« Les deux champions... se battent sur la scène. L'oncle coupable., se voyant terrassé par son adversaire, cric que la partie n'est point égale :
Il est jonnes, je sui jà viex!
« Avoue que tu as calomnié cette dame, « lui dit Anthénnr, ou je l'enfonce ce fer « dans la gorge. »
« Après s'être bien débattu, le calomniateur confesse son crime, et tandis que la marquise est mise en liberté, il est, lui. envoyé en prison... » (O. Leroy, Etudes suites mystères; Paris, 1837, in-8", p. 90-102.)
GÉDEON. — M. Cbabailles, dans sou édition des mystères de saint Crépin (Paris, 1836, in-8°) cite parmi les pièces appartenant au théâtre religieux le Combat de Gi(déon du P. SoufTrand.
On trouve en effet, sous les dotes de 1010 et 1016, et non de 1626, un petit livre intitulé :
Le victorieux et triomphant combat deGédéon,
représenté à Paris au jour de la Passion du
Eils de Dieu, en l'an 1612, en l'église de Sl-
Séccrin, en présence de la sérénissime reyne
Marguerite, par le R. P. Souffrand de la
compagnie de Jésus... Paris, 1616, m-16.
Mais ce combat de Gédéon... représenté... n'est pas un drame : c'est un sermon.
Un sermon du temps, divisé en trois parlies: «En la première, vous avez le iracassement des cruches... En la deuxième, le son et le résonnement des trompettes.... » Sermon bizarrre, alambiqué , mais qui ne manque ni de force ni de pathétique.
GEFFROY ou Geoffroy (L'abbé).— Voy.
Sainte Catherine (Le jeu de).
GENEVIÈVE (Sainte). -- Les miracles de sainte Geneviève sont tirés du manuscrit de la bibliothèque Sainte-Geneviève a Paris.
Ce mystère date du xv siècle.
Le texte en a été publié par M. Achille Jubinal, dans ses mystères inédits du xv' siècle (Paris, Téchener, 1837, in-8% 2 vol., t. I", p. 169-304).
M. O. Leroy, dans ses Epoques de l'histoire de France (Paris. 18i3, in-8", p. 209- 305) a considéré le Mystère de sainte Geneviève comme ayant les plus étroites analogies avec l'histoire de Jeanne d'Arc. La date de 1V50 environ qu'indiquent la diction et l'écriture du manuscrit, et qui est celle du commencement du procès en révision do Jeanne d'Are, contraignait le vieux drama liste à des ménagements tels qu'il a dû ca--
t.fn
cher sa pensée sous le nom rie sainte Geneviève, niais les ravages d'Attila ne sont que la peinture n'es dévastations anglaises et les invocations de Geneviève aux saints patrons de la France, sont celles que, dans son procès, on reprocha à Jeanne Saint Denis déplorant le déclin de la France, s'entend évidemment du xv' siècle et non du v*. Quel serait le roi de Paris au v* siècle? Comment accuser d'ignorance sainte Geneviève dont la légende célèbre la science; Jeanne d'Arc, au contraire, de clergie ne scet lettre. C'est pour la pucelle d'Orléans et non pour sainte Geneviève, qu'est faite l'atroce proposition du supplice du feu. Enfin lout porte à croire que ce drame fut joué à Paris avant la réhabilitation de Jeanne d'Arc, dans le temps où l'esprit public était le plus changé en sa faveur; qu'il fut l'œuvre de quelque écolier de Sainte-Geneviève, voulant relever ses écoles de la défaveur de l'abandon qu'elles avaient fait de l'héroïne ; on y sent le style châtié et la diction d'un universitaire.
Auparavant la Bibliothèque du théâtre françois, ouvrage attribué au duc de La Valière ( Dresde, 1108, in-8°, 3 vol., t. I" p. 36), en avait donné l'analyse suivante que nous reproduisons en substance.
Le Mystère de sainte Geneviève est divisé en onze miracles, qui ont tous une action et un sujet différents: les actions y changent, et chaque miracle peut être regardé comme un mystère particulier.
En voie' 'es sujets :
1° La mère de sainte Geneviève... accouche... Les anges chantent une hymne. Saint Germain exhorte saint Loup et saint Itemi à allir en Angleterre poury détruire l'hérésie): il leur fait voir sainte Geneviève, qui passe déjà pour une fille fort dévole...
2° Sainte Geneviève demande à sa mère Geronce la permission de la suivre à l'église: elle la lui refuse, et lui donne môme un soufflet : elle devient aveugle dans le moment. Sainte Geneviève se met en prières; après, elle prend de l'eau de puits, la bénit, et eu frotte les yeux de sa mère, qui sur-lechamp recouvre la vue.
3" Après la mort de son père et de sa mère, sainte Geneviève part pour Paris: elle s'arrête dans un lieu où était un autel avec une image de la Vierge : elle s'y met en oraison. Sainte Céline la trouve dans ce pieux exercice et lui demande la permission de vivre avec elle. Elle lui raconte que, depuis deux ans, sa servante Margot est malade dans son lit, sans en pouvoir sortir. Sainte Geneviève va voir celle fille, tait le signe de la croix sur elle, et lui dit de se lever. Margot se lève, ne sentant plus de douleurs, et absolument guérie. Elle fait vœu de chasteté.
k° Attila, qui désolait la France, marche pour faire le siège de Paris. Les habitants de cette ville sont dans le plus grand effroi. Sainte Geneviève se met en prières, pour implorer en leur faveur le secours divin. Elle intéresse plusieurs saints, qui joignent leurs prières aux siennes. La Vierge se fait beaucoup prier pour être favorable aux Pa-
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risiens; enfin, elle intercède pour oui auprès de Jésus... Jésus-Christ, irrité contre les vices des Parisiens, a bien de la peine à accorder à sa mère ce qu'elle lui demande. A la fin, cependant, il lui promet de sauver Paris des fureurs d'Attila. Sainte Geneviève annonce cette bonne nouvelle aux Parisiens : mais ceux-ci, au lieu de lui témoigner delà reconnaissance, la prennent pour une sorcière et veulent la faire mourir. Ils disputent sur le genre de mort qu'ils lui feront souffrir, quand tout à coup l'archidiaered'Auxerre arrive et les détourne de ce projet barbare.
5° Sainte Geneviève est malade et près d'expirer. Dieu détache son âme de son corps et lui t'ait voir les peines de l'enfer et les délices du paradis; ensuite il remet son âme à sa place. Sainte Geneviève guérie s« lève, remercie Dieu et raconte sa vision à sainte Céline et à Margot.
G" Une nonain, de Bourges, vient visiter sainle Geneviève, qui... lui conseille... de faire pénitence. La nonain, sur-le-champ, va trouver l'évoque... Elle témoigne le plu> sincère repentir, obtient l'absolution et l'ait la plus austère pénitence.
7" Un enfant, endormi sur le bord d'un puits, y est précipité par les diables. La mère a recours à sainte Geneviève, qui implore la bonté de Jésus-Christ. Dieu oi donne à Michel et à Raphaël de retirer des mains, des diables l'âme de cet enfant,... et l'enfant est ressuscité....
8° Nous empruntons à M. O. Leroy (Epoques de l'histoire de Fr., Paris 18i3, i;i-8% p. 423) le compte-rendu de la scène suivante :
« Un bourgeois d'Orléans, de l'humeur la pms violente, poursuit un de ses esclaves, dont il croit avoir à se plaindre, et prétend le faire mourir. L'infortuné vient se jeler aux genoux de la sainle, en la conjurant d'arrêter la fureur de son maître. C'est ce qu'elle tenle... Elle s'adresse au maître, après avoir dit au pauvre serviteur de se tenir en oraison: