‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 957 sur 1429 · LE FILS DU JUIF · texte numérisé non relu

LE FILS DU JUIF

(On voit un oratoire de Sainte-Croix et l'on entend la cloche sonner l'x dieu leuer. )

MARTINE, vieille femme reconnaissable à son costume. Jtenedicile Dominus. Ali ! la grand'inesse. Que va i'ir<\ Madame? La table n'esl pas dressée. Tant pis, j'irai à l'église, car les ollices passent avant tout, puis je reviendrai vite à l'hôtel.

un enfant DR paris. Vite, vile, Robinet. La cloche sonne à Sainle-Croix. Je veux aller à la messe.

le second gimin. Attends-moi, Miclielel; je ne veux pas y manquer non plus.

le fils nu juif, les rencontrant. Enfants, où courez-vous si lestement? qu'allez-vous faire?

le premier gamin. Nous allons voir ce Roi de boulé qui souffrit la mort pour nous et ressuscita aujourd'hui môme, pour le salut des hommes.

le fils du juif. Par ma loi, ne courez pas de ce côté, car il n'est pas au couvent (de Sainte-Croix).

le second gamin. Allons, marche, ne vois-tu pas qu'on se moque.

Martine. Enfants, que vous a dit ce Juif? que vous veut-il ?

le premier. Ce qu'il veut? Le saii-il lui-même? H nous a demandé où nous allions, et lorsque nous avons en fait réponse : auprès de Dieu, il nous a dit que Jésus, noire Sauveur, n'était point au couvent.

Martine. Il veut rire. J'ai envie de lui donner un coup t'e poing sur son chapeau.

le fils du juif. .Mais oui, il est chez nous et non pas au couvent. Aussi vrai que vous l'honorez, mon père l'a percé d'un coup de coiileau, crucifié, le sang coulait; il a voulu le brûler, il l'a piqué de sa lance, mis au feu, et enfin dans notre chaudière où il est devenu brillant comme un vitrail el s'est changé en un crucifix. Allez voir, si vous ne me croyez pas; sur ma loi, c'est vrai. El c'est pourquoi j'ai dil qu'il ne pouvait être dans votre couvent.

surtine. Mes chers enfants, restez ici auprès du Juif. Je vais voir ce qu'il y a de vrai eu tout ceci. Et par Dieu, à mon retour, je vous donnerai quelque chose. Mais ne diles rien à personne.

le second enfant, Revenez vile, nous allons vous attendre. L'ami, joue avec nous. Voici des ceufs. Veux-lii « bouler, i

i e fils du juif. Oui si vous voulez m'en donner, car, pour le moment, je n'en ai pas.

le premier enfant. Eh bien, lu en auras à l'instant. < Boulons au long du cymclièic. >

Martine, lionne vierge, ma gardienne, mon cœur csi serré comme s\l portait une grosse chaîne de fer. Je n'entendis jamais un récit qui me fil plus d'horreur que celui de ce Juif. Dieu ! je vais prendra ce plateau, propre et luisant, et \»is l'aire semblant

d'être une servante qui va chercher du feu. Peut» être samai-je quelque chose de vrai.

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