X. Crucifiment de Jésus
« Le songe que Satan procure à l'épouse de Pilate produit en elle tout l'effet qu'il peut désirer. Elle se réveille tout épouvantée et dans une agitation inexprimable. Elle appelle aussitôt Barraquin, et lui ordonne d'aller dire proraptement à son mari de ne point juger l'homme innocent qu'il est prêt de condamner.à la mort, parce que cela lui causera des malheurs infinis, ajoutant qu'il a grand tort de s'être laissé séduire par l'or que les Juifs lui ont donné, lîarraquin va aussitôt trouver Pilate qui est assis dans son tiibunal, prêt à prononcer. Ce gouverneur, sachant que Barraquin vient lui dire quelque chose en secret, fait éloigner l'assemblée, et ce fidèle domestique exécute ponctuellement sa commission. Pila!e, saisi de crainte, descend de son siège cl va parler aux Juifs, pour les engager à prendre un parti plus doux. Cette dernière tentative fait aussi peu d'effet que les précédentes sur l'esprit de ce peuple furieux ; enfin, Pilate continuant : « Puisque vous « persévérez, leur dit-il, à me demander sa « mort, je vais vous contenter, mais je vous « déclare que je n'ai aucune part à ce juge-
(330) Nappe.
-< ment, que j'en rejette sur vous toute l'inir « quilé, et que désormais vous répondrez « do son sang. Approche, Barraquin,»
ajoute-t-il,
PILATE
Aporle le pot à laver,
Et le bassin et la toiiaille (530),
Puis à laver icy me baille,
J'ay granl liasle, abrege-moy lost.
(Icy Barraquin donne à laver à Pilate.)
« Les Juifs disent à Pilate qu'ils consentent qu'eux et leur postérité demeurent chargée de la mort de Jésus.
EMËLIUS.
Tout son sanc descende et redonde Sur nous et sur tous noz enfans.
IUBANUS.
Tant que nous serons en ce monde Et fusse jusqu'à dix mille ans, Nous en serons participais, Si fault que sa mort nous confonde.
CELCIDON.
Tout son sanc descende et redonde Sur nous et sur tous noz enfans.
« Faites silence, » dit Pilate, étourdi de leurs cris.
PILATE
Nous Ponce Pilate, Garde, par charte bien fondée, , :
De la Prévoslé de Judée, Juge criminel soubz la main Du très-crainl Empereur Romain.
Après les informations, Charges et accusations, Enquestes et tesinoings produis J)e par la partie des Juifz, \ .
Encontre Jésus qui cy est, NOUSle condamnons par Arrest Quoiqu'en adviengne droict ou tort, Souffrir et endurer la mort, etc.
« Comme me voilà tout prêt, dit Pilalo « aux deux Pontifes, voulez-vous que je « juge les voleurs qui sont dans la Prison ? o — Volontiers, » répondent Anne et Caïphe. On les envoie chercher aussitôt, et Brayhault l'es amène. Ces larrons reçoivent leur condamnation d'une façon bien différente. Geslas ne l'entend pas plutôt prononcer qu'il commence à vomir une infinité d'imprécations ; ruais Dismas, s'avouant coupable de plusieurs crimes , envisage son supplice comme l'expiation de ses péchés. Lorsque tout cela est fait, Pilaledemandeaux pontifes de quelle grandeur ils veulent les trois croix. lis le prient d'en faire construire une fort grande pour Jésus, et les deux autres à l'ordinaire. Pilate donne ordre qu'on les satisfasse; et Griffon va chez le charpentier pour les lui commander. Ce dernier dit qu'il n'a pas de pièce de bois assez longue pour faire celle de Jésus, à moins qu'on ne lui permette de prendre une vieille planche, qui est auprès du temple de Salomon. Pilate la lui fail délivrer, et cet ouvrier se met en devoir de fabriquer ces trois croix, et d'y faire des trous pour ïe passage
PAS
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îles clous. D'un autre côté, Brayard va chez un maréchal pour les faire apprêter. Ne trouvant personne dans la boutique, il se met àjurer; le bruit qu'il fait attire la vieille Hédroit, qui lui en demande le sujet ; et, lorsqu'elle l'apprend, elle dit à Brayarl qu'il ne s'inquiète point et qu'elle-même va les forger, ce qu'elle fait ensuite. Sur ces ]ent refait es, le charpentier ayant achevé les croix, prie Griffon de l'aider à les porter ; celle de Jésus est si pesante que ces deux hommes ont beaucoup de peine à la traîner. Enfin, lorsque tout est prêt, les satellites de Pilate dépouillent Jésus.
(Icy commence à cheminer Jésus portant sa Croix sur les espuules au meilleu des deux Larrons, et est à noter que une punie des Bourreaux de Anne et de Cayphe vont devant et derrière, après luy Anne, Cayphe, Pylute, les Pliarisiens et Scribes, et tout le Peuple; et lantost arrive Centurion cl les femmes.)
« Centurion, suivi de Rubion, d'Ascanius et de Marchantonne, obéissant aux ordres de Pilate, arrivent oour accompagner Jésus au supplice.
« D'un autre côté, Notre-Dame, la Madeleine, Marthe, Julie, Vérone, Pérusine et Pasiphée s'empressent pour voir Jésus ; Joseph d'Arimathie prend parla leur peine, et les conduit par un chemin détourné, mais plus court, ce qui fait qu'elles arrivent bien plus vite. Jayrus, Nicodème , Sophonias, Simon le Lépreux et Barthimée, qui est le même aveugle de naissance que Jésus a guéri, s'entretiennent de la mort injuste que Jésus va souffrir, de l'inhumanité des pontifes et des scribes et de la lâcheté du gouverneur.
« Lorsque Jésus , succombant sous le poids de sa croix, passe devant les fenmes dont nous venons de parler, elles se mettent à pleurer; le Seigneur leur dit de réserver ces larmes pour elles-mêmes. Comme il a le visage baigné de sueur, Véronne s'approche un linge à la main pour le lui essuyer.
(Icy approche Veronne ung couvrecef sur la face de Jésus, »t la Véronique y demeure.)
« Les fidèles Juifs qui se trouvent présents à ce miracle, après en avoir loué Dieu Jans leurs cœurs, conseillent à Véronne de conserver avec soin ce linge précieux.
« Les femmes recommencent leurs pleurs et leurs plaintes à la vue des maux que Jésus souffre, et Pilate ordonne à ses satellites de hâter leur marche et de faire retirer ces femmes qui les importunent.
PILATE
Que ne les chassez-vous arrière ?
Ce semble femmes forcenées.
(Icy demeure Jésus chargé de sa Croix, comme s'il devoit tumber soubz le fais.)
« Le centurion, qui s'aperçoit de la faiblesse où Jésus se trouve, en'avertit Pilate, et lui dit qu'il est impossible qu'il puisse
(351) Qui vous cherche et suit.
porter sa croix, a moins qu'on ne lui donne quelqu'un pour lui aider. Pilate commande qu'on exécute cet ordre, et Griffon, qui eu est chargé, voyant passer «Symon Cyrénéus» ce juste « comme ung Charpentier qui « porte ces fermens au coul , » le saisit au collet, et, malgré sa résistance et ses représentations, l'amène à Pilate.
GRIFFON
Sire, je vous commet et baille
Ces! homme qui vous quiert et trace (331).
SVM0N.
Ha ! Messeigneurs, sauf voslre grâce, Pas ne vous quiers en vérité.
« Je passais mon chemin, Messieurs, « ajoute-t-il. — C'est en vain que tu pré- « tends nous résister, répondent ces ar- « chers; il faut obéir aux ordres de notre « gouverneur. »
« Enfin, après quelques coups, ils le forcent à se rendre à leur volonté.
(Icy porte Symon une partie de la Croys et Jésus l'autre, et les baient tes Sergens.)
« Pendant ce temps-là, Dieu le Père, qui veut soulager les tourments de son Fils, ordonne à ses anges d'aller le consoler.
(Icy descendent les Anges de Paradis.)
« D'un autre côté, tout l'enfer se uiPt en mouvement; l'approche du Messie alarme mortellement le roi de ce lieu sombre ; H appelle tous ses esprits et leur ordonne de se bien tenir sur leurs gardes, en s'apprètant à une vigoureuse résistance. Les démons lui promettent de s'y employer de toutes leurs forces, et Cerberus lui dit de ne rien craindre.
CERBERUS
Laissez le venir, s'il entre ens (332) Je veux qu'on m'anle le museau.
« Lucifer, un peu rassuré par toutes ces protestations, dit à Satan de remonter sur la terre, pour être spectateur de tout ce qui se passera, et lui enjoint, sur toutes choses, de ne pas manquer à venir l'avertir au moment qu'il verra Jésus expirer. Satan part pour obéir à ces ordres.
(Icy arrivent au Mont Calvaire, et demeure Saincl Michel et les autres Anges avec Jésus.)
« Les bourreaux demandent qui est celui que l'on veut crucifier le premier. Caïphe leur ordonne de commencer par Jésus, et , avant toutes choses, de le dépouiller entièrement.
(Icy le deveslent tout nu, et Noslre-Dame derrière
avecques les Maries.)
{Icy Nostre-Dame et ses seurs s'approchent de Jésus
et cainct Noslre-Dame Jésus d'un cuévrechef.)
« Après que l'on a fait retirer les femmes, les bourreaux étendent la plus grande des trois croix par terre, et y attachent Jésus. Lorsqu'ils ont cloué une main, il se trouve
(332) Ici dedans.
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que l'autre ne peut atteindre au trou que l'on a percé, ce qui les oblige, pour plus de diligence, a lui tirer le bras avec des cordes pour lefaire yenirau point qu'ils demandent. Le même inconvénient se rencontrant quand ils veulent lui attacher les pieds, ils se servent d'un pareil moyen. Pendant ce tempslà, les trois Maries, qui voient les tourments inouïs que Jésus soutire, fondent en pleurs, et saint Jean, qui les accompagne, ne peut cacher ses larmes. Ensuite, lorsque l'on est prêt à lever la croix, Caïphe prie Pilate de composer une inscription pour l'y attacher; Pilate y consent, et se retire à part pour la faire.
(Icy escript Pilate.)
« Lorsqu'il l'a achevée, il la place luimême au lieu où elle doit être, et ordonne aux bourreaux de poser celle croix à l'endroit du supplice.
(Icy lièrent Jésus crucifié, à force de yens, et de pit/ues et basions tout bellement [333].)
« Sitôt que les Juifs aperçoivent l'inscription, ils en font leurs plaintes à Pilate et le supplient de vouloir bien la changer. Ce gouverneur, pour la première fois, rejette leur demande, en leur disant qu'il n'a pas le temps.
PILATE
MeSseigneurs, quod scripsi, scripsi :
El en murmure qui vouldra, Car ce que j'ay escript icy, Est escript et y deroourra.
« Les Juifs se retirent tous confus, et Pilate ordonne que l'on expédie les deux larrons, qui sont crucifiés d'une façon un peu différente de celle de Jésus
(Icy dressent les eschelles pour pendre les deux Larrons.)
(Icy pendent les deux Larrons les tyrans de Pilate, et les autres leurs aydent.)
a Satan, qui voit tout ce qui se passe, maudit la facilité qu'il a eue à séduire les Juifs.
La première parolle de Jésus en croix.
Père, qui les servans eslis, El en qui toutes choses sont, Tu voys de quelz gens je suis pris, El le dur courage qu'ilz ont ; Pardonne-leur s'ilz onl niespris, Car ilz ne soavent pas qu'ilz ("ont,
« Gestas maudit avec imprécation le fatal moment où il a été arrêté , et le bon larron, au contraire, bénit le juste supplice qu'on lui fait endurer. Cependant les princes de la Loi et tous les autres Juifs ajoutent aux tourments de Jésus des paroles insultantes.
(Icy les Princes de la Loy se mocquenl de Jésus.)
« Les bourreaux enchérissent encore sur eux.
(Icy se moquent les tyrans de Jésus.) « Gestas même, tout attaché à la croix, (333) Tout doucement.
lui dit mille injures. Mais Dismas , après l'en avoir repris, se tourne du côté de Jésus, cl le supplie d'avoir pitié de son aine. I.e Seigneur l'exauce, et lui promet entière miséricorde.
La seconde parolle de Jésus.
Et certainement je le dis, Que pour le désir que en loy voy, Ceslc journée en Paradis Seras colloque avec nioy.
« Ce pécheur pénitent le remercie de cette grâce qu'il n'osait attendre. Notre- Dame, qui est toujours au pied de la croix, fond en larmes à la vue des maux que souffre son Fils. Le Sauveur la console en lui adressant ces mots :
Le liers mot de Jésus.
Mulier ecce filius tuus.
Femme, ayez cueur et pacience bonne.
Cessez ce dueil,si de mort suis perçus (334); Prenez en gre le lilz que je vous donne, Vosire ncpveu, qui de voslre personne Songnera bien àprez mon gref irespas; Prenez-la, Jehan, vostre maistre l'ordonne, Servez la bien, et ne la laissez pas.
« La sainte Vierge et saint Jean lui promettent une obéissance parfaite. Cependant les quatre satellites de Pilate se partagent entre eux les habillements des deux larrons.
(Icy fait Griffon quatre lots des robes des Larrons.)
« Lorsque chacun d'eux a pris son lot, ils en veulent faire autant de ceux de Jésus ; mais, voyant que sa robe est toute d'une seule pièce et sans aucune couture, ne voulant pas la mettre en morceaux, ils se proposent de la tirer au sort. Toute la difficulté consiste à savoir quelle espèce de sort ils choisiront. Après avoir rêvé quelque temps, ils se séparent , dans la résolution d'eu chercher quelqu'un, et prennent des routes différentes les uns des autres. Le hasard veut que Griffon va du côté de Jérusalem ; comme il marche tout rêveur, il se sent tout à coup saisir par une personne dont le visage lui est inconnu.
(Icy jecte Sathan un manteau sur ses espaules, et puis arreste Griffon par te bras.)
« Ne crains rien, lui dit ce démon, je sais « le dessein qui te conduit, et je veux te « protéger; tiens, contienue-t-il en lui don- « nant deux dés à jouer, pour te montrer « que je prends part à ce qui te regarde, je « t'apporte un nouveau jeu, dont je suis « l'inventeur. » Griffon reçoit ces dés, mais ignorant leur usage, il le demande. Satan lui en donne l'explication, aussi bien que la manière de s'en servir; il lui recommando sur toutes choses, que s'il veut y être heureux, il doit jurer fortement, et que c'est là le moyen le plus sure pour réussir. Griffon lui proteste de n'y pas manquer, et après l'avoir remercié, il s'en retourne. A quelques pas de là, Satan le rappel. « Ecoute,
(334) Frappé.
PAS
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a lui dit-il, si l'on te demande à qui tu es « redevable de celte invention, dis hardi- « ment que c'est le diable qui ic l'a ensei- « gnée. »
La quarte parolle de Jésus en croix.
Hely, liely, lamazabalani :
Deus meus, ut qu'ut me dereliquislil Mon Dieu, mon Père rie lassus, Comme quoy m'a lu lessé cy 1 J'en souffre lanl que n'en puis plus, El d'apre douleur suis transi :
Je né reconfort de nulli, Non plus qu'ung poure liouinie oublyé, Recoy la douleur de eeluy Que tu voys tant humilié, (/cy retourne Griffon, qui apporte deux douloûeres.)
« Griffon, apportant ces instruments, demande à ses compagnons s'ils n'ont point trouvé quelque jeu. « Non, répondent-ils. — « Oh bien, pour moi, dit ce satellite, j'en « sais un qui fera justement noire all'aire. « — Qui te l'a donc enseigné, répliquent « les aulres? — Le diable, ajoute Griffon. « — Le diable? répondent ceux-ci, cela « doit être fort joli; dis-nous-le donc promp- « tement. » Griffon les instruit de la façon dont il faut en jouer, sans leur déclarer cependant le secret dont Satan lui a parlé. Mais il est trompé dans celte pensée, car ses compagnons n'ont pas besoin d'instruction sur cet article. Pour couper court Brayart prend un dé, et en jurant amène un as; Griffon le raille sur ce mauvais coup.
GRIFFON
Il semble que lu soyez maistre ; Que Dyable l'en a lant apris ?
Drillard, suivant les tracesde son compagnon, arrache le dé et jette un deux; Claquedent continuant sur le même ton, tourne un trois ; et Griffon, renchérissant sur les autres, amène un six et emporte la robe. Les trois satellites' entrent dans une fureur extrême, et vomissent mille imprécations contre le jeu, l'inventeur, celui qui le leur vient d'enseigner, et tous ceux qui s'en serviront à jamais.
(Pause. — Icy se fout ténèbres.)
« Le'centenier et ses soldats sont fort épouvantés de celte nuit subite. Anne pour les rassurer leur dit que ce n'est qu'une éclipse de soleil.
La quinte parolle de Jésus encroix.
Scitio, j'ay soif désirée,
De Paradis à l'homme rendre;
J'ay soif de ma mort bien curée (535},
Pour la vie aux pécheurs estendre ;
J'ay ma chair pour tous martirée,
Autanl qu'elle se peull comprendre, elc.
« Abiron prend une éponge et la trempe dans du vinaigre mêlé de liel et où l'on a fail infuser de l'hyscpe.
(Ic\j tutj met une esponge au bout d'ung baston, et donne à boire à Jésus.)
(555) Bienheureuse.
La sixième parolle de Jésus en croix.
Consummatum est, il suflîst, Toute l'Escripture sommée Qu'oncques homme de moy escripl Est de cesle heure consommée :
Tanlost sera terminée > Ma Mort et dure Passion, Et de Dieu mon Père acceptée Pour l'humaine Rédemption.
« La sainte Vierge continue ses plaintes et ses pleurs.
La septième parolle de Jésus,
en criant le plus haut qu'il pourra
crier : In manus.
0 l'ater; ni manus tuas Commendo spiritum meum.
Par la puissance que tu as Mon Père, et par ton digne nom, Je n'ay plus jour que cesluy non, Et me pars du règne mondain :
El au partir par pileux son Mon esperit commande en ta main.
(Icy se jera tremblement de terre, et le voile du Temple se rompt parle meilleu, et plusieurs mors tous ensevelis soriirotit hors de terre de plusieurs lieux, et yront deçà, et delà.)
« Ces prodiges, qui surviennent au moment que Jésus expire, sont suivis de plusieurs désordres. Satan, qui reconnaît son maître, frémit de rage, et descend comme un furieux aux enfers, pour apprendre cette nouvelle à son monarque. Notre-Dame tombe dans un évanouissement d'où l'on a bien de la peine à la faire revenir, et Pilate, saisi de crainte , ordonne au centurion d'avoir soin de tout, et se retire avec ses satellites.
(Icy s'en tant Pylale et tous ses gens.)
« Le centurion est touché jusqu'au fond du cœur, aussi bien que ses soldats. «Nous « n'en pouvons plus douter, s'écrie le pre- « mier, c'est là le Fils de Dieu. » Après cela ils s'entretiennent ensemble sur tout ee qu'ils viennent de voir. Pendant ce temps-là, Dieu le Père ordonne à ses anges de célébrer par leurs chants le trépas de son Fils. Ces esprits bienheureux obéissent et entonnent une espèce d'hymne latine, en forme de chant royal, qui est une sorte de poésie lort en usage au temps de nos auteurs.
(Chant Royal en latin, qui se pourra chanter bien piteusement.)
« Nous n'en rapportons que la fin
UIC11AEL.
Kyry penilentibus.
RAPHAËL
Elcy langueniibus.