‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 662 sur 1429 · PAPHNUCE, THAÏS · texte numérisé non relu

PAPHNUCE, THAÏS

PAPiiNucn. Thaïs, ma fille adoptive, ouvrez votre fenêtre, pour que je vous voie.

thaïs Qui me parle?

paphnuce. l'apanuee, votre Père.

thaïs. D'où vient tant de bonheur et de joie, et comment daignez-vous me visiter , moi , pécheresse.

paphnuce. Quoique, durant ces trois ans , j'étais demeuré loin de vous, au moins de corps, néanmoins je nie suis toujours préoccupé de votre salut.

thaïs. Je n'en i ouïe pas

paphnuce. Tracez moi le tableau de votievie intérieure et les degrés de votre repentir.

thaïs J ■ ne puis d.re qu'une chose, c'es! que je sais n'avoir rien fait qui suit digne du Seigneur.

paphnuce. Si Deu scrutait toutes nos iniquités, nul ne soutien. bail smi e amen.

thaïs. Si cependant vous voulez savoir ce que j'ai fait : j'ai dans ma conscience amassé la niullilu le de mes faines, comme en un faisceau, et je n'ai pas cessé de les rouler dans mon esprit et de les garder sous mes yeux; en sorte que, en même lenip> que montait sans ces.e dans mes narines une odeur infecte el insupportable, en même temps était visible pour mon cœur l'horreur de l'enfer.

pai'Iinuce. Punie par votre propre repentir, vous avez obtenu votre grâce.

thaïs Oh ! plût au ciel !

papunuce. Donnez-moi la main, que je vous aide à sortir.

thaïs. Non, mon vénérable Pre! non, ne nie relirez-pas, moi l'impure, .ie ce fumier. Laissez-moi en ce lieu convenable pour ma conduite.

paphnuce. Le temps esl venu de vous alléger de la crainte el de commencer une vie d'espérance, car votre pénitence a élé agréable a Dieu.

thaïs, (lue tous les anges louent sa miséricorde, puisqu'il n'a pas dédaigné l'humble contrition de mon cœur!

paphnuce. Persistez dans la crainte de Dieu et maintenez-vous ans son amour, car d'ici à q'iuize jours, vous dépouillerez votre enveloppe humaine, et voire course ici bas étant heureusement terminée, avec le secours de la grâce divine, vous éinigrerez pour les cieux.

thaïs. 0!i! puissé-je échapper aux lournicnls de l'enfer, ou du moins n'être brûlée que dans les flammes 1rs moins ardentes ! car il n'est pas de mes mérites d'obtenir la béatitude sans lin.

papunuce. La gr.ice, le don gratuit de la divinité, ne pèse pas le mérite des hommes; car, si elle n'était accordée qu'aux mérites, on ne l'appellerait pas la grâce (±28).

thaïs. Oh! que le concert des cieux, que tous les arbrisseaux de la lerre, que loules les espèces d'a-

len dresse de cœur. (M. Macnin.)

(i27) Hrotsvitlia me parait s'elre plutôt rappelé ici le sens que les parole, de saint Mathieu... Il est presque impossible de signaler tous les emprunts que notre auteur fait au Nouveau el à l'Ancien Testament... (le)

(•228) Ou voit que noire auteur suivait les opinions de saint Augustin sur la grâce. (In.)

PAS

DICTIONNAIRE DES ^STERES.

PAS

riiniaux, et les gouffres inconnus des eaux, louent celui qui non-seulemenlsupporte les pécheurs, niais qui donne encore des récompenses gratuites a ceux qui se repentent. .....

paphnuce. Il a, de toute éternité, préfère la miséricorde au châtiment.

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