V. Baptême de J es as
« Jésus s'approche do suint Jean, à qui il demande le baptême, ce dernier s'en défend fort par humilité.
S. JEIIAN.
Pas requérir ne me (levés,
Car mon cher Seigneur, vous sçavés ,
Qu'il n'affierl pas a ma nature,
Je suis Créature,
El poure facture
De simple stature,
lluiulile vialeur :
Ce seroil laydnre
Et chose trop dure
Laver en eaûe pure
Mon hault Créateur.
Tu es précepteur,
Je suis serviteur ;
Tu es le Pasteur ,
Ton oùaille suis ,
Tu es le Docteur,
Je suis l'Auditeur,
Tu es le Ducteur,
Moy consecuieur,
Sans qui rien ne puis, etc.
« Enfin Jésus le lui ayant commandé absolument, saint Jean se met en devoir de lui obéir. Pendant que Jésus se déshabille, et que l'ange Gabriel le sert, Dieu le Père dit qu'il veut honorer « par ung signe haultain « ce baptesme vertueux.» Saint Michel chante un cantique, « durant lequel Jésus entre « dans le fleuve de Jourdain, et S. Jehan « prend de l'eaiie à la main, et en jecte sut « le chef de Jésus ; » puis dit :
Sire, vous estes baptisé Qui a vosire liaulte noblesse, N'appartient, ne à ma simplesse Si digne service vous faire, Toutes Ibis, mon Dieu débonnaire, Vuiellés supplier le surplus.
lcy sort Jésus hors du Fleuve du Jourdain, et se jeele h gimoulx devant Paradis. Adone parle Dieu le l'ère, et le Sainct Lsperil descend en forme du Coulom blanc sur le clicj de Jésus : puis retourne en Paradis. El est à noter une la loauence île Dieu le Père se doit pronuncer enlendibleinenl , et bien à trnict en trois voix; c'est-à-sçuroir, ung hault dessus, une Inutile contre, et une busse contre bien accordées; et en cette urmonie se doit dire toute la clause qui suit (295).
DIEU LE PÈRE
Hic est Filius meus dileclus, In quo miclii bene complacui.
Cesluy-cy, c'est mon Fils aîné Jésus, Qui bien nie plaist, ma plaisance est en luy, etc.
(lcy se lieve Jésus de genoul.x , et revest ses habillenuits, et S. Jehan et Gabriel luy aident, cependant que les Anges parlent en Paradis.)
« Ce dialogue des anges roule sur les grAces que Dieu a fuites aux hommes par lo moyen du sacrement debaptêmej et se passe entre Raphaël, Driel, Chérubin et Séraphin.
(295) Celte loquenre ou discours de Dieu îc Père exprimé par un irio dans les Tonnes , n'est pas sans art de la part de l'auteur.
Après quoi « chante ung Silete en P.ira- « dis (296). »
(lcy va Jésus au désert , et l'Ange se dépari d'avec luy, et retourne vers Notre-Dame.)