X.II. Sépulture de Je'sus
« Jo$?ph d'Aritnathie, seigneur juif, et revèJ'u par l'empereur d'une charge considérable, va trouver Pilate, dont il est fort connu et qui est de ses amis, et le prie de lui permettre d'ensevelir le corps de Jésus; ce gouverneur lui accorde sans peine ce qu'il demande.
P1LATE
Qui que s'en marrisse, ou s'en l'unie, Pour l'honneur de yostre personne, Joseph, Jésus le corps vous donne :
Allez, et l'osiez bien en liasle
« Joseph se retire fort satisfait, et va pour exécuter ce qu'il a projeté. En son chemin il rencontre Nicodème qui, apprenant son dessein, offre ses soins pour l'aider en cette entreprise. « J'ai, dit-il à Jo- « seph, des parfums précieux qui nous « serviront, et il ne nous manque plus « qu'un suaire. » Heureusement pour eux se présente Julie, celle môme veuve de Naïm, dont nous avons vu que Jésus a ressuscité l'enfant. Nicodème et Joseph s'adressent a elle et la prient de leur vendre un suaire; Julie leur eu livre un du plus fin lin que l'on puisse trouver, et demande un besan d'argent pour son payement; comme elle n'en veut rien rabattre, assurant qu'elle le donne à juste prix, Joseph lui paye ce qu'elle demande et emporte le suaire.
(Icy emporte Joseph le suaire, et Nicodesme apporte les boueltes aux onejnemens.)
« Ces deux Juifs vont encore prendre quelques outils, et munis de tout ce qu'il leur faut, ils prennent le chemin du Calvaire pour descendre le corps de Jésus.
(Icy monte Nicodesme pardevanl la Croix, et Joseph derrière, et porte Joseph les tenailles et marteau, et Nicodesme porte le suaire.)
« Joseph a bien de Ja peine à détacher les 'clous qui sont enfoncés si profondément, que ce Juif est obligé de se reposer quelquefois.
(Icy le descendent de la Croix, et Sainct Jehan leur pourra bien aider, et la Muydalene.)
« Lorsque cela est fait, la sainte Vierge demande que, pour dernière consolation, on lui laisse la liberté d'embrasser un moment son cher Fils.
PAS
(Icy s'assiel Noslre-Dame à terre, et prenl Jésus en son giron, et les paries sont auprès.)
« Madeleine, voyant la Vierge occupée autour du corps de Jésus, va embrasser la croix du Sauveur, et là continue ses pleurs; Notre-Dame, Marthe et les Maries en font de môme de leur côté. Au bout de quelque temps, Joseph, les interrompant, leur représente que la nuit approchant le force à faire plus de diligence, et que c'est à regret qu'il les prive de cette triste satisfaction
(Icy otngnent le corps de Jésus après quoi ils l'ensevelissent et ensuite ils le portent au monument.)
« L'ange Gabriel console la Vierge Marie; pendant ce temps-là on met le corps de Jésus dans le tombeau, et lorsque lout est prêt, saint Jean, Joseph et Nicodème le ferment d'une grosse pierre.
(Icy mettent la pierre à l'uys du monument.)
« La Vierge et les Maries, qui ont toujours suivi le corps de Jésus, se retirent en pleurant et prennent le chemin de Béthanie; saint Jean les y accompagne, et Joseph et Nicodème s'en retournent à Jérusalem.
« D'un autre côté, Caïphe, Anne, avec les scribes et les pharisiens, so souvenant que Jésus a promis de ressusciter le troisième jour après sa mort, et craignant que ' ses disciples n'enlèvent son corps pour faire courir ce faux bruit, vont chez Pilate, poulie prier de faire mettre des gardes à son tombeau pendant quelques jours.
(Icy viennent les Scribes et Pharisiens devers Pilate.)
« Caïphe demande à Barraquin si l'on peut parler à son maître. « Je n'en sais rien, « répond celui-ci, car il est de fort mau- « vaise humeur. — C'est pour quelque chose « qui presse, réplique le pontife. — Pour « vous contenter, dit Barraquin, je vais voir « s'il peut vous donner audience.
BARRAQUIN
Monseigneur, les pharisiens Viennent vers vous.
Maulgré ma vie, Barraquin, tay loy, je le prie' Car d'eulx, ne de leur fait n'ay cure, En despisl du liault Dieu Mercure, Quant oneques je fis rien pour eulx.
barraquin.
Haro ! que Dyable il est fumeux !
« Monseigneur, continue Barraquin, ils « m'ont dit que c'est pour une affaire d'une « grande importance. Eh bien, répond Pi- « late, fais-les donc entrer. » Caïphe no tarde pas à se présenter avec toute sa compagnie, et prenant la parole, il commence un discours dont Pilate, ne voyant point le but, s'impatiente fort.
PILATE
Venez au point qui voiisamaine; Besoing n'est de inierlocutoire
« Seigneur, réplique Anne, comme nous « avons appris que ce Jésus que vous avez « condamné à la mort s'est vanté de res-
« susciter au bout de trois jours —
« Eh bien ! » dit Pilate en l'interrompant.
PILATE
Et puis, quant il seroit ainsi,
Que voulez-vous qu'on vous y face î
« La grâce que nous vous demandons , « ajoute Mardochée, c'est que, comme nous « sommes persuadés que ce n'est qu'une « imposture, vous vouliez bien nous accor- « der des gardes, de crainte que ses disci- « pies n'enlèvent son conps et ne fassent
PAS
PAS
« courir le bruit qu'il est ressuscité. — Je « n'eu ferai rien, répond Pila te, et je n'ai quje « trop consenti à vus volontés; c'est vous « qui m'avez foiré à prononcer l'injuste « arrêt de sa mort. »
PILATE
Après sa mort suffist-il mye Qu'il ail en Croix perdu la vie; Que diable, demandez-vous plus?
Que 1 11 y feriez-vons au surplus?
En csi-on pas assez venge?
« Vous avez vos gardes, continue-!-il ; « prenez-les, car pour moi, je ne veux plus « m'en mêler. » Les deux pontifes, remplis de confusion, se retirent avec leur suite; ils vont au plus tôt chercher des soldats et s'adressent à ceux du centenier.
(Icy viennent parler aux gens de Centurion.)
« Rubion , Ascarius et Marchantonno veulent bien se charger de cette commission, niais avant toutes choses ils demandent l'ouverture du tombeau, pour voir si véritablement le corps de Jésus y es!.
Coïphe leur permet de lever la pierre qui le ferme, ce qu'ils font en présence de tous ces Juifs; et qui, y ayant trouvé le corps du Sauveur, font remettre la pierre, et pour plus grande sûreté y posent chacun leur sceau. Ensuite ils s'en retournent chez eux, après avoir averti les soldats d'appeler du secours en cas qu'on vînt pour les forcer, el ceux-ci restent pour la garde du tombeau. »