‹ Dictionnaire des opérasChapitre 356 sur 928 · GIRALDA OU LA NOUVELLE PSYCHÉ · texte numérisé non relu

GIRALDA OU LA NOUVELLE PSYCHÉ

opéra-comique en trois actes, paroles de Scribe , musique d'Adolphe Adam , représenté à l'Opéra-Comique le 20 juillet 1850. Cet ouvrage est le meilleur, au point de vue musical, du compositeur populaire. Les situations variées et piquantes du livret lui ont offert une occasion excellente de s'abandonner à sa verve ingénieuse et à de jolis détails d'instrumentation. La donnée de la pièce est aussi invraisemblable et aussi peu poétique que celle de la plupart des autres opéras-comiques de Scribe. Les scènes en sont toutefois généralement amusantes. Un roi d'Espagne accompagne la reine dans un pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle, et s'arrête dans la ferme de Ginès , fiancé de Giralda. Celle-ci aime en secret un cavalier qu'elle rencontre sans cesse sur son chemin, mais dont elle n'a pu connaître les traits. Ce cavalier, d'ailleurs nommé don Manoël , est obligé de se cacher pour je ne sais quel délit politique. Il donne au meunier Ginès six cents ducats pour prendre sa place à l'autel, et il

GIRO

GIRO

devient l'époux de Giralda. Apprenant l'arrivée du roi, le nouveau marié prend la fuite. Pendant son absence, mille incidents se succèdent , et la pauvre Giralda se croit tour à tour l'épouse de Ginès, d'un vieux seigneur nommé don Japhet, jusqu'à ce que la reine, ayant accordé la grâce de don Manoël, celui-ci vienne enfin se déclarer le vrai mari de celle qu'il aime. L'ouverture se compose d'un fandango assez joli. On y remarque un passage chromatique d'un bel effet. Au premier acte, on distingue un chœur accompagné de castagnettes, une ariette de Giralda, un duo bouffe et un autre duo charmant : Dans l'église du village, dont la reprise : Ah! l'excellente affaire a beaucoup d'entrain. L'air de basse , chanté par Bussine , est d'une bonne facture. Au second acte , nous signalerons le duo : Dieu d'amour et de mystère, et le finale dans lequel Mlle Miolan exécutait des tours de force d'agilité vocale. Le troisième acte renferme aussi un quintette bouffe : Eh! eh! eh! bien traité, et les couplets de Giralda; Mon mari, mon vrai mari. Mlle Miolan, MUe Meyer, Bussine, Audran, Sainte-Foy et Ricquier ont interprété avec talent cette aimable partition, qui a été réduite pour le piano par M. "Vauthrot.

GIRALDA, livret imité de la pièce française, musique de Cagnoni, représenté à Milan au mois de mai 1852.

GïRELLO (il) [le Toton], Dramma burlesco per musica, opéra italien, paroles et musique de Acciajuoli, représenté à Modène en 1675 et à Venise en 1682.

GIROFLE GIROFLA, opéra-bouffe en trois actes, livret de MM. Vanloo et Leterrier, musique de M. Charles Lecocq , représenté à Bruxelles au théâtre des Fantaisies- Parisiennes le 21 mars 1874, et à Paris au théâtre de la Renaissance le il novembre 1874. Le succès qu'a obtenu cet ouvrage témoigne de la nature des goûts du public et des concessions que font les auteurs pour les satisfaire et en tirer profit. La donnée de la pièce n'est tolérable qu'à cause de son invraisemblance. Cependant il y a des hypothèses qu'il n'est pas louable de traiter devant le public. Dans quelle intention les auteurs ont-ils imprimé sur leur partition que la scène se passe durant les trois actes en Espagne, vers 1250 ? Il me semble qu'il était bien inutile de choisir la glorieuse époque des croisades pour faire parader leurs pitres et leurs queues-rouges.

Don Boléro d'Alcarazas a deux filles ju-

melles, Girofle et Girofla. Il a donné la première en mariage au banquier Marasquin et la seconde à Mourzouk, guerrier maure. Pendant la cérémonie du mariage de Girofle, les pirates surviennent et enlèvent Girofla. Le père l'apprenant et redoutant le courroux de Mourzouk, obtient de gré ou de force que Girofle se substitue à sa sœur, espérant que bientôt Matamoros, l'amiral, poursuivant les pirates, lui ramènera sa seconde fille. La mère, le gendre, Girofla se prêtent à la supercherie, et les situations les plus scabreuses se succèdent jusqu'à ce qu'enfin Matamoros, victorieux des pirates, ramène Girofla. Je ne pense pas que l'art musical ait à progresser par ce contact avec la bouffonnerie à outrance, et il me semble que les compositeurs devraient hésiter à mettre en musique des paroles comme celles-ci :

Polir un tendre père Ayant un enfant, Pouvoir s'en défaire Est un doux moment; Mais quelle infortune.

Quand on en a deux! etc.

Souligner par la diction lyrique l'embarras de cette jeune fille à qui l'on donne deux maris, et qui demande à sa mère si elle devra avoir pour tous deux la même obéissance! Il faut convenir que M. Lecocq a une muse complaisante ; il est vrai que cette muse n'est qu'une musette ; toutefois cette musette n'est pas tendre :

OIROFLÉ

Papa, papa, ça n' peut pas durer comme ça.

Il faut de la prudence, Il y va de mon existence.

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