‹ Dictionnaire des noms de baptêmeChapitre 26 sur 307 · ANTOINE · texte numérisé non relu

ANTOINE

de peau de mouton. Les tentations que le démon lui suscita sous toutes les formes, et qui troublèrent pendant vingt ans sa solitude, sont célèbres dans l’antiquité ecclésiastique, aussi bien que les mortifications par lesquelles il sortit victorieux de ces longs et rudes combats, qui lui valurent le don des miracles. Sa sainteté attira auprès de lui une foule de religieux, désireux de suivre ses conseils et d’imiter son exemple. En peu de temps les montagnes se couvrirent de monastères composés de cellules ou plutôt de huttes et de cabanes éparses çà et là, et les déserts se peuplèrent de chrétiens parfaits qui abandonnaient les dignités et les biens de la terre pour les richesses et les gloires du ciel. Saint Antoine instruisait ses disciples, tantôt en particulier, tantôt en commun, et leur prescrivait les règles saintes qu’ils devaient observer, c’est-à-dire la prière, le jeûne, l’humilité, les bonnes œuvres.

Deux fois, saint Antoine fut obligé de quitter sa chère solitude et de se rendre à Alexandrie; la première fois, en 311, pendant la persécution de Maximin, pour consoler les chrétiens dans leurs prisons, les exhorter devant leurs juges et les accompagner jusqu’au lieu du supplice ; la seconde fojs, à la prière de saint Athanase, en 355, pour confondre les ariens, qui voulaient le faire regarder comme un de leurs partisans. Saint Antoine, sentant sa fin approcher, entreprit pour la dernière fois la visite de ses monastères ; il se retira ensuite, avec Macaire et Athamas, ses deux plus chers disciples, sur le sommet de la montagne qu’il avait choisie pour demeure, et, après leur avoir adressé ses dernières instructions : « Adieu, mes enfants, leur dit-il; Antoine s’en va, il ne doit plus rester avec vous. » C’est ainsi qu’il expira paisiblement, en 356, à l’âge de 105 ans, sans que ses grandes austérités lui eussent jamais fait éprouver aucune des infirmités qui sont le partage ordinaire de la vieillesse.

Le corps de saint Antoine, transporté d’abord à Alexandrie et plus tard à Constantinople, fut transféré, vers la fin du dixième siècle, à Vienne, en Dauphiné, et déposé dans un prieuré de bénédictins, à quelques lieues de celte ville. Un

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