SCÈNE XIV
L'EMPEREUn LOTIIAIRE, SON ARMÉE, LES BOUR- GEOIS DE BURGOS.
LE PREMIER BOURGEOIS. Qui CtCS-VOUS, VOUS qtli
nous commandez si fièrement de nous rendre? Videz la place, car, si vous attendez davantage , nous vous enverrons quelque cadeau. Nous ne vous épargnerons point: n'en douiez nullement.
LE PREMIER CHEVALIER DE L'EMPEREUR. Rcildez-
yous , rendez-vous; ou, n'en douiez pas, nous nous livrerons un assaut dur et l'un et sur l'heure nous vous montrerons quels gens nous sommes.
le deuxième BouRGnois. INous ne vous prisons pas autant que deux pommes. Pourquoi nous menacezvous? Nous sommes assez de braves gens pour nous défendre.
othon. En avant! en avant! sans attendre davantage, lirez aux murs, seigneurs archers! eteependani nous irons attaquer cette porte-là. Sans faute nous l'aurons bientôt.
LE DEUXIÈME CHEVALIER. CeitCS, Oui. SaVeZ-VOIS
ce qu'il faut faire? Eu lançant nos traits et en combattant, niellons le feu luul de suite et de la bonne manière.
(lp la bataille se lait.)
le troisième bourgeois. Puisque la bataille s'échauffe el qu'ils sont si acharnés contre nous, lançons sur eux ces gros magonneaux et ces grandes pieir.s.
le quatrième bougeois. Fuyez , fuyez, pillards, voleurs! Fuyez hors d'ici sur-le-champ. Videz les lieux, ou vous mourrez honteusement! Fuyez, canaille!
le deuxième chevalier. Jevais,sansy manquer, mettre le feu et brûler celle porte , tandis qu'ils sont occupés à combattre. C'est fait : elle brûle.
l'empereur. Désormais il est trop lard pour qu ils puissent se défendre chez eux. Eu avant un à un , deux à deux! Entrez tous dedans.
otiion. A mort! à mort ceux de céans! Hommes cl femmes, lous ceux qui ne voudront pas se rendre à nous de bonne grâce , mourront.
LE PREMIER CHEVALIER DE L'EMPEREUR. MellOllS à
mort loul uniment grands el petits.
l'empereur. Non, non, je n'y consens pas : Je veux leur parler auparavant. — Seigneurs, voulezvous vous rendre de bonne volonté? Vous ne pouvez plus vous défendre, vous le voyez bien.
le premier bourgeois. Ah, sire! veuillez ne pas nous refuser votre grâce. Recevez-nous, la vie sauve, pour vos prisonniers.
l'empereur. Je le ferai tiès-volonliers; mais à.la condition que vous me livrerez voire roi qui a été trop inscl.nl à mon éjjaid.
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le deuxième bourgeois. Très-cher sire, en vérité, en apprenant votre venue contre lui il a quille le p;iys et a gagné le royaume de Grenade. Il nous le dit ainsi, du inoins.
l'empereur. C'est bien. Maintenant répondez-moi sur un autre point, car je ne fais pas plus de cas de lui que d'une bille. Sa Clle, qu'esl-elle devenue? dites-moi la vérité.
LE DEUXIÈME CHEVALIER DE L'EMPEREUR. Si VOUS nfi
le lui apprenez pas , vous êtes morts ici même ; car l'on vous coupera la tête.
le troisième bourgeois. Sire, vous la trouverez céans, honteuse, morne et stupéfaite; et certes je ne m'en étonne pas : c'est bien naturel.
l'empereur. Or, tôt, seigneurs! Allez tous deux , et sans lui faire de mal amenez-la moi : je veux la voir.
LE PREMIER CHEVALIER DE l'eMPEREIR. Sire , nOUS
ferons votre volonié incontinent, sans laute. SCÈNE XV.