SCÈNE XXVII
L'IMPÉRATRICE, LE CHEVALIER, BAUDOUIN SERGENTS d'aRMES, SUIVANTES.
LE premier chevalier. Ma chère dame, esl-il vrai, comme n:e l'a dit cet écuyer ci, que vous ayez mis en prison son maître, qui naturellement est le plus sur, le meilleur et le plus loyal de vos amis, el qui seul connaît vos secrets. Si quelque parole ou quelque action vous a déplu, dame, je vous prie de lui pardonner : par là vous augmenterez votre répuialion el votre honneur.
l'impératrice. Je me garde moi-même de houle et de déshonneur. Noire sire ne sera pas relâché d'une semaine, pas même d'ici à quinze jours. — Mm in, approche. Tu vas aller le garder, et en même temps lui procurer ce qu'il voudra boire ei manger. F.iis en sorte qu'il ait tout en abondance cl qu'il soil richement servi ; mais prends bien garde qu'il ne s'échappe.
le premier SERGENT d'armes. Croyez que je me laisserais plutôt arracher les bras du corps. Puisque lel esl voire plaisir, j'y vais tout de suite, uni chère dame.
LE PREMIER CHEVALIER. A VOlIC glé, HUlis il CÙl é:é
bien mieux, sur mon àme! de le mettre dehors.
l'impératrice. S'il n'eût pas été aillant de mes amis, je ne l'y eusse pas emprisonné; el si vous saviez ce qui s'est passé, je crois que vous parleriez autrement. — Baudouin, resle avec moi, cela ne doit p;is le faire de peine; et dès ce moment je le nomme mon écuyer.
l'éciver. Je suis bien reconnaissant de celle purôle. Très-grand merci , ma chère dame. Sur 1110:1 àme! je vous servirai très-volontiers.
l'impératrice. Maintenant, parlons d'autre chose. Pour nous divertir, tandis que nous sommes ensemble, s re, dites-moi, je vous prie, quelle est la chose, à voire avis, la plus délicieuse , qu'elle soit ou non cuise de dommage ou de profit.
le premier chevalier. Voici ce que je réponds : la chose délicieuse esl celle qui esl le plu-, désirée S"ir et matin, du cœur de l'homme; lel esl mou avis.
la HEM01SELLE. Sur mon àme ! voici une parole bien dite, el c'est la vérité.
l'impératrice. Allons! par votre loyauté ! Ysabcllc,
IMP
DICÏÏO.YNAlIiE DES MYSTERES.
IMP
lequel vaut mieux de parler jusqu'à ce que l'on vous impose silence, ou de se taire el d'écouter jusfpi'à ce que l'on vous commande de parler? Dites-lenioi.
la demoiselle. Voici mon opinion, et ma réponse .. voire demande : Il vaut mieux se taire jusqu'à ce que l'on vous commande de parler; car tant qu'on s'en abstient, on lient sa parole en son pouvoir; cela ne fait point l'ombre d'un doute.