XXIV. De Jayrus et de sa Fille
« Jésus déclare à ses apôtres que le temps est venu qu'ii doit manifester sa puissance à Génézareth et surles hordsde la mer. Pendant qu'ils sont en chemin (ceci se passe sur le théâtre), Jayrus, archisynagogue, c'est-à-dire, chef d'une synagogue , et qui possède de grands biens, implore le secours du ciel, pour une fille unique qui fait toute sa consolation et celle de sa mère, malade à l'extrémité. Celius et Moah , deux Juifs, qui selon les apparences sont de sa maison, emploient toute leur éloquence pour le con soler,
CÊL1CS.
Certes, sire, ce n'est pas feinte, Toulesfois on en a veu mainte Aussi malade, et encore vivre.
« Jayrus nonobstant ces raisons désespère do la santé de sa fille, ce qui lui fait prendre la résolution d'aller trouver le prophète, pour le prier de la guérir. Il sort pour cet effet. Ensuite paraît 'l'habite (c'est le nom de la tille) couchée sur son lit, et se plaignant beaucoup. Sur ces entrefaites, .1.1) rus rencontre Jésus, àqui il fait sa prière, et par ses instances l'engage à venir chez lui, Pendant leur chemin , Thabile oxpire sur son lit. Aussitôt Moab s'écrie :
Vecy Celui:
tien pileuse domain
'. je croy qu'elle esi inorle ' Luy fauli-il plus vin ne viande?
répond Celius, fort à propos , apercevant do
loin leur maître Jayrus; ils vont au-devant de lui, et Moab lui apprend cette factieuse nouvelle. Jayrus, qui avait devancé Jésus de quelques pas, revient vers le Seigneur, et implore samiséricorde. Jésus leur dit qu'il leur suffit d'avoir delà foi, et que la tille n'est qu'endormie. Les deux servitours de l'archisynagogue n'en veulent rien croire. Enfin « Jésus vient près du lit de la Fille, et « n'y a avecques luy que Jayrus, S. Pierre, « Jehan et Jacques, et tous les autres de- « meurent assez (tiing : cl Jésus dit à haulte a voix :
Tttbita cumij (301)
Enlenils nia parotle divine Tbabila fille irès-benigne , Je veuil que mon vouloir acneves, Je le commande que lu le lieves Devant ceulx qui le voudront, veoir.
« Icy se lieve la fille, et se met à genoulx » et remercie Jésus. Jayrus et toute sa famille lui en rendent grâces aussi : et Jésus, après une courte exhortation , sort de ce logis, chargé île mille bénédictions.
(Icy s'en voul Jésus et ses Aposlrcs.,
« Jésus leur dit qu'il ne veut plus demeurer en Judée, où le peuple a trop d'aversion pour lui, mais qu'il va passer en Galilée. »
(Icy cheminent Jésus et ses Aposlres.)
XXVr. De la Samaritaine.
« Raab, Samaritaine, s'entretient avec deux Samaritains, Abacuth et Gédéon, de la différence de leur religion avec celle des Juifs. A la lin , Raab, ennuyée apparemment de ces disputes où elle n'entend rien, quoique cependant elle les ait entamées, dit:
Si la Loy de Dieu le raconte, Entre nous simples ignorans, Nous nous en rapportons aux grans A débattre enlr'eux de la Loy :
Et entant que louche pour inoy.
Je suispoure Samaritaine, Ignorant, el trop peu certaine,
(304) Ces paroles ont été un écueil pour notre ignorant auteur; et quoique le texte de l'évangile de saint Marc (chap. v, y 41) d'où ce mystère est tiré, les explique ensuite par celles-ci : Petite
De la Loy, nies en nia simplcs.se, Moy poure femme pescheresse.
Yueil de mon mesnage pencer; El affinde inieulx m.idvançer Aqucrir ce qu'il me fauldrà, Aller au puis me conviendra, Puiser de t'Eatie pour mon besoing; El ceste belle buye au poing l'oileray, qui esl grande assés.
,i c y prend ta Samaritaine ung pot et va à la fontaine.)
« Jésus, qui se sent fatigué du chemin, vient se reposer auprès de la fontaine de Jacob. Saint Matthieu et saint André tâchent Je l'en dissuader, en lui disant qu'ils sont sur les terres des Samaritains, gens excommuniés. Jésus leur répond qu'il est venu pour sauver tout le monde
(Icy s'assiel Jésus près du puis.)
« Les apôtres le quittent pour aller chercher «les vivres à la ville do Sychar, et lui promettent de revenir" au plus tôt.
(Ici s'en ront les Aposlres quérir des vivres, el la Satharildine arrive, qui lire de l'eaue au puis.)
« Après plusieurs discours, le Seigneur dit a cette femme d'aller chercher son mari.