‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 780 sur 1429 · I. Sermon de sainct Jehan · texte numérisé non relu

I. Sermon de sainct Jehan

« Saint Jean paraît, et fait un sermon au peuple, dans le désert, qui roule sur ces paroles du prophète Isaïe: Paratcriam Domini, rectas facile in soliludine scmilas Dei nostri. (Isa., xl, 6.) « Préparés la voie du Seigneur, « applanissés dans le Désert les sentiers de « noire Dieu. » Ce sermon esl semé de vers latins, que l'auteur rend souvent en français. »

lî. Cûhsi il des Juifs.

« La prédication se répand d'une telle fa-

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con, que les principaux Juifs s'assemblent pour savoir ce qu'ils doivent faire à ce sujet.

« Le conseil est composé de Caïphe , d'Anne, de six pharisiens, dont voici les noms : Jéroboam, Mardochée, Naason, Joa- Ihan, Eliacin et Bananias; et de quatre scribes, Jacob, Isachar, Nathan et Nachor. Caïphe ouvre le discours, el dit qu'il lui parait que le temps de l'avènement du Messie est arrivé, suivant ce que les prophètes avaient prédit. Anne prend ensuite la parole, et se trouve du même sentiment; mais Jéroboam, premier pharisien, en soutient un contraire, attendu que les prophètes avaient prédit que le Messie naîtrait dans un temps, qui, par la description qu'il en donne, n'a aucune ressemblance avec celui dans lequel ils vivent : car, ajoute-t-il :

Premièrement l'Empereur sonl r main dure Nous lient subjeciz, loui le peuple murmure, Rien n'esl en paix, tout est mal gouverné, Erreurs croissent , la Siuagogue endure, Haynes publient; et tout mal on procure, Par quoy je dis que Messyas n'esl pas né.

« Mardochée, second pharisien, appuie ce sentiment, et décrit la venue du Messie suivant l'idée des Juifs.

Quant Messyas, quant le Crist régnera,

Mous espérons qu'il nous gouvernera

En forte main, en union tranquille,

Couronne d'Or sur son chef portera ,

Gloire et richesse en sa maison aura

Justice et paix régira sa famille :

El si le fort le ponre oppresse ou pule,

Si le tyranl son franc vassal exille ,

Quant Crisl viendra tout sera mis on ordre :

David le Sainci, Salomon ou Sibille,

Sanson le fori . ou le subtil Virgile,

Sur sa prudence ne trouveront que mordre.

« Naason, troisième pharisien, combat les raisons des deux précédents, et ne doute point que le Messie ne soit né. 11 en trouve la preuve dans l'extinction de la race des rois de Juda, et de leur sceptre passé en des mains étrangères. « De plus, ajoule-l-il , la « probité et la sainteté de Jean doivent rendre « sa mission croyable.» Mais Joathan, quatrième pharisien, lâche de rabaisser l'honneur de ce dernier.

N'est-ce pas Jehan (dil-it) dont vous donnes

l'enseigne , Filz de la vieille Elisabeth brahaigne , Et du vieillari bon homme Zacharie?

Quelque doctrine qu'il prescliè, ou qu'il enseigne.

Ce n'est qu'abuz qui voudra si la prengne, Car quant à moyjè n'en ay point iTeiivyè, Et est à nous ce me semble l'olye De tolérer que ces paroles die, Et qu'il baptise au neuve de Jourdain?

Comme il a sceu la venue (lu Messye; Jamais ne vit Lettre ne prophétie, ' C'est ung abuz trop giaul el trop vilain.

« Eliachin, cinquième pharisien, embrasse le parti de Joathan, et va encore plus loin que lui, puisqu'il opine à prendre des mesuses pour faire cesser les prédications de saint

Jean; mais Bananias, sixième pharisien, s'op" pose à cet avis :

Eliachin, très-éloquint non s:c.

Ne prenons pas la chose si au rie.

« Il représente que c'est vouloir s'exposer à la haine du peuple, en faisant quelque violence à une personne pour laquelle il s'intéresse. Jacob, premier scribe, l'interrompt en lui disant que peut-êlre saint Jean est luimême le Messie. Ce sentiment est adopté par Isachar, second scribe. Mais le troisième, appelé Nathan, les fait revenir de cette erreur en leur représentant que Jean ne pouvait être le Christ, puisqu'il éta'l de famille sacerdotale, et que les prophéties portaient expressément que ce dernier devait descendre de la race des rois. Pour terminer cette contestation, Nachor, quatrième scribe, propose cet expédient, « que pour entendre tout « le faicl clerement il a advisé » un bon moyen, qui était de le demander a Jean luimême. Cet avis est aussitôt approuvé par Caïphe. chef de celte assemblée, qui ne manque pas de leur en faire de glands remerciements. Et la conclusion est que l'ondépule, Eliachin et Bannanias, pharisiens, avec deux scribes, Nachor et Nathan, pour interroger saint Jean; ensuite ces quatre envoyés vont à la prédication de ce dernier dans l'intention de lirer finement de lui tout ce qu'ils veulent savoir. »

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