‹ Dictionnaire des noms de baptêmeChapitre 211 sur 307 · ODILE · texte numérisé non relu

ODILE

d’Alsace : elle naquit aveugle. Le duc qui, par un préjugé barbare de cette époque, croyait voir dans cette infirmité un déshonneur pour sa famille, et qui d’ailleurs était trompé dans ses espérances, parce qu’il avait ardemment désiré un fils, conçut une haine cruelle contre sa fille, et ordonna qu’elle fût emmenée hors du château. L’enfant fut confiée par sa mère désolée à une fidèle nourrice et conduite au monastère de Palme, dont l’abbesse était parente de sa famille. Le premier soin de l’abbesse fut de faire baptiser l'innocente victime, et on lit dans les actes de la vie de sainte Odile, qu’au moment où le prêtre prononça sur elle les saintes paroles qui effacent le péché originel, elle fut délivrée de son infirmité et recouvra la vue. Cette guérison miraculeuse inspira à Odile, quand elle eut l’âge de raison, la pensée de se consacrer à Dieu ; elle y persista, et devenue religieuse dans la maison où elle avait trouvé un asile, elle voulut se charger des plus humbles fonctions, et fut piur toutes ses sœurs un modèle accompli des vertus chrétiennes. Dieu récompensais sainte résignation d’Odile en lui rendant la tendresse de son père qui, pour réparer ses torts, voulut que le château seigneurial de Hohenbourg, qu’il avait habité jusqu’alors, fût transformé en monastère, et il en fit don à sa fille avec toutes les terres qui en dépendaient ; c’est dans ce monastère que sainte Odile passa le reste de sa vie, au milieu des compagnes que sa piété y avait attirées et qu’elle gouverna avec une admirable sagesse pendant plus de trente ans. Tous les revenus, qui étaient considérables, furent consacrés à des œuvres de chîrité : elle fit bâtir un hôpital qui était toujours ouvert aux pauvres, aux malades, à tous les malheureux. Sa mort fut aussi sainte que sa vie.

ODILON ou Olon (Saint), Odilo, abbé de Cluny aux dixième et onzième siècles, honoré le l w janvier. — Issu d’une des plus illustres familles d’Auvergne, Odilon se retira fort jeune dans le monastère de Cluny, dont il devint abbé en 995. Ses vertus l’avaient appelé à ce poste important. Sévère pour lui-même, soumis aux plus dures austérités, il était plein de douceur et

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