SCÈNE XVII
l'empereur, les bourgeois de burgos.
l'empereur. Beaux seigneurs, votre roi Alphonse m'a courroucé; il a mal fait: il vous faut donc expier
sa conduite, et lui-même il y perdra; car, cènes, tant que je vivrai, il n'aura pas en Espagne un pied déterre. Je vous ai pris par la force des armes; payezmoi une rançon.
le quatrième bourgeois. Très-cher sire, que pouvons-nous? prenez tout notre avoir en deniers et en autre propriété, il n y a personne qui ne vous la livre voloniiers; et laissez vivre nos pauvres corps.
le premier bourgeois. Sire, quant à moi, je demande qu'un de vos hommes vienne voir mon ménage. Je nie fais fort de posséder deux cents marcs de lionne et belle vaisselle d'argent, que j'avais mise en réserve, avec deux mille florins d'or qui sont de mon bien personnel, sans les meubles du logis : sire, je vous livrerai tout cela sans contestation, et n'ayez point envie de ma mort; laissez-moi vivre, je vous en prie.
le deuxième bourgeois. Très-cher sire, moi aussi, je n'en demande pas davantage, el prenez tout ce que j'ai vaillant : j'y consens très-volontiers, el cela m'arrange bien.