‹ Dictionnaire des opérasChapitre 150 sur 928 · CARILLON DE NOTRE-DAME DE CLERY · texte numérisé non relu

CARILLON DE NOTRE-DAME DE CLERY

(le), opérette en un acte, musique de M. Francis Thomé, représentée à la salle Herz le 20 mars 1874.

CARILLONNEUR DE BRUGES (le), opéracomique en trois actes, paroles de M. de Saint- Georges, musique de M. Albert Grisar, représenté à l'Opéra-Comique , le 20 février 1852. L'action de ce sombre mélodrame se passe dans les Flandres, au temps de la domination du duc d'Albe , de sinistre mémoire. Mathéus Claës est un honnête carillonneur que ses émotions patriotiques ont rendu sourd. Il recouvre l'usage de l'ouïe lorsqu'il voit flotter, sur les murs de sa patrie affranchie, l'étendard brabançon. A l'invraisemblance de ce prodige viennent se joindre des épisodes aussi exagérés que peu intéressants, et mieux employés dans d'autres pièces. Béatrix, fille de Mathéus, élève en secret un fils de Marie de Brabant, et s'expose ainsi aux soupçons, à la honte , puis enfin à la malédiction de son père. La princesse la justifie d'un mot. En même temps, le complot éclate et la Flandre est délivrée du joug espagnol. Il n'y a dans cette pièce qu'un personnage sympathique, c'est celui d'une petite chanteuse nommée Mésangère, dont Mlle Félix Miolan a fait une de ses créations les plus charmantes. La partition du Carillonneur de Bruges est une des plus distinguées de M. Grisar. Elle se recommande par un sentiment dramatique soutenu, vrai, énergique, et par des inspirations vives et gracieuses. La souplesse et la variété des talents de M. Grisar n'ont pas été assez remarqués. L'air des cloches, Sonnez, mes cloches gentilles! ah! pour d'autres, sonnez! joint à une facture excellente , un accent de mélancolie pénétrant. La romance de Béatrix , le trio de la Bible ont beaucoup de couleur ; dans un genre tout différent , le rôle de Mésangère est traité avec une finesse charmante ; la chansonnette du deuxième acte est un bijou musical. Mlles Wertheimber, Félix Miolan (Mme Carvalho) et Révilly ont créé les rôles de femmes, Bataille celui du carillonneur. Les autres ont été interprétés par Boulo, Sainte-Foy et Ricquier. La partition a été réduite pour piano et chant par M. Vauthrot.

* carina, opéra -comique, paroles d» MM. Blanchard et Cuningham Bridgman, musique de Mme Julia Woolf, représenté a Londres en septembre îsss. Le sujet du livret avait été emprunté a une ancienne comédie française de Facteur-auteur Dumaniant,

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Guerre ouverte ou Ruse contre ruse. Quant à l'auteur de la musique, qui, bien que manquant d'originalité, ne laissait pas que d'être agréable, elle avait fait d'excellentes études à l'Académie royale de musique de Londres, où elle avait remporté les prix de piano, de composition et d'orchestration. Son œuvre, fort bien accueillie du public, avait pour interprètes Mme d'Arville, MM. Lely, Snazelle ■et Ward.

caritea (la), opéra séria en deux actes, musique de Farinelli , représenté en Italie vers 1801.

carline , opéra-comique en trois actes , paroles de MM. de Leuven et Brunswick, musique de M. Ambroise Thomas, représenté à l'Opéra-Comique le 24 février 1840. L'invraisemblance du livret n'est pas rachetée par l'agrément des détails. La baronne de Montbreuse, jalouse de l'actrice Carline, qui tourne la tête au vicomte de Quincy, son fiancé, imagine une intrigue dont elle est dupe elle-même. Le vicomte n'en est que plus épris de l'actrice à laquelle il donne tous ses biens, avec une promesse signée de l'épouser. Carline a la générosité de tout refuser. La partition porte l'empreinte de cette facture élégante dont M. Ambroise Thomas a fourni les preuves dans tous ses ouvrages. On a remarqué la ronde des moissonneurs, un joli nocturne entre de Quincy et. Carline, un bon trio, et l'air de Carline au troisième acte, chanté avec beaucoup d'intelligence par Mme Henri Potier.

* CARLINO E MASO 0 RAVVEDIMENTO £ premio, opéra, paroles de Leone Bardare, musique de Troylo, Tondi et Palmieri, représenté à Naples, au Real Albergo de' Poveri,le 18 janvier 1856, pour l'anniversaire de la naissance du roi.

CARLO DI BORGOGNA, opéra italien, musique de J. Pacini, repr^à Venise en 1835.

* carlo di borgogna, opéra sérieux, musique de P. Varvaro, représenté en 1862 à Valladolid.

CARLO Di BORGOGNA, opéra italien, musique de Musone, représenté au théâtre Mercadante, à Naples, en mars 1876.

CARLO-FIORAS, opéra historique, musique de Fraenzl, représenté à Munich en

CARLO IL GRANDE, opéra italien, musique de Gabrieli (Domenico) , représenté à Venise en 1688,

CARLO IL temerario, drame lyrique, musique de M. Piazzano, représenté sur le théâtre communal de Plaisance vers 1866.

CARLO MAGNO, opéra italien, musique de Costanzi, représenté à Rome en 1729.

CARLO MAGNO, opéra italien, musique de J. Niccolini, représenté à Reggio vers 1814.

* CARLO MAGNO, opéra sérieux, paroles de Cressoni, musique de Torriani, représenté avec beaucoup de succès à. Milan, sur le théâtre de la Scala, le 17 mars 1852

CARLO, RE D'ALLEMAGNA, opéra italien, musique de Orlandini, repr. à Venise en 1714.

CARLO, RE D'ALLEMAGNA, opéra italien, musique de Scarlatti, repr. à Naples en 1716.

CARLO, RE D'ITALIA, opéra italien, musique de C. Pallavicino, rep.àVeniseen 1683.

CARLO ROSA, opéra allemand en trois actes , musique d'Ellerton , représenté en Prusse vers 1830.

* CARLOTTA napier, opéra, musique de M. P. Floridia, représenté au Cirque natio nal de Naples en 1882.

CARLOTTA E WERTER , opéra italien , musique de Coccia, repr., à Rome en I8lff.

CARLOTTA ED enrico , opéra italien , musique de J. Mosca, représenté en Italie vers 1813.

* CARMELA, opéra sérieux, musique de M. Luigi Del Corona, représenté à Pistoie le 15 février 1S7-Î.

CARMELA, opéra séria, livret de Burali- Forti, musique de C. Burali-Forti, représenté au théâtre Petrarca, à Arezzo, le 17 mars 1880.

CARMEN, opéra-comique en quatre actes, livret de MM. Henri Meilhac et Ludovic Halévy, musique de Georges Bizet, représenté au théâtre national de l'Opéra-Comique le 3 mars 1875. Le sujet de la pièce a été tiré de la nouvelle de Mérimée portant le même titre. Le style du romancier, exact et froid comme une photographie, le cynisme de sa pensée m'ont toujours fait regarder le succès de ses œuvres littéraires comme un symptôme alarmant de démoralisation, et, à l'exception de Colomba, dont un compositeur pourrait tirer un excellent parti, je crois qu'il n'y a aucun profit à s'associer à ses conceptions fantasques où le sentiment de la nature n'a aucune part, où ne brille aucun élan généreux, dépourvues enfin de toute inspiration lyrique. M. Bizet en a fait la craelle expérience. Sou

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opéra renferme de beaux fragments, mais l'étrangeté du sujet l'a lancé dans la bizarrerie et l'incohérence. Il suffit de donner ici une très sobre analyse de cette pièce pour justifier ce qui vient d'être dit. Au premier acte, la scène se passe à Séville, devant la porte d'une manufacture de tabac, près de laquelle est un corps de garde. Une jeune fille, Micaëla, se présente et demande à parler au brigadier don José, son compagnon d'enfance et son fiancé. Les cigarières sortent de la fabrique, la cigarette aux lèvres, et se mêlent effrontément à la troupe des soldats. Carmen paraît bientôt ; c'est une fille de joie. Les soldats l'entourent, et c'est à qui sollicitera ses faveurs.

Carmen! sur tes pas nous nous pressons tous! Carmen ! sois gentille; au moins réponds-nous. Et dis-nous quel jour tu nous aimeras!

Quand je vous aimerai? Ma foi, je ne sais pas. Peut-être jamais! peut-être demain!... Mais pas aujourd'hui, c'est certain.

Tel est le ton de la pièce. Carmen chante une habanera, chanson espagnole :Y Amour est enfant de bohème, etc. Elle regarde don José, va droit à lui et lui lance un bouquet qu'elle a détaché de son corsage. Voilà cet homme, à partir de ce moment, pris d'une passion insensée pour cette vile créature, et, durant quatre actes, il deviendra successivement, et presque sans remords, parjure, déserteur, bandit, voleur, contrebandier, assassin. Cependant Micaëla lui remet une lettre de sa mère, et, de sa part, naïvement, trop naïvement même pour les convenances dramatiques, lui donne un baiser que José veut bien lui rendre, comme si une mère pouvait charger une jeune fille de donner la première un baiser à son fiancé. Mais il s'agit bien de convenances dans le théâtre contemporain ! Il faut reconnaître, pour être juste, que don José sent sa passion fléchir en présence de l'honnête et pure villageoise. Mais cela ne dura que le temps de chanter un duo. Un tumulte épouvantable survient ; c'est la Carmencita qui s'est battue avec ses compagnes et a blessé l'une d'elles. L'officier Zuniga la fait arrêter, et on lui lie les mains, pendant qu'elle chante une séguidille et donne rendez-vous à son amant à l'auberge de Lillas Pastia. Restée seule avec don José, celui-ci délie les cordes qui lui serrent les mains, et, lorsqu'elle est emmenée par les soldats, elle les bouscule et s'échappe en riant aux éclats. Tel est le premier acte.

Le deuxième se passe chez Lillas Pastia.

Je ne me rappelle pas qu'on ait vu au théâtre de l'Opéra-Comique une scène d'aussi mauvais goût que celle-ci. Des officiers sont à table avec Carmen, Frasquita, Mercedes et d'autres bohémiennes. Elles montent sur les tables, elles fument et dansent naturellement. L'officier Zuniga, le même qui avait fait arrêter Carmen, est dans les meilleurs termes avec sa prisonnière. Arrive le torero Escamillo, lequel à son tour s'empare du cœur de la bohémienne : et de trois I en deux actes, c'est beaucoup. Le dancaïre propose ensuite un coup à faire, et les soldats partis, cette aimable société lui offre le concours de ses talents dans un quintette mouvementé. Don José vient rejoindre Carmen au rendez-vous qu'elle lui a donné au premier acte. Le clairon a beau sonner la retraite, la sirène de carrefour le retient, et, comme le brigadier veut partir, elle se fâche en ces termes :

Ah ! j'étais vraiment trop bête !

Je me mettais en quatre et je faisais des frais;

Je chantais! je dansais!

Je crois, Dieu me pardonne,

Qu'un peu plus je l'aimais!

Ta ra ta ta... c'est le clairon qui sonne! Ta ra ta ta... Il part... il est parti!

Va-t'en donc, canari !

Tiens! prends ton shako, ton satire, ta giberne. Et va-t'en, mon garçon, retourne à la caserne!

Et moi, qui me plaignais jadis de la négligence avec laquelle Scribe rimait les poèmes des opéras d'Auber !

Don José, séduit par tant d'éloquence, jure à Carmen un éternel amour, consent à déserter, et il part en campagne avec les bohémiens.

Au troisième acte, les contrebandiers célèbrent par leurs chants la gloire de leur état et profèrent des maximes sur l'inconstance de la fortune ; Carmen et ses compagnes se tirent les cartes. Micaëla tente un dernier effort pour arracher don José à sa vie d'aventures. Elle lui apprend que sa mère veut le voir, lui pardonner avant de mourir. Les scènes dans lesquelles paraît Micaëla sont touchantes et intéressantes ; quoiqu'elles semblent calquées sur des scènes analogues de Robert le Diable, elles sont accueillies avec un soupir de satisfaction par le spectateur. Mais don José est jaloux du toréador. Il s'est aperçu que Carmen le lui préférait. Il part cependant avec Micaëla, mais la rage dans le cœur et jurant de se venger d'Escamillo, qu'il a voulu tuer déjà, et de Carmen qu'il tuera au dernier acte. En effet, et pour terminer l'analyse de ce singulier poème d'opéra-comique, au dernier acte, Escamillo, ayant auprès de lui Carmen radieuse, se dispose à combat-

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tre dans les courses de taureaux, et il entre dans le cirque. Don José paraît; il veut emmener Carmen. Celle-ci résiste aux prières, aux menaces. Elle déclare qu'elle aime le toréador, et au moment où, l'entendant acclamé par la foule, elle s'élance vers la porte du cirque, don José la frappe d'un coup mortel, et la toile tombe après ces mots adressés à la foule sortant du cirque : Vous pouvez m'arrêter... c'est moi qui l'ai tuée! Ah! Carmen! ma Carmen adorée!

Il paraît qu'on ne se donne même plus la peine de faire des vers, dans ce genre de livrets à l'usage des auteurs impressionnistes. La recherche du pittoresque et de la couleur locale a beaucoup trop préoccupé M. Bizet dans cet ouvrage; en second lieu, il a voulu donner des gages aux doctrinaires qui s'intitulent les apôtres de la musique de l'avenir, en rompant avec ce qu'on regardait jusqu'ici comme les traditions du goût, la satisfaction de l'oreille, l'harmonie, dans le sens concret et spécial du mot. Enfin, lorsr qu'il s'est résigné à rester lui-même, c'està-dire un musicien très bien doué, ayant fait de fortes études, possédant l'art d'écrire, ayant les qualités propres au compositeur français, la clarté, le tour mélodique, le goût, l'esprit, la sensibilité, il a su tirer de ce livret, aussi mauvais dans le fond que dans la forme, des idées musicales d'une valeur réelle et qui pourront survivre à la pièce. J'espère qu'un honneur posthume lui sera réservé et que son œuvre si considérable sera protégée contre la mauvaise impression laissée par le poème. Il sera nécessaire de refaire le livret, d'en retrancher les vulgarités, de lui ôter ce caractère de réalisme qui ne convient pas à une œuvre lyrique, de faire de Carmen une bohémienne capricieuse et non une fille de joie, de don José un ensorcelé d'amour, mais non pas un être vil et odieux. Les deux rôles du toréador et de Micaëla sont excellents; aussi le musicien les a-t-il bien traités. Il a trouvé pour le premier la note énergique, franche, sonore, je dirai presque fanfaronne, et pour le second la tendresse émue et l'accent du cœur. Laissant dans les ombres de la musique sans avenir de trop longues pages de la partition, j'appellerai l'attention du lecteur sur les passages suivants :

Dans le premier acte, le chœur en mi majeur : Il y sera quand la garde montante remplacera la garde descendante. Que les musiciens devraient se trouver à plaindre d'av-ir à mettre en musique de telles paroles ! la

chanson espagnole , habanera : l'Amour est un oiseau rebelle; le duo de Micaëla et de don José: Parle-moi de ma mère; dans le deuxième acte, la chanson bohème : les Tringles des sistres tintaient; le petit chœur en ut: Vivat le torero! les couplets du toréador; l'allégretto du duo de Carmen et de don José : Si tu m'aimais, là-bas tu me suivrais ; l'allégretto de Carmen : Bel officier ; dans le troisième acte, le chœur: Sans souci du soldat; le trio des cartes ; l'air de Micaëla : Je vais voir de près cette femme ; la phrase : Je te tiens, fille damnée! dans le finale ; enfin, au quatrième acte, l'allégro du duo final : Mais, moi, Carmen, je t'aime encore. Distribution : don José, Lhérie; Escamillo, Bouhy ; le dancaïre, Potel; le remendado, Barnolt; Zuniga, Dufriche; Morales, Duvernoy; Lillas Pastia, Nathan ; un guide, Teste; Carmen, Mme Galli-Marié ; Micaëla, M'ie Chapuy; Frasquita, Mile Ducasse ; Mercedes, Mlle chevalier.

CARMOSINA, opéra italien, musique de Sarria, représenté au théâtre Nuovo, à Naples, en décembre 1853.

* carmosina, drame lyrique entrais actes, paroles d'Antonio Ghislanzoni, musique de M. Gomes d'Araujo, représenté au théâtre Dal Verme de Milan le i" mai 1888.

CARNAVAL (le), opéra-ballet en cinq actes, paroles de Molière, Benserade et Quinault, musique de Lulli, représenté le 17 octobre 1675.

* carnaval (un), opéra-bouffe en un acte, paroles de MM. P. Burani et Pouillon, musique de M. Campisiano, représenté à Saint- Germain-en-Laye en mai 1882.

carnaval à vienne (le), opéra-comique, musique de Volkert , représenté à Leopoldstadt en 1820.

CARNAVAL de ROME (le), opérette allemande, musique de Johann Strauss, représentée sur le théâtre An der Wien, à Vienne, le 1" mars 1873. Chanté par Albin Swoboda, Szika, Friese, Mmes Geistinger et Charles.

* CARNAVAL DES ÉPICIERS (le), opérette en trois actes, musique de Frédéric Barbier, repr.. aux Bouffes-du-Nord le 6 avril 1877.

CARNAVAL DES REVUES (le), précédé du

SOUPER DU MARDI GRAS, prologue en deux actes et neuf tableaux, paroles de MM. Grange et Gilles, musique de M. J. Offenbach, représenté au théâtre des Bouffes-Parisiens , le 10 février 1860. Il y a dans cet ouvrage grotes-

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