LA VIERGE VARIE
JOSEPH
l'ange.
iierode, roi des Juifs.
ARCiiELAtis, lils d'ilciode.
Dans cette représentation, les Innocents sont habillés de robes blanches. Il y a fête au monastère el l'on prie Dieu en chantant : Quam gloriosum, etc. L'agneau survient soudain, chargé du la croix, il marche devant eux de côté et d'autre, et on le suit en chantant :
Quam g oriosum est regnum!
Emilie agniim, Domine, (hai. xvi, I.)
Un soldat oilVe à Hérode, dès qu'il test assis, le sceptre royal, en disant :
Super solium David.
Alors l'ange apparaît au-dessus de l'étable, pour avertir Joseph de s'enfuir en Egypte avec Marie. L'ange se tournant de trois côtés, s'écrie : Joseph !
l'ange. Joseph! Joseph! Joseph, fils de David! (7/ reprend.) Prends l'enfant el sa mère, et reste la jusqu'à ce que je l'avertisse de nouveau, car Hérode est sur le poin de faire chercher l'enfant pour lo perdre.
un peu de temps, jusvos frères soil coin-
DKS MYSTERES. 1NN 4f.O
Joseph s'enfuyait', accompagné de Marie qui porte l'enfant et sain voir Hérode. Egypte, cesse de pleurer.
le soldat, annonçant que les Mages se sont retirés par un chemin inconnu; il salue le roi et dit : 0 Roi! soyez-vous éternel ! Seigneur, ou se joue de vous; les Mages se sont retirés par un chemin inconnu.
Hérode, furieux, lire son épée el va pour s'en percer; les siens l'arrêtent et le calment. J'éteindrai ma colère dans mon sang.
les innocents chantent à la suite de l'agneau. Agneau saint, destiné à la mort pour nous, ô Chris sous ce symbole sacré de l'Agneau, nous l'oll'ro la splendeur du Père, l'éclat de la virginité; Ilérod irrité, cherche en tous lieux; sauve-nous avec IV gneail, mourons pour le Christ.
le soldat donnant des avis à Hérode. Seigneur, la colère méconnaît sa vengeance : tire l'epce, mais pour ordonner le meurtre de tous les enfants; pei:iétre parmi les morts périra le Christ.
hérode lui donnant son glaive. Brave soldat, niassacre loi-iî'.êiue les enfants avec ce glaive. (Les bourreaux arrivant, on soutirait habilement /'.l-
gneau , à son départ, les Innocents le saluent.)
Les innocents. S. dut! Agneau de Dieu! Salut, a loi qui efface les péchés du monde! Alléluia!
les mères se jetant au-devant des bourreaux. Oh î par grâce, épargnez les jours si tendres de ces nouveaux nés.
(IjCS enfants étant tous tombés, l'ange apparaît et leur crie :) O vous tous qui n'êtes plus (pie poussière, réveillez-vous el parlez.
les enfanis à terre. Seigneur, notre Dieu, pourquoi n'as-lu pas défendu notre sang?
l'ange. Restez ici encore qu'à ce que le nombre de piété.
aciiel entrant, suivie de deux femmes qui la consolent, debout d'abord, gémit sur les enfants, puis s'a ffaisstmt sur elle-même. Hélas! pau\res petits! dont îei tadavresdéchiréssonllàsous nos yeux. Hélas! si jeunes, à peine nés et sacrifiés à la furie d'un homme! Hélas! rien n'a arrêté ce forfait, ni l'horreur, ni votre faiblesse. Ah! mères infortunées, contraintes à subir ce spectacle! Ah! que faisons-nous îel pourquoi n'avons-nous pas subi un semblable destin? llelis! quel souvenir ! jamais mille joie n'atténuera nos douleurs, car nos citera enfanls ne sont plus.
les femmes la recevant dans leurs bras dans sa chute. Vierge Raehel, mère si tendre, cesse les plaintes, sèche les larmes dans ce désastre des enfants; au lieu de ce désespoir et de ces pleurs, ivjouis-toi, car tes enfants sont vivants el bienheureux dans le ciel.
rachel, désolée. Hélas! hélas! hélas! comment me consoler jamais? comment chasser l'image de ce massacre? Tout mon èlre en a éié pour jamais ébranlé. Le souvenir rendra ma pla.nte éternelle. O douleur! ô doux espoir déçu île tant de pères, ùe tanl de mères! Dans ces lugubres scènes, pleurez, pleurez, mes yeux, pleurez la Heur de la Judée elle désastre de la pairie.
les femmes. Mais, ô belle Raehel, vierge mère, tpie pleures-tu? Ton visage n'est pas moins ,ii:ne de Jacob, el la grâce d'une épouse si charmante le réjouit encore. O mère, essuie les yeux mouilles et ces belles larmes gracieuses sur la joue.
rachel. lLlas ! bêlas! hélas! osez -vous accuser ma douleur de mal-à-propos? iVai-je pas perdu mon fils, mon seul abri contre la pauvreté, le défenseur unique des faibles biens que Jacob axait acquis pour moi, et qui, seul, pouvait être utile à ses frères insensés, si nombreux el si accablés de maux.
JEA
JEA
«.es femmes. Doit-on pleurer sur celui qui possède le royaume îles cieux, et dont lu prière incessante porte secours auprès de Dieu a ses frères infortunés.
lui m i , tombant auprès des enfants. L'espoir est troublé ilans mon sein, et mon cœur est confus.
[Les femmes emmènent Racket.)
(i.'ange, iht liant îles cieux, récite l'antienne : Sinite paruulos, etc. [ Maltli. xix, 4.] A ta voix de fange, les enfants se lèvent, et se réunissent en ehœur en chantant.)
l.ES enfants. 0 Christ! i|!iclle armée pour Ion père, amassée en prévision des guerres terribles, dans celte docte jeunesse, missionnaire des peuples et dominatrice de .la barbarie, après tant de fatigues ?
Cependant Hérode disparaît et à sa place son (ils Archélaùs, que l'on salue roi, monte sur le trône de son père
(L'ange avertit Josoph réfugié en Egypte.) l'ange. Joseph, Joseph), Joseph), lils de David! Retourne dans la terre de Judée ; ceux qui en voulaient à la vie de l'eiifunl sont morts.
Joseph revient avec Marie et retirant et se relire ru Galilée en chaulant.
Ciaude, gaude, guude.
Maria virgu, cunclas hœreses .. e.'t. (iSI). Ll CHŒUR. Te Ih'um lauilainiis, etc.
INNOCENTS (Comédie des). Les
Itères Parfait, dans leur Histoire du théâtre français [Vins, 15 vol. in- 12, 1745, t. III, p. 65), ont laissé une notice de la Comédie des Innocents. Celte pièce est de la célèbre Marguerite de Navarre, et date de la première moitié du xvr siècle. La Bibliothèque du théâtre frunçois, ouvrage attribué au duc de La Valhère (Dresde, 1768, in-12, 3 vol., I. I", p. 121) en a donné l'analyse suivante:
« Comédie des Innocents. — Pour éviter à l'enfant Jésus la cruauté d'Hérode, Dieu envoie un ange ordonner à Joseph de remmener avec Marie en Egypte.] Joseph obéit aussitôt et ils arrivent dans un désert. Cependant Hôrode, ayant appris la naissance du Messie, ordonne aussitôt à ses soldais de massacrer tous les nouveaux -nés à Bethléem et aux environs. On vient bientôt après lui annoncei que son ordre a été exécuté. En môme temps la nourrice de sotlils vient lui dire que ce jeune prince a été compris dans le massacre général. La certitude où il compte ôlre de la mort du Messio le console aisément de la perte qu'il vient de faire ; et il se livre à la joie DieUjOrdonne aux anges de conduire dans les cieux les âmes des jeunes martyrs; et elles y montent en chantant les louanges du Seigneur. »
INSTITUTION DES FRERES PUE CHEITRS. — Voy. Saint Dominique
JACQUES (Saint). — De Beauchamps, dans ses Recherches sur les théâtres de France (Paris, 1735. in-8\ 1 vol., t. I", p. 227) donne, dans une liste de mystères la translation de saint Jacques et ses miracles, en vers, in— fol.
JEAN-BAPTISTE (Saint). - Duverdier- Vauprivaz (Bibliothèque françoise, p. 777) cite :
La vie et mystère de monseigneur saincl
Jehan-Baptiste par personnaiges : imprimés
à Lyon, tn-V", par Olivier Arnoullet, sans
date. (Vers 1535.)
Les frères Parfait (Hist. du théâtr. fr.; Paris, 15 vol., in-12, 1745, t. III, p. 42) n'avaient d'autre renseignement que celui de DuverditT. De Beauchamps [Recherches sur les théâtres, Paris, 1735, in-8", 3 vol., t. 1", p. 225) n'a que mentionné aussi le Saint- J tan- Baptiste. — On trouve, en Espagne, le Baptême de saint Jean, auto d'un anonyme, do il Sandoval fait mention sous la date do 1527 dans son Histoire de Charles-Quint , livre xvi ; et la Conception de saint Jean, autre auto ou mystère espagnol d'Ësteban Martinez. Les personnages principaux sont un berger, Zacltarie, sainte Isabelle, Tango Gabriel, Joseph, Noire-Seigneur et un prêtre.
|I81) Gaude, Maria virgo, cunclas nœretes'sotn interemisti in t<iiii>er*o mundo (Antienne fdu Magnifical, tirée de saint Augustin.) — Note de M. l'abbé Ex-
Celte pièce a été imprimée a Purges en 1528, sous le tilre de Auto de como san Juan fué concebido, etc.
JEAN-BAPTISTE (Saint).— Un mystère de saint Jean-Baptiste a été édile parM. Emile Jolibois, d'après un manuscrit du xvr siècle, existant à Chaumonl. (La diablerie de Chaumonl; Chaumonl, 1838, in-8\)
Cette piène faisait partie des réjouissances du Pardon ou de la Diablerie.
Elle commençait par un prologue où la ville de Chaumont jouait un rôle; comme on pourra le voir ci-dessous dans les extraits que nous avons joints à cetto notice.