SCÈNE V
l'évéque, l'inquisiteur, le prévôt, le juif jacob mousse, maigredos, sergent.
le prévôt. Viens ici ; n'as-tu pas commis un horrible forfait?
le juif. En quoi ai-je péché, n'ayant allaaué que votre Jésus ?
le prévôt. Prends garde, lu es en mes mains. Marche, maître. Ni le droit ni la loi ne peuvent empêcher un homme de faillir. Soit dit pour conclure.
le juif. Que voulez-vous conclure?
le prévôt. A ta liberté.
le juif. Vraiment.
le prévôt. Crois en Jésus.
le juif. Non, certes, il est inutile de m'en parler; car enchaîné, torturé, je ne céderai pas à vos suggestions insensées.
l'inquisiteur. Le diable le possède. Mousse, je le demande une seule chose : Tu vois celle hostie, eh bien, Jacob, dis la vérité . la reconnais-tu ?
le juif. Oui, Messeigneurs, d'autant que c'csl la seule que j'aie jamais vue.
l'évéque. Regarde mieux : ce n'est pas l'hostie.
le juif. C'est elle, c'est bien elle, que j'ai coupée avec mou couteau et dont les morceaux se réunissaient sans cesse.
le recteur. Tu fais mi plein a vcu. Hais, Juif, après celte preuve si certaine de sa puissance, pourquoi ne crois-tu pas ?
le juif. C'est que Jésus Christ n'est pas le pain de vie, et qu'il n'y a la qu'une œuvre du diable.
le prévôt. Obstination invincible ! Il ne changera pas de langage. Seigneurs, terminez sans plus de discours.
l'inquisiteur. Maudit Juif, plein de rage, après avoir tourmenté ainsi cette lusiie, peux-tu nier cn-
SAI
core sa puissance? 'Fa lji n'est qu'une dérision dont Jésus a fait justice.
l'évéque (au prévôl). Seigneur, l'Egli-e vous remet ce sorcier; prenez connaissance des fails et terminez ce scandale.
le prévôt. Jacob Mousse, ion crime va subir sa punition. Qu'as-lu à dire encore? Convertis-loi, crois en Jésus et invoque. C'est une question de vie ou de mort. Choisis. Hâte-toi, la cour attend.
le juif. Pré\ôt, en un mot : Jamais je ne me dédirai.
le prévôt. Tu subiras le supplice du feu. Messeigneurs, la cause est entendue. De mon pouvoir sans conteste, et sans appel, je te condamne donc à être brûlé au marché des porcs, à l'heure même. Sergents, allez chercher le bourreau. «Froide ioie ayl il de sa peau... i
maigredos. Il attend, je vais vers lui.