SCÈNE XIII
LES MÊMES, HADRIEN et CUARITÉ.
hadrien. Chanté, 'je suis excédé de l'insolence de vos sœurs et ou ne peut plus courroucé de leurs prolixes arguties. Aussi, sans plus longue discussion avec vous, ou vous allez obéir à mes ordres el je vous enrichirai de mille biens, ou bien, si vous résistez, je vais vous accabler de maux.
charité. J'ai de loui mon cœur le désir du bien et la profonde horreur du mal.
hadrien. Voici (|iii vaut mieux pour vous et me plait davantage ; c'est pourquoi, dans ma clémence, je n'exige de vous qu'une chose très-facile.
charité, Quoi ?
hadrien. Dites seulement : « Grande Diane! i et je ne demande pas d'autre hommage.
charité. Non pas, certes.
hadrien. Pourquoi ?
charité. Je ne veux pas mentir. Mes sœurs et moi, sorties du même sang, ayant reçu l'onction des mêmes sacrements, nous n'avons qu'une même foi, une même constance et une même force. Sachez donc que nos volontés, nos sentiments, nos connaissances sont absolument identiques et qu'entre elles et moi il n'y a aucune dissidence sur aucun point.
hadrien. O rage ! celte faible créature se joue de moi.
charité. Quoique toute petite, je sais bien discuter et je vous confonds.
iivprien. Emmenez la, Anliochus, failes-ia hisser sur un chevalet el battre affreusement.
antiochus. Je crains que les coups n'en aient pas raison.
hadrien. S'ils ne font rien , donnez des ordres pour que, durant trois jours el trois nuits, on ail une fournaise embrasée, el qu'on la jette dans les flammes dévorantes.
charité. O juge impuissant! qui craint de ne pouvoir vaincre un enfant de huit ans sans le secours du feu'
hadrien. Allez, Anliochus, el tenez la main au mandat dont vous êtes chargé.
charité. Voire cruauté sera satisfaite; il obéira, mais il ne me fera aucun mal; ni les coups ne déchireront mon pelit corps, ni les flammes ne pourront roussir mes cheveux ou mes vêlements.
hadrien. On verra.
charité. Vous verrez.