SCÈNE XIV
LES MEMES
i \ mère m. du i. Ah! jeunes lillcs! ah! je vois un
PAS
de ces soldais impies, après avoir brisé les jambes
,Vs voleurs. élever sa lance vers le cote de mon hls. Je le crains, quelque ilcssoin nouveau me prépare encore d'aunes douleurs. Mon Fils mort ser.i-l-i outragé sous mes veux? Malheur à moi. a moi seule! Tableau îerrible, inaccouLumé, développé à mes recanls! Voyez, voyei, le sang coule île son coté fierté. Voyez, voyez, deux ruisseaux s'épamlenl, de sang cl d'eau qui ont jailli, sans se mêler, smis le coup île la lance du jeune satellite romain ! Ces deux ruisseaux bouillonnent encore, et celui dont la main a fait la blessure, s'esl écrié, dans sa stupeur : « Véritable nenl, celui nui est mort esl le Fils de Dieuli Le voici qui se précipite... Regardez!... Il est tombe aux pieds de la croix, dominé, éperdu, les genoux en terre, se frappant la poitrine, se roulant dans la poussière, sur celle terre où est fiché le poteau el qu'arrose encore le [double] courant [du sa. g el lie l'eau... Il trempe ses mains dans la hone , il s'en couvre la lèle, pour se puiïfiej- évidemment.
le choeur. 0 Roi, il seuil le que, dans ce jour, de grands maux soicui suspendus au-dessus des meurtri is. Car l'œil vengeur du Dieu, créateur de joules irions, est fixé plein d'ire, sur ses ennemis. Vienne la vengeance ! vienne visiblement son glaive tournoya n et enflammé ! et que tout tombe en un inslai'it sur les pervers!
Oh! oui, spectacle horrible! ce côle frappé de la lance, el du milieu delà blessure, celle eau merveilleuse coulant aussitôt, non mélangée au sang ! Spectacle horrible, dont la vue nie lient toute tremblante!
La nature elle-même me donne ses leçons; el ses entrailles soulevées, et les rochers brisés, et les tombeaux des morts violemment ouverts ; el celui ilonl la main porta le coup, tombant à terre, dans sa teneur, cl serrant la croix dans ses bras!
la meiie de dieu. 0 mon Fils! ô bieii-aiiué! ô lèle sacrée ! voilà donc, les effels de voire pilié pour les hommes, même pour vos ennemis ! ô trop déplorable c.ilamiié! Voire sang répandu paie pour l'humanité. Ils tremblent, vos ennemis, à l'aspect de tant de choses étranges; ils \ous proclament, à haute voix, le Fils de Dieu; ils soin frappés d'effroi et n'ont plus leur raison. Et, au contraire, ce sont ceux qui vous approchaient, dont l'aveugle envie a causé voire trépas : vous eussiez dû recevoir d'eux une couronne, mais non pas celle donl on a ceint votre chef, par dérision; et enfin, a'occiipeul-ils d'un tombeau pour vous renfermer?
Mais comment, moi, vous descendrai-je de la croix? comment meilrai-je votre corps dans un sépulcre? De quels suaires vais -je envelopper vos restes mortels tel comment pourrai-je dite seule les chants de vos funérailles ici bas? O mon fils! quelles mains s'emploient pour vous à ces derniers instants? 0 malheur sur moi ! que faire? que devenir, infortunée!
Mais pourquoi, ô mon âme, cel abattement!? O mon Fils, il n'y a qu'à avoir foi dans vos paroles, el dans vos oeuvres, témoins de vos paroles: loin ce qui esl de voire volonté, est possible. Dieu, cortlre luit espoir, accorde bien des> grâces ; contre loul ispoir.il accomplit bien des choses ; l'espérance rencontre souvent la déception ; ci, puisque je n'ai nul moyen à ma disposition, vous-même vous m'ouvrirez la voie.
(Elle iélniyne.)