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GUST

GUZM

et Ton assure que le livret est d'une réelle valeur littéraire. La scène se développe en Allemagne, au cours du xme siècle. Un jeune chevalier, Guntram, sorte de ménestrel, arrive, en voyageant, à la cour d'un souverain farouche, le duc Robert, dont la femme veut se suicider pour échapper aux traitements cruels qu'il lui fait subir. Le duc, dont la jalousie est féroce, veut l'empoisonner, soupçonnant de sa part une intrigue avec la duchesse, mais Guntram le tue et délivre ainsi son infortunée victime. Toutefois, et malgré les marques de reconnaissance qui lui sont témoignées de toutes parts pour son acte de courage, le jeune chevalier se donne la mort, parce que les lois de l'ordre auquel il appartient interdisent le meurtre. Sur ce drame sanglant, le compositeur (qui n'appartient point à la famille des fameux Strauss de Vienne) a écrit une musique puissante, nerveuse et colorée. Mais, wagnérien jusqu'aux moelles, on lui reproche d'exaspérer encore les moyens déjà excessifs employés par son modèle, d'écrire une musique toujours et absolument furieuse, et d'exiger tant des chanteurs et de l'orchestre que l'exécution de son œuvre en devient presque impossible.

GUSTAVE-ADOLPHE, opéra, musique de Vogler, représenté à Stockholm en mars

GUSTAVE III OU LÉ BAL MASQUÉ, opéra en cinq actes, paroles de Scribe, musique de M. Auber, représenté à l'Académie royale de musique le 27 février 1833. L'auteur du livret a imaginé que Gustave III a été assassiné par un mari outragé. C'était traiter un peu sans façon et l'histoire et le public, qui ne pouvait ignorer les circonstances d'un événement arrivé dans la nuit du 15 au 16 mars 1792. Le roi de Suède n'a dû la mort qu'à des conjurés politiques, poussés à cet attentat par la noblesse, dont il venait de détruire un des plus anciens privilèges, celui de décider de la paix ou de la guerre. Le livret, d'ailleurs, ne manque pas d'intérêt. Les décors et les costumes ont été très admirés. Le troisième acte avait été conçu dans le goût des romantiques de 1830. La scène se passe au milieu de gibets, sorte de Montfaucon aux environs de Stockholm. En revanche, rien n'égalait la magnificence du bal au cinquième acte. On a souvent représenté cet acte isolément à la fin d'un spectacle. La musique offre des couplets agréables, et surtout des airs de danse, qui ont eu le plus grand succès. Le galop de Gustave a fait le tour du monde.

GUSTAVE WASA, opéra en langue suédoise, musique de Naumann, représenté à Stockholm vers 1780.

Gustave wasa, opéra allemand en cinq actes, musique de Georges Kastner , représenté à Strasbourg en 1831.

* Gustave wasa, drame lyrique, poème de M. Rost, musique de M. Gotze, représenté à Dusseldorf en janvier 1884.

* GUSTAVE wasa, drame lyrique, musique de Bernard Scholz, représenté à Cassel en novembre 1886.

GUSTAVO, opéra séria en deux actes, musique de Asioli, représenté au théâtre Royal de Turin en 1794.

gustavo io, re Dl SVEZIA, opéra italien, musique de Galuppi, représenté à Venise en 1740.

GUSTAVO, RE DI SVEZIA, opéra italien, musique de Andreozzi, repr. à Madrid en 1791.

GUSTAVO WASA, opéra italien, musique de M. Apolloni, représenté au Théâtre Communale de Trieste en décembre 1872.

GUSTAVO WASA, opéra italien, musique de Marchetti , représenté à la Scala de Milan en février 1875. Chanté par Bolis, Maini et Mme Mariani-Masi.

gutenberg , opéra allemand , paroles de M. O'Prechtler, musique de M. F. Fiichs, représenté à Vienne le 10 décembre 1846. Cette partition a réussi ; les chœurs surtout ont été remarqués; le style du compositeur se rapproche en général de l'école italienne.

GUY mannering, opéra en trois actes, musique do M"e Angélique Bertin, composé vers 1825 et non représenté.

GUY MANNERING, mélodrame anglais, musique de Bishop , représenté à Covent- Garden en 1816. Cet ouvrage a été repris au théâtre d'Oxford-street en 1845.

GUZLA de l'émir (la), opéra-comique en un acte, livret de MM. J. Barbier et Carré, musique de M. Théodore Dubois, représenté au Théâtre-Lyrique (Athénée) le 30 avril 1873. Joué par Mas, Vauthier et MUe Girard.

GUZMAN EL bueno, opéra espagnol en un acte, musique de Breton , représenté au théâtre Apollo de Madrid en décembre 1876.

*GUZMAN IL BUONO, opéra sérieux italien, poème de Domingo Aracri, musique de Bal-

GWEN

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tasar Saldoni, représenté sur le théâtre Royal de Madrid en juillet 1867.

'GWENDOLINE, opéra en trois actes, paroles de M. Catulle Mendès, musique d'Emmanuel Chabrier, représenté au théâtre de la Monnaie de Bruxelles le 10 avril 1886, et à Paris, sur le théâtre de l'Opéra, le 27 décembre 1893. Cet ouvrage offre un exemple des difficultés que rencontrent nos compositeurs pour se produire dans leur propre pays. Avant de recevoir, sur notre grande scène lyrique, l'hospitalité, Gwendoline avait dû, comme on vient de le voir, se réfugier à Bruxelles, pour se faire jouer ensuite en Allemagne, à Carlsruhe d'abord (I889),puis à Munich (1890). Et ce n'est enfin qu'après avoir été représentée à Lyon qu'elle put décidément paraître à l'Opéra. Mais déjà le compositeur, dont la santé avait été altérée par les chagrins, en était à ses derniers jours, et il s'éteignait peu de mois après avoir pu jouir d'un succès si chèrement acheté par tant de déboires.

Le poème de Gwendoline sort volontiers des banalités ordinaires, et l'on sent que les vers, généralement fort jolis, à part quelques excentricités voulues et quelques truculences inutiles, sont écrits par un vrai poète. Le fonds en est dramatique, mais l'écrivain a su y introduire fort habilement d'aimables scènes de grâce et de légèreté. La scène se passe, nous dit le livret, « sur les côtes de la Grande- Bretagne, aux temps barbares » . Gwendoline, enfant de seize ans, douce et rieuse, est la fille du vieil Armel, chef de pêcheries, qui semble comme une sorte de petit souverain de la côte. Toute cette petite population est paisible; les hommes vont partir pour la pêche, les femmes restent, les unes à filer, les autres à s'occuper des soins domestiques. Elles jasent entre elles, et Gwendoline, au milieu de leurs sourires, leur raconte qu'elle a vu dans un songe un Danois l'emporter avec lui sur la mer. Tout à coup une panique se produit, de grands cris se font entendre. Qu'est-ce donc ? Les pêcheurs, prêts à prendre la mer, accourent en foule, le visage plein d'épouvante, poursuivis par les Danois, l'épée nue, se préparant à mettre tout à feu et à sang. Ceux-ci arrivent, avec leur jeune chef Harald. Ils viennent de débarquer et commencent leurs prouesses. Harald ordonne au vieil Armel de lui livrer ses richesses; co dernier refuse fièrement, et le Danois, au comble de la fureur, s'avance sur lui la hacho levée, lorsque Gwendoline se jette au-devant de son père pour lui faire un rempart de son corps. A la vue de la jeune fille, Harald so

trouble et s'apaise. Il chasse tout le monde, et veut rester seul avec elle. Ici, une scèno aimable et toute juvénile. Gwendoline, qui n'a pour toute force que sa jeunesse et S3 grâce, dompte ce monstre farouche et brutal, qui se prend aux premiers feux de l'amour et bientôt se laisse conduire par elle comme un enfant. Elle-même se sent touchée par l'empire qu'elle exerce sur cette nature abrupte, et lorsque Armel revient, Harald le supplie de lui donner sa fille pour épouse. Le vieillard y consent, mais il a son projet. Au milieu des fêtes nuptiales, alors que les Danois, séparés de leurs armes, se livreront à l'ivresse, les Saxons fondront sur eux, les massacreront et i mettront le feu à leur flotte. Ainsi seront-ils à la fois sauvés et vengés.

Le second acte fait précisément assister lespectateur à la cérémonie nuptiale. Armel donne ouvertement sa bénédiction aux jeunes époux, puis, en secret, glisse un poignard dans la main de sa fille en lui disant : « S'il échappe à nos coups, tu frapperas l'époux endormi dans tes bras. » Gwendoline est épouvantée. Restée seule avec Harald, qu'elle aime, elle le supplie de partir, en lui apprenant qu'un grand danger le menace, ainsi que les siens. Celui-ci n'en croit rien et ne veut rien entendre. Il presse sur son cœur la tendre épousée, lorsque de grands cris éclatent au dehors. Ce sont ses compagnons, qui tombent sous les coups des Saxons et qui appellent leur chef. Harald s'élance.... Le théâtre change et nous nous retrouvons au bord de la mer. Les Danois fuient, en pleine déroute, devant leurs ennemis, qui les frappent de leurs propres armes. Harald accourt, essayant de les rallier et de se défendre, mais il est frappé à mort par le vieil Armel et il est expirant lorsque arrive Gwendoline, qui suivait ses pas. Elle jette un grand cri, puis, s'élançant vers Harald, elle se frappe elle-même mortellement et tombe dans les bras de son époux, tandis qu'au loin la flotte embrasée des Danois rougeoie aux yeux.

La partition très inégale de Gwendoline est une œuvre fort intéressante dans ses inégalités. Elle renferme des pages excellentes et, pourquoi ne pas le dire? d'autres qui sont d'une incontestable faiblesse. Elle fait honneur à son auteur en plus d'un point, et ne part d'ailleurs d'aucun principe préconçu, car elle est fort éclectique. Si l'on y sent l'influence de Wagner dans l'instrumentation de l'ouverture, qui est véritablement fracassante, on y rencontre aussi celle do Donizctti et de Bellini dans le grand ensemble du second

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acte, qui est conçu absolument dans la forme des grands finales italiens, et qui n'en fait pas pour cela moins bon effet. Au point de vue général, on sent que le compositeur est un exubérant et un excessif. Il veut faire parler tous les instruments à la fois, et il veut les faire chanter tous, comme il veut mettre du chant à toutes les voix, même à toutes les parties de chœurs; il en résulte que la sonorité non seulement s'exaspère, mais devient confuse, et que le musicien, en voulant tout mettre en dehors, entasse les retards et prodigue les appogiatures d'une façon peu agréable à l'oreille. Sous ce rapport, on peut citer l'ouverture comme un exemple de musique furieuse; l'oreille finit par se perdre dans cette orgie de sonorité.

Cette ouverture mise de côté, le premier acte — le meilleur des trois — est intéressant d'un bout à l'autre, et parfois excellent. Le premier chœur, joliment annoncé et accompagné par les harpes, est très harmonieux. Un autre chœur, dialogué et dit par les femmes, Gwendoline a grand'peur, précède la légende de Gwendoline même : Ils sont rudes.. Cette légende, qui est d'un sentiment rythmique plein de verve et de crànerie, est malheureusement accompagnée par toutes les forces de l'orchestre, ce qui est un contresens d'autant plus cruel que cet accompagnement couvre en partie la voix de la cantatrice. Toute la scène d'entrée des Danois est d'un grand caractère, aussi bien le chant des épées que la longue phrase d'Harald, qui se termine par ces mots trois fois répétés : Dans le soleil, et qui est d'une belle envergure. Puis vient la scène souriante d'Harald et de Gwendoline, où le sauvage est maté par la jeune fille, qui finit par le faire asseoir à son rouet : c'est Hercule filant aux pieds d'Omphale. Elle est charmante, cette scène, pleine de détails aimables et discrets, et il faut signaler particulièrement la belle cantilène d'Harald :

Peut-être l'heure était venue... qui se déroule, large et bien en dehors, jusqu'à une conclusion superbe; aussitôt après, vient une délicieuse phrase de soprano : On prend des églantines blanches, soulignée par les harpes d'une façon exquise. Le prélude du second acte, beaucoup trop long, est une page symphonique inutile. Le meilleur morceau de cet acte est l'épisode de la bénédiction paternelle, grand ensemble vocal à l'italienne, les voix seules planant avec éclat sur un ensemble choral serré et soutenu. Quant à la scène des deux époux, qui devrait être la page capitale et le point culminant de l'œuvre, il faut (bien avouer qu'elle est complètement manquée. Ici, point d'inspiration; du bruit, des cris, et c'est tout. Beaucoup trop développée d'ailleurs et sans que rien vienne réellement réchauffer, cette scène voit fuir l'intérêt de l'auditeur au lieu de l'exciter. A signaler seulement le petit chœur dans la coulisse des compagnons d'Harald, qui vient la partager en deux et qui est ferme et bien rythmé. Le troisième, très court, ne contient rien de saillant. On voit que, ainsi que je l'ai dit, l'œuvre en son ensemble est très inégale. Elle mérite néanmoins grandement l'attention, car, à côté d'épisodes faibles et mal venus, on y trouve des pages charmantes et d'autres superbes. Elle a été remarquablement jouée, à Paris, par M"e Berthet (Gwendoline), MM. Renaud (Harald) etVaguet (Armel).

CYPSY'S WARNING (the) [la Prédiction de la bohémienne] , opéra romantique , musique de Bénédict, représenté à Londres en 1838, puis à Berlin et dans d'autres villes de l'Allemagne.

«gyptis, «légende lyrique» en deux actes, paroles de MM. Boniface et Bodin, musique de M. Noël Desjoyaux, représentée au théâtre des Arts, à Rouen, le 16 décembre 1890, et deux ans plus tard au théâtre de la Monnaie de Bruxelles.

* HABIT DE L'EMPEREUR (l'), opérette, musique de M. Kjerulf, représentée au casino de Copenhague en février 1888.

HABIT DE MYLORD (l') , opéra-comique en un acte, paroles de MM. Thomas Sauvage et de Léris , musique de M. Paul Lagarde , représenté à l'Opéra - Comique le 16 mai

1860. La donnée de la pièce est un quiproquo assez bien intrigué , mais sans situations musicales. A la suite de la bataille de Culloden , le jeune officier James Gordon, poursuivi, s'est réfugié dans une taverne où est aussi accouru un garçon coiffeur à la suite d'une querelle. Là, ils échangent leurs habits, qu'ils avaient quittés pour éviter d'être re-

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