SCÈNE XLV
AMIS, AMILLE
amille. Amis, je viens vous donner du courage : voici le sang de mes deux lils que j'ai tués, soyezen sûr. Allons ! je vais vois en frotter le visage, et je verrai ce qu'il en résultera
amis. Qu'il soit fait ainsi qu'il vous plaira, sire compagnon.
amille. Frottez-en aussi vos mains en haut ; c'est bien.
amis. Elles ne sont déjà plus aussi hideuses qu'elles étaient tantôt : la lèpre s'en va et tombe. Voyez, sire compagnon, comme elles sont belles : il n'y a plus trace de lèpre ; Dieu me fait grâce.
amille. Amis , Frottez-vous le corps tant que vous en ayez ôté cette lèpre qui vous tient.
amis. Dieu merci ! mon corps est guéri aussitôt que je l'ai touché du sang. Je n'ai aucun membre, que! qu'il soit, ventre, côté, flanc, jambes, qui ne soit en bonne santé.
■.■■iiim. Cher compagnon, nous remercierons Dieu de ceUe grâce à l'église, où nous irons ensemble maintenant.
amis. Ce serait affreux si d'humble cœur je ne le faisais. Par ma foi, allons! mettons-nous enroule, sire, pour nous y rendre.