EGLANTINE, BOURGEOIS
la demoiselle. Eli bien ! par le corps de saint Dominique, que f;iil donc ma dame pour tant resler à l'église ! elle y est aussi long-temps que si elle avait à réciter un Psautier. En vérité, je vais la ciiercber. Oh ! oh ! elle n'est pas devant l'autel, elle n'est pas non plus au logis : où est-elle allée ?
Lt deuxième bourgeois. De quoi parlez-vous seule, Eglanline, ma chère amie ? Je vous vois tout ébahie. De quoi ?
la demoiselle. Sire, je m'élonne de ne voir ma dame m île ce côié ni de cel autre. Depuis tantôt qu'elle alla à l'église, elle n'est pas revenue en son loj;is : c'est pourquoi je la cherche tant que je puis, en bas et en haut.
le deuxième bourgeois. Eh bien ! allons savoir auprès d'Ernaut, que je vois là, s'il ne l'a point vue. Je ne crois pas que qui que ce soit lui ail tendu de
Dié8e- „ , , •
la demoiselle. Ernaul, qu un bon jour vous soit
donné ! Dites-nous l.i vérité, Dieu vous garde ! Avezvous vu ma dame aller quelque part ?
LE PREMIER BOURGEOIS. Ncillli, EgLlItilie, SUr 111011
âme ! qu'y a-l-il ? qu'esl-ce?
la demoiselle. Par ma foi ! je la cherche partout et je ne puis en savoir de nouvelles : c'est ce qui me navre terriblement le cœur.
le deuxième bourgeois. Haro ! Dieu ! taisez-vous! Que dites vous ? ma daine est perdue ? S'il en est ainsi, mainte âme en sera désolée.