‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 63 sur 1429 · SCÈNE XXVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XXVIII

AMILLE, AMIS, YVIER

amille. Cher compagnon, loyal , éprouvé, sr-veas le bien-venu. Comment se porte votre dame? est-elle en bonne santé ? Dites-moi la vérité, quel affaire vous mène ? où allez-vous ?

amis. Amille, mon cher et doux ami , je me rendais auprès de vous, tout épouvanté d'un songe que je lis avant hier, et dont je suis encore dans le plus grand émoi. Dans ce songe, il m'a semblé qu'un lion vous avait fendu le côté ; le sang en sortait eu telle abondance que vous en étiez tout couvert du haut en bas; et puis ce lion est devenu un homme que l'on appelait Hardré, comme il nie sembla ; surle-champ je suis accouru pour vous tirer de ce mauvais pas, et j'ai coupé la tète à votre ennemi. J'ai tout dit.

amii.i.e. Cher compagnon , et moi aussi j'allais auprès de vous1; voici pourquoi, mou doux ami. L'autre jour, la fille du roi s'en vint à moi et me fit présent de sa personne et de son amour.... jo refusai... Elle ne se tint pas toutefois tranquille. . Or, Hardré a tout conté au roi... J'ai nié, mais mon ennemi s'est fait fort de le prouver, et il y a gage de bataille. Cher ami, que la chose aille connue elle voudra: niais jamais je ne retournerai à la cour, car j'ai tort ; et pour être bref, je crains, si je livre bataille étant dans mon tort, de tomber du haut en bas avec grande ignominie.

amis. Et qui est pour vous olagc ? n'y a-l-il personne ?

AMI

AMI

ii»

amille. J'ai la reine ma aame, et sa fille ; et sachez en vérité que je n'ai pu avoir d'autres cautions ; encore, cher ami, le firent-elles par pitié, voyant que, malgré toutes les prières et les supplications, personne ne me voulait cautionner alors auprès du roi

amis. Ytier, je nie fie à toi : tu vas aller avec Amille te loger secrètement dans quelque ville ; et je te défends, sur l'amitié que tu me portes i't sur le serment que tu m'as fait, de rien divulguer à personne.

itier. Personne ne saura rien, je vous l'assure, mon cher seigneur

amis. Cher compagnon, sans plus long discours, veuillez m'embiasser, et puis allez vous reposer ; c'est moi qui pour vous soutiendrai le gage. Il n'est personne, quelque fin qu'il soit, qui puisse distinguer entre vous et moi.

amille. Grand merci , très-cher et doux ami ! Adi':u ; que la sainte Trinité bénévolement vous veuille garder de mal !

amis. El vous aussi loyal compagnon '. Adieu; je m'en vais sans plus attendre. Je sais bien où je dois prendre vos armes et votre destrier.

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