Dictionnaire des noms de baptême
Le titre de cet ouvrage indique déjà par lui-même le but que nous nous sommes proposé. Nous avons voulu présenter dans l’ordre alphabétique la nomenclature exacte et complète des noms qui sont ou qui peuvent être donnés au baptême. A tous les noms que renferme le Rituel, nous avons ajouté ceux qui nous ont été fournis par le Martyrologe romain et par quelques autres livres dont l’Église reconnaît l’autorité. Nous avons également admis un certain nombre de noms qui sont journellement l’objet du choix des familles, mais qui ne peuvent être donnés au baptême qu’autant qu’ils sont accompagnés d’un nom de Saint ou de Sainte : nous les avons marqués d’un signe particulier. Ily aaussi des noms spécialement attribués aux femmes, tels que Adrienne, Henriette, Gabrielle, Joséphine, etc., et qui sans être représentés par des noms de Saintes peuvent être donnés au baptême, parce qu’ils dérivent ou plutôt qu’ils sont formés d’un nom de Saint. Le jour de la fête est le jour même où le Saint est honoré.
PRÉFACE
Dans cette longue énumération de noms si divers, nous nous sommes scrupuleusement attaché à établir la véritable orthographe trop souvent ignorée ou négligée. Pour les noms dérivés des langues étrangères, et principalement de la langue grecque, l’orthographe offre quelquefois des difficultés assez sérieuses.
Quant à la mise en œuvre de notre travail, nous avons constamment suivi une méthode uniforme. D’abord, après le nom français suivi du nom latin , nous donnons l’étymologie, toutes les fois qu’elle est certaine ou très-probable; puis nous indiquons ce qu’ont été les Saints ou les Saintes, l’époque où ils ont vécu, le jour où l’Église les honore. Une notice plus ou moins développée fait connaître les principales circonstances de leur vie , leurs actions , leurs œuvres , leurs écrits. Enfin, nous mentionnons les personnages célèbres qui, dans les siècles passés et dans les temps modernes, ont porté le nom de tel Saint ou de telle Sainte.
Nous avons pensé qu’un livre ainsi composé offrirait quelque intérêt aux familles et, de plus, serait utilement consulté dans les paroisses et dans les mairies. Les parents auront sous la main un répertoire dans lequel ils pourront choisir le nom à donner à leurs enfants. A l’aide de ce même répertoire, les curés et les maires, surtout dans les campagnes, trouveront le moyen de conseiller et de guider leurs paroissiens et leurs administrés.
Nous croyons opportun, en ce qui concerne l’état civil, de reproduire ici les paroles judicieuses d’un
PRÉFACE
écrivain recommandable, « Que dans l’acte religieux du baptême, dit M. Eusèbe Salverte, on laisse au sentiment religieux toute la latitude qu’il réclame ; qu’on ne diminue rien de la condescendance due aux désirs d’une mère, d’un père, d’un parrain, d’une marraine, d’un ami, d'un protecteur : mais il serait à souhaiter que dans l’acte qui, aux yeux de la société, constate la naissance et devient la base de l’état civil, on n’inséràt qu’un seul prénom, tellement choisi, qu’il ne fût celui d’aucune autre personne de la famille. On ne sait pas ce qu’on prépare de soucis à un enfant en multipliant ses prénoms. Qu’on en omette un, ou qu’on intervertisse leur ordre dans l’acte le plus simple (et combien de fois cela est-il arrivé par l’inadvertance d’un copiste !), que de nullités s’ensuivront jusqu’à ce qu’on ait reconnu l’erreur, et alors que de formalités pour la réparer! Des dissensions pénibles, des retards interminables dans toutes les transactions de la vie civile, et même des procès, des revers de fortune, n’ont souvent pas eu d’autre origine. » La réforme demandée pour l’acte de l’état civilparl’écrivain que nous venons de citer, devrait s’appliquer également à l’acte religieux du baptême.
Malgré tout le soin que nous avons apporté à la rédaction de cet ouvrage , nous avions à craindre d’avoir fait des erreurs ou des omissions. Nous tenions surtout à ce qu’il ne pût nous être adressé aucun reproche sous le rapport de l’orthodoxie : nous sommes à cet égard dans une entière sécurité.
Deux honorables et savants ecclésiastiques de Paris
PRÉFACE
ont bien voulu nous prêter leur concours, d’abord en examinant le manuscrit, ensuite en lisant les épreuves pendant tout le cours de l’impression. Leurs conseils et leurs observations nous ont mis à même d’améliorer notre première rédaction, et nous sommes heureux de pouvoir leur offrir ici nos remercîments et l’expression de notre reconnaissance.
Nous avons placé à la fin de cet ouvrage deux tables qui nous ont paru utiles. L’une présente, dans l’ordre alphabétique, la série des professions et des divers corps de métiers avec le nom de leur saint patron; l’autre, en indiquant jour par jour, pour tous les mois de l’année, les noms des Saints et des Saintes mentionnés dans le Dictionnaire, peut servir à diriger le choix des parents qui désirent placer leur enfant sous le patronage d’un des Saints honorés le jour même de la naissance de cet enfant.
Paris, 1 er septembre 1863.
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NOMS DE BAPTEME.
A ARON, Aaron, frère de Moïse, de la tribu de Lévi, fut désigné de Dieu pour exercer le sacerdoce, lui et toute sa postérité. Sa fête est marquée le 1" juillet dans quelques calendriers.
Aaron (Saint), abbé en Bretagne, au sixième siècle, honoré le 22 juin. Saint Aaron, fondateur du premier monastère qui ait été établi en Bretagne, travailla à répandre la vraie foi dans cette contrée, de concert avec saint Malo, et gouverna avec autant de sagesse que d’édification les nombreux disciples qui l’avaient choisi pour leur père spirituel. Il a été toujours particulièrement honoré dans le diocèse de Saint-Malo. — L’Église honore aussi, le 1" juillet, saint Aaron, martyr, avec saint Jules, à Caerléon, en Angleterre, au quatrième siècle. •
ABDAS (Saint), Abdas, évêque, martyr en Perse, sous le règne d’Isdegeiale, au commencement du cinquième siècle Il est honoré le 16 mai.
ABDIAS (Saint), Abdias [ Serviteur du Seigneur, en hébreu], prophète à Samarie, honoré le 19 novembre.