SCÈNE LUI
lotart, héraut, le roi de grenade, alpiiovse, LÉcuTEn dénis [la fille du roi).
lotart. Selon nia promesse, Messei gneiirs, je reviens auprès de vous pour vous raconl r de point en point mon voyage à Home. Il y a maints bons hommes d'armes; l'empereur y est, cl un grand nombre de nobles forment sou cortège. Je l'ai vu assis sur son trône, el près de lui se trouvaient le marquis d'Aneone, le prince de Tarai le, le coinle de Sainle- Renie, Bérenger le roi d'Espagne, el le comte de Momlanger. Bref, il y avait, à mon compte, de vingt à trente grands barons, avec une grande multitude de gens, qui n'attendent que voire venue pour comballre.
la fille. Mes eigneurs, avant d'engager davantage celle guerre, je vous prie de me laisser aller parler à l'empereur, j'estime certain que je vous mettrai d'accord, si j'y vais; el je puis vous dire que nous puniriez encore voir ( n'en douiez pas), sire, votre fille que vous regrettez si souvent, à ce |iie je sais.
Alphonse. Ah Dieu! verrai-jece moment? pour elle copient mes pleurs et je soupire souvent, il n'est rien dont j'aie un aussi vif désir el donl je sois si impatient.
le roi de grenade. Frère, laissez en paix de tels regrets, je vous en prie.
la fille. S'il vous plaît, donnez-moi la permission que je vous demande.
Alphonse. Mon frère, par voire ordre, qu'il aille où il dit.
le roi de grenade Qu'il aille ! je n'y mets nul contredit. — Denis, allez.
la fille. Messeignours. avec voire consenlenienl, je ne puis pas aller seul : il nie faut une suite. Vous le sa\ez.
Alphonse, Mon cher ami, vous avez dit vrai. Ces deux l.o urnes ci iront avec vous; ils vous tiendront compagnie, si cela vous suffit.
la fille. Oui, sire, par le Dieu qui me fil ! — Allons-nous-en, avanlqu'il s'écoule beaucoup de temps, nous ferons bien la besogne, s'il plait à Dieu.