‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 823 sur 1429 · IX. La Mondanité de la Magdalaine · texte numérisé non relu

IX. La Mondanité de la Magdalaine

«Nous avons vuei-devant que, pendant que Jésus prend une figure nouvelle sur le mont Ïhabor, la Madeleine parait dans un autre coin du théâtre avec ses deux demoiselles et Rodigon. Elle est occupée à sa toilette, où elle se lave et se farde le visage, elle se regarde dans son miroir et consulte ses suivantes sur son ajustement. La toilette finie, elle fait répandre sur le plancher des fioles d'eau de rose. Ensuite, pour se désennuyer, elle propose à ce seigneur un dialogue en forme de ballade: il roule sur la galanterie, Madeleine interroge, et Rodigon répond. Enfin ce jeune homme prend congé d'elle, et

PAS

PAS

onmme. cVst un seigneur fort poli, il ne maique pas de dire adieu aux deux demoiselles. »

(Rodigon en prenant congé, pourra baiser Magdalaine et ses Demoiselles ; et après commence le miracle de la multiplication des cinq pains et deux poissons.)

X. Le Miracle de la Multiplicacion des cinq Pains cl deux Poissons.

(Icg se assiet tout le Peuple au Sermon.)

« Jésus, avant de le commencer, exhorte tout le peuple à la prière.

JÉSUS

Affin que puissiez plaire A Dieu, el sa grâce impetrer, Dictez lous l'ater nosler.

(Icy se agenouille tout le peuple.)

La prière finie, Jésus propose la parabole du semeur, et comme ses apôtres lui avouent qu'ils n'entendent rien à ces paroles mystérieuses, il les leur explique. Ensuite, faisant réflexion qu'il y a trois jours que le peuple le suit, sans prendre aucune nourriture, il demande à saint Philippe comment on peut taire pour rassasier cette multitude. « Sei- « gneur, répond saint Jacques Minor, cela « n'est pas aisé, car ils sont plus de cinq « mille sans comprendre les femmes et les « enfants. » Saint André dit qu'il y a un enfant qui porte cinq pains et deux petits poissons : « Mais qu'est-ce que cela, « ajoute-l-il pour une si grande quan- « tité de monde? » Jésus lui ordonne de les acheter; et cet apôtre, pour lui obéir, s'adresse à Benjamin (c'est le nom de l'enfant) qui lui répond qu'il veut bien les livrer, pourvu qu'onle paye. «Combien vousfaut-il?» lui demande saint André. — ■ « Tenez, voici « mon père qui vous le dira, » répond Benjamin. Manassès, c'est ainsi que s'appelle le père de l'enfant, n'apprend pas plutôt que c'est pour Jésus, qu'il oblige l'apôtre à les prendre sans vouloir recevoir son argent- Saint André revient à Jésus avec les pains et les deux poissons.

(Ici/ présente tes pains et les poissons à Jésus. — Icy tient Sainct André tes pains et les poissons devant Jésus, et il fait la bénédiction.)

JÉSDS

Renedii itc

TOUS

Dominas, etc.

« Après que Jésus a donné sa bénédiction sur les cinq pains et les deux poissons, il ordonne aux apôtres d'en distribuer à toute l'assemblée.

(Icy s'asienl six des Apôtres el départent le pain par quartiers à grant nombre : el les autres six servent le peuple de pain et de plusieurs platz de poissons. — Icy menguent tout le peuple et tous les Apvslres jusque» à ce que Jésus aie que l'on déserve; el cependant y a interlocutoire.)

« Ces interlocutoires se passent entre La- (310) Ennuyeuse.

zare, Marthe et Madeleine. D'abord le premier s'entretient avec Marthe de la vie scandaleuse de leur sœur. Marthe prend celte chose si à cœur, qu'elle prend la résolution de l'aller trouver et de lui remontrer vivement l'étendue de ses crimes.

(Icy va Marthe parler à Magdalaine.) « Celle dernière paraît a sa toilette. Comme elle entend que Brunamont parle à quelqu'un à la porte, elle demande qui c'est. Ce page lui répond que c'est sa sœur Marthe qui vient pour la voir. « Faites entrer, dit Made- « leine. Ah 1 ma chère sœur, ajoulc-t-elle, « vousarrivezfortà propos, venez voircomme « je vais me divertir. » Marthe, qu'une intention bien dilîérente amène chez elle, lui demande la permission de lui dire un mot; et, lorsque tout le monde est retiré, elle lui fut de sanglants reproches sur sa conduite.

(Icy se lient Marthe et Magdalaine à part.^

Marthe.

Vous vous donnez à lous péchez, De lous villains lais app'rochez, El faites tant d'accueil à tous.

Que nous en sommes mal couchez.

Et lous noz parens reprochez, Seulement pour l'amour de vous.

MAGDALAINE

Seulemenl pour l'amour de vous, Ma sœur, je vouldroye à lous coups A vostre voulenlé complaire :

Ceulx qui parlent de moy sont foulx, Et quand de parler seront soulx, Au inoins ne peuveiu-ilz que se taire.

MABTHE.

Velà le point où je nie fonde , Péché tant dedens vous hahonde, Que la fin en sera mauvaise.

MAGDALAINE

Bonne ou malle, il faul qu'on responde : Se par péché suis orde ou monde, Ne mechaull, mais que soye bien aise.

MARTHE

Hélas ! ma Sœur, ne vous desplai.se.

Péché vous lient à granl malaise, Pour Dieu retournez à Jésus.

Si mal vous vient?

MAGDALAINE

Prou vous face ; Allez, allez.

PÉRUS1NE.

Quel paiteniusc (310) !

Voise, ailleurs faire la grimace.

« Marthe , ainsi congédiée par la maîtresse et par la suivante, se retire assez mal satisfaite.

(Icy s'en retourne Marthe en Réihanie.)

« D'un autre côté les Juifs remercient Jésus de ses bienfaits, et lui en rendent grâces; Abacutli, Moab, Manassès, Abias, Sophonias et Tubal en témoignent leur reconnaissance.

tlcmourant en ,e corbeilles,

lie» recueille les douze Apostres la de

chacun sa corbeille, el en emplienldouz,

eiselieve le Peuple.)

« Jésus, après avoir donné la bénédiction au peuple, se retire avec ses apôtres.

lieu s'en va Jésus d'une pari, el tout le peuple de K J l'autre.)

« Phares, Abiron, Salmanasar, Nembrotti, Tubal, Gédéon, Abacuth, Sophonias, Abias, Malbrun et Neptalin, pendant leur chemin, s'entretiennent de ce miracle.

lieu cheminent tous lesJuifz par-devant le Cliaslcau de Magdalaine, cl y en a troysJuift nui se arreslent à parler à elle )

« Tubal, Gédéon et Abacuth, qui sont ces trois Juifs, entrent dans ce château , et saluent la Madeleine, à qui ils racontent les miracles que Jésus l'ait tous les jours, et particulièrement celui des cinq pains , aussi bien que les admirables sermons dont il édilie le peuple. Ce rapport l'ait naître quelque curiosité dans le cœur de Madeleine, qui leur l'ail une infinité "de questions sur la personne du Sauveur.

« Après quelques autres discours , les trois Juifs leine.

PAS

prennent congé de la Made-

(/<-y se déparient les trous Juifi.)

« Madeleine, se trouvant seule et désoccupée, veut aller au sermon de Jésus. Comme sa passion dominante est celle de briller beaucoup et de plaire à tout le monde*, elle ne manque pas de bien consulter Pérusine et Pasiphée sur le goût de ses ajustements.

(Ici) s'en va au Sermon de Jésus.)

« Jésus, allant à Jérusalem, demande à saint Pierre ce qu'il pense de lui. Cet tre. sans hésiter, lui répond que lui

compagnons le

apoet ses croient fermement le Christus. Alors le Seigneur lui promet les clefs des cieux. Ensuite cet apôlre, à qui cette laveur a donné un peu de présomption, tâche de le dissuader de la mort qu'il veut souffrir. Mais Jésus lui impose silence, et le reprenu aigrement par ces paroles.

JÉSUS

Va derrière moy, Sallianas.

En ceslc affaire me es esclandc, etc.

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