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BLANCHE DE PROVENCE OU LA COUR

DES FÉES, opéra en trois actes, paroles de Théaulon et Rancé, musique de Berton, Boieldieu, Cherubini, Kreutzer et Paër, représenté pour la première fois à Paris, sur le théâtre de l'Opéra (salle Favart), le 3 mai 1821. De cette pièce de circonstance, composée à l'occasion de la naissance et du baptême du duc de Bordeaux, fils posthume du duc de Berry,il n'est resté que le magnifique chœur final de Cherubini :

Dors, cher enfant, tendre fleur d'espérance !

Ce morceau, qui est encore exécuté dans les concerts du Conservatoire , méritait d'être distingué des nombreux hommages en vers et en chansons qui répétaient à l'héritier des Bourbons les belles promesses déjà faites, sur un ton non moins chaleureux, à l'héritier impérial. Pour le duc de Bordeaux comme pour le roi de Rome, les prédictions des faiseurs d'opéras ne désarmèrent point le destin. Ce qu'il y a de plus piquant, c'est que l'Italien Paër, un des compositeurs qui prirent part à la confection de cet ouvrage, avait été ramené de Vienne en France par Napoléon, qui l'avait comblé de faveurs et qui l'avait fait son maître de chapelle. Louis XVIII, il est vrai, se montra également bon prince à son endroit, et, de la chapelle impériale à la chapelle royale, notre compositeur n'eut qu'un saut à faire. Cette collaboration à une pièce de circonstance appela sur Boieldieu les faveurs du gouvernement : il reçut la croix de la Légion d'honneur, et fut attaché à la maison de la duchesse de Berry en qualité de compositeur.

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