‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 492 sur 1429 · LES MEMES, L'IMPER ATRICE · texte numérisé non relu

LES MEMES, L'IMPER ATRICE

LA pèlerine. Maine, voilà quelqu'un qui nous regarde d'un mauvais œil; j'ai grand'peur qu'il n'y ail des malfaiteurs aux environs.

l'éciver. Que pourraient-ils faire ici? cenaincnieul je vais le savoir. — Eb, mon amie, d l smoi la vérité : èies-vous seule ici? Pour l'amour de Dieu, qu'y faites-vous , dans l'équipage où vous êtes.

l'impératrice. Sire, je ne vous mentirai point : la mer m'y a jelée et mise , après avoir noyé tous mes amis, un frère et six cousins que j'avais. J'allais avec eux outre-mer : ce que je puis appeler une folie , car il a fait une si grande lenijêie que noire navire s'est brisé en deux. Je ne sais comment j'ai pu échapper. Mais la mer nia jelée ii i , où je suis dans un lel dénuement que je n'ai pi s mangé voici Irois jours , cl je suis demeuré.: dans l'état où vous me voyez.

1. 'cet ver. Dame, vous ne resterez pas ici , vous viendrez avec nous et, parla fui que je dois à Dieu! vous serez rassasiée , rcvènie d'une robe , et l'on ne vous traitera que comme ma sœur; n'en douiez pas.

l'impératrice. Sire, j'irai avec vous volontiers jusque dans votre navire: mais, moi.lrez-.n'en le chemin.

l éciver de la nAME. Volontiers, mon amie, sans faute; venez par ici , donnez-moi la main. — Madame, j'amène avec moi celle femme , que j'ai trouvée là-bas seule et loul en pleurs. Elle m'a conté au long snn aventure, qui esl assez irisle et pénible; car tous ses amis sonl noyés, el la mer l'a mise là. C'esl pourquoi, dame, pour l'amour de Dieu, ay.cz-cn pitié : vous ferez bien.

la pèlerine. Ile!.. s! sueur, approche, viens.. La pilié que lu m'inspires m'attendrit le cœur. Vêts celle cotle rans larder, et prends courage.

l'impératrice. Ceries, chère dame, s'il plaisait à Dieu, je voudrais éire morte. Pauvre, nue, ayant perdu lotis mes amis, il n'y a rien d'cluuuanl à ce que j'aie le cœur navré.

la pèlerine. Puisse Dieu vous réconforter! S'il vous pi. lit de rester avec nous à terre , venez. Un attendant je vais aisément vous trouver, pour l'amour de D.cu , à boire el à manger ; n'en doutez-pas.

l'impératrice. Dame, vous me piopnsrz de

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nXTIONNAlUE DES MYSTERES.

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gron.ls services; je n'hesilc pas à les accepter , bien (|iie je ne puisse vous en offrir autant. Dieu vous le rende!

i.e mvîtrf, marinier. L'orage esl calme , le temps se remet au beau : il faut partir. Dame, le vent nous vient à souhait ; qu'en dites-vous?

la pèlerine. Partons donc, mon doux maître.

i.'.éccyer. Oui. vraiment; et aussitôt que vous pourrez mettre celte femme sur la terre ferme, maître , pour l'amour de jNoire-Dame , metiez-

le maître marinier. Mon ami , vous serez satisfait, pour l'amour de Dieu , aussitôt que j'en trouverai le mo. uent. — lionne femme, sans plus attendre, vous pouvez descendre de ce navire, car je voi> une ville,

l'impératrice. Je vous remercie plis de mille fois (et cela vous esl bien dû, ma respectable dame) pour le soin que vous avez pris de moi en me revêtant de vos habits et en me repaissant de vos vivres. S'il vous plaît, je descendrai ici, el je prendrai con^é de vous, aimable daine.

la pèlerine. Si telle est voue volonté, allez; que Dieu tienne votre cœur dans la joie et vous amène à bon port, el nous aussi !

l'impératrice. Que Jésus le béni, par sagràcc, vous conduise eu telle manière qu'il vous mène ions, vous et vos gens, chère dame, à bon port, et vous ramène avec beaucoup de joie en voue patrie!

i.'éclyer de la pèlerine. Adieu , mon amie , adieu, adieu! — Madame, c'est grand dommage pour elle; c.;r je crois qu'elle a été leiniiu de qualité.

la pèlerine. Oui vraiment elle a de l'é location, el se lient avec modestie ; elle n'est pas bavarde, et elle ne parle qu'à propos.

le maître marinier. Dame, si nous reslons ici davantage , je crains que nous n'ayons tort; pendant q ae le temps nous esl propice , allons-nousen.

la pèlerine. Sire, j'y consens; maître, voguez promplenienl.

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