GALL
devenue femme, a mille caprices, désespère Pygmalion par son ingratitude ; elle préfère à son amant mélancolique l'imbécile Ganymède; elle accepte les présents du vieux Midas, dont elle se moque. Elle fait pis encore : elle s'enivre de vin de Chio.
Ah ! verse encore !
Vidons l'amphore!
Qu'un flot divin, De ce vieux vin, Calme la soif qui me dévore!
Le vin Est un trésor divin !
Enfin, après cent tours de sa façon , elle se dispose à fuir avec Ganymède , lorsque Pygmalion, guéri à jamais de sa passion par ce nouvel outrage , demande que Galatée redevienne statue :
0 toi qui donnas la vie et la beauté, Pour la seconde fois que ne peux-tu m'entendre, Vénus ! que ne peux-tu lui rendre Son immobilité !
L'artiste est exaucé, et il vend sans regret la statue à Midas. Ses amis entrent , et Pygmalion leur promet de se consoler en leur compagnie de sa déception. Cette fin est vulgaire et dépare le caractère de l'auteur du chef-d'œuvre.
Oui, mes amis, soyez contents, Dans la coupe aux flots écumants, Je veux noyer une folle chimère, Et j'ai retrouvé mes vingt ans!
A moi, folles maîtresses,
Ephémères tendresses,
Qui ne durent qu'un jour.
M. Jules Barbier aurait dû laisser à M. Scribe cette lapalissade, ces éphémères qui ne durent qu'un jour, comme aussi ne pas imiter de si près la coupe du brindisi de la Reine de Chypre :
Tout n'est dans ce bas monde Qu'un jeu,
dans cette strophe du finale :
Loin des esprits moroses,
Vivons; Et sur des lits de roses,
Buvons.
La pièce de Galatée renferme , comme nous l'avons dit, des choses charmantes et des inégalités regrettables.
La partition de M. Victor Massé a été fort goûtée ; elle renferme des mélodies heureuses, d'un tour élégant, et instrumentées avec esprit. Les couplets de la paresse :
Ah ! qu'il est doux De ne rien faire, Quand tout s'agite autour de nous !
et le brindisi : Ah ! verse encore, ont obtenu le plus grand succès. Les rôles de Pygmalion et de Galatée ont été créés par Mlle Ver-
theimber et Mme Ugalde ; ceux de Midas et de Ganymède, par Sainte-Foy etMoeker. Cet ouvrage estresté au répertoire. La partition en a été réduite pour le piano par M. Vauthrot.
GALENO, opéra italien, musique de C. Pallavicino, représenté à Venise en 1676.
GALEOTTO MANFREDI, drame lyrique en trois actes, musique de Corri (Pierre), représenté au théâtre Valle, à Rome , en 1839.
GALEOTTO MANFREDI , opéra italien , musique de Perelii , représenté à Pavie en
GALEOTTO MANFREDI, opéra italien, musique de Petrella, représenté à Modène en
* GALIANA, opéra sérieux en quatre actes, paroles anonymes, musique de M. Angelo Medori, représenté à Viterbe le s septembre 1887.
GALILEO GALILEI , opéra en cinq actes, livret de E. Pasqué, musique de G. Dahhvitz, représenté à Cobourg en janvier 1877.
GALLEGO , opéra en quatre actes, musique de J.-N.-C. Gœtze, représenté à "Weimar en
* GALLEGUITA DEL VALLE (la), zarzuela, musique de Guillermo Alvarez, représentée à Madrid, sur le théâtre de la Risa, en septembre 1880.
* GALLIA, cantate dramatique pour voix seule, chœur et orchestre, paroles et musique de Charles Gounod, exécutée dans l' Albert- Hall, à Londres, le ier mai 1871, sous la directioa de l'auteur, pour l'inauguration de l'Exposition universelle. Quatre grandes compositions avaient été demandées, en cette occasion, à quatre artistes différents : M. Arthur Sullivan pour l'Angleterre, Gounod pour la France, Ferdinand Hiller pour l'Allemagne, et M. Ciro Pinsuti pour l'Italie. Gounod, qui s'était réfugié en Angleterre aux approches de la guerre franco-allemande, traduisit lui-même, à cet effet, un épisode des Lamentations de Jérémie qui s'appliquait dans son esprit à la situation cruelle de la France à cette époque, et c'est sur ce texte qu'il écrivit sa musique, musique vraiment inspirée, d'un accent douloureux et d'un style plein de noblesse, dont le succès fut très grand en France lorsqu'on l'y put connaître. Voici le titre inscrit par l'auteur sur la partition originale de son œuvre : • Gallia,