SCÈNE XII
alphonse, roi d'Espagne, son frère, roi de Grenade.
le noi de GRENADE. Seigneurs , je vois là-bas le roi d'Espagne, Alphonse mon frère; je le connais bien. Je veux lui faire une fête, puisque je le vois venir ici. — Frère, soyez le bienvenu! Quel vent vous mène.
Alphonse. Frère, je vais perdre le gouvernement et le territoire de l'Espagne : ce dont j'ai le cœur tout à l'ait désespéré, si vous ne m'aidez à les recouvrer : veuillez donc, je vous prie, me secourir dans cette nécessité.
le roi de grenade. Mon frère , n'ayez à ce sujet aucune inquiétude, mais dites-moi vite continent il se fait que vous perdez l'Espagne, je vous eu mie.
Alphonse. Je vous le dirai sans retard , frère : l'empereur de Rome m'envoya l'autre jour un des hommes en qui il se fie le plus et qui me délia de sa part. Mais comme je n'ai pas assez de gens à lui opposer, j'ai pensé à venir vous demander voue aide , afin de défendre ma terre contre lui.
le not de grenade. Musehaull, va-t-en sans attendre au roi de Tarse et d'Almaria , et après au roi de Turquie cl à celui de Maroc; prie chacun d'eux de rassembler ses forces pour me venir aider à chasser proinptcment mes ennemis hors de ma terre.
museiiaui.t. Sire, pour acquérir votre amour je ferai volontiers ce message; et, sans m'arrèter plus longtemps, sire, j'y vnis.f
le not de grenade. Et vous, Salouion l'Albigeois, \ous vous en irez en Espagne; vous visiterez les bonnes villes, et m'en rapporterez l'état. Allons, mon cher ami! en route sans plus de retard.
salomon. Sire, puisque Ici est votre plaisir , j'y vais sans plus de discours.
le noi de grenade. Cher frère, je vous porterai bientôt un tel secours que l'empereur sera mort avant de vous avoir enlevé l'Espagne. Nous verrons s'il osera venir vous attaquer.
alphonse. Ah! ition frère, il le fera, car il est très-hardi.
le roi de grenade. Il n'est pas plus qu'un autre de fer ou d'acier; ne vous inquiétez pas. Asseyez- vous ici pour attendre que Musehaull soit venu , et alors nous ferons si bien que nous ne priserons pas plus l'ennemi qu'un fétu.