LA FILLE DE LA CHANANÉE
J« voy tous les Dyables en l'air, Plus espès que troupeaux de mouches, Qui vont faire leurs escarmouches Avec un tas de sorcières; Et ont pleines leurs gibecières De gros lysons, et de charbons, Pour faire roslir les jambons El ung las de larrons pendus, Qui se sont nagueres rendus, etc.
« Ceci n'est qu'un échantillon des discours de cette possédée, qui dit et fait ensuite mille extravagances , toujours sur lo môme ton; et encore plus fortes, dont on ne veut point profaner ce sujet. Les auteurs de ce mystère ayant mis daus la Louche de celte fille tout ce que le menu peuple pense touchant les discours qu'il attribue à ses sortes de gens. « La Chamberiere témoigne « son affliction aussi bien que la » Chananéenne Sirophenisse. Cette dernière, voyant passer Jésus, veut implorer son assistance; Judas la repousse; mais comme nonobstant ces difficultés, elle trouve le moyen de s'approcher davantage, saint Jude demande à Jésus la guérison de cette fille. Noire-Seigneur lui répond qu'il n'est venu que. pour les brebis d'Israël, et qu'il ne fallait pas donner aux chiens le pain destiné aux enfants. « Sire, réplique la Chananée une , qui « a entendu ce discours, puisque vous vou- « lez me comparer aux chiens, vous savez « qu'ils ont les miettes de la table de leur « maître. »
Ainsi si vous plaist m'eslargieres
Au moins une poure miellé.
JÉSUS
0 femme, ta foy est moult grande, Va l'en, soil lait comme lu veulx.
llcy sort une fumée et ung cation de dessoubz la fille, et Aslarolh sort de la Vie en pestant et en jurant.)