HIS
HIPPODAMIE , tragédie lyrique en cinq actes, paroles de Roy, musique de Campra, représentée à l'Opéra le 6 mars 1708. Cet ouvrage n'eut pas le succès d'Bésione, du même auteur. Le sujet de la pièce ne manquait pas de singularité et le poète avait pris au sérieux l'histoire de la pauvre Hippodamie, dont le père tuait sans pitié tous ceux de ses prétendants qui se laissaient vaincre par lui à la course des chars. Au premier acte, le théâtre représentait une campagne plantée de cyprès et de lauriers, entre lesquels on voyait des urnes d'or où étaient enfermées les cendres des amants d'Hippodamie qui avaient péri en combattant pour l'épouser. A la bizarrerie du sujet, Campra ajouta l'inconvénient de trop multiplier dans sa partition les airs 6e basse. Les rôles principaux du roi d'Elide et de Pélops étaient chantés par Hardouin et Thévenard, deux basses.
Nous signalerons dans l'acte premier l'air de la Corinthienne (Mlle Poussin) : Charmant vainqueur, dissipe nos alarmes, et celui de Pélops : Amants dont nous plaignons le sort; dans l'acte troisième, un petit choeur en rondeau assez joli : L'amour veut sans cesse troubler les mortels; au quatrième, l'air d'Hippodamie (MHe Journet) : Tristes appas, funestes charmes; le choeur des peuples : Chantons le plus grand des vainqueurs, et dans le cinquième, la chaconne finale.
HIPPOLYTE, tragédie d'Euripide, traduite en allemand par le docteur Fritzche , représentée sur le théâtre de Berlin en 1851. La musique de cet ouvrage, qui se compose d'une ouverture, des entr'actes, des chœurs et des récitatifs, a été composée par Adolphe Schutze , premier chef d'orchestre du grand Opéra.
HIPPOLYTE ET ARICIE , tragédie-opéra , avec un prologue, paroles de l'abbé Pellegrin, musique de Rameau , représentée à l'Académie royale de musique le 1er octobre 1733. Le sujet de la pièce est le même que celui de la Phèdre de Racine. Rameau était déjà âgé de cinquante ans , et n'avait pu encore aborder la scène lyrique. Après avoir assisté à une représentation de Jephté, il se décida à s'adresser à l'abbé Pellegrin pour en obtenir un poëme ; mais l'abbé, qui vivait de ses ouvrages, lui déclara qu'il exigeait préalablement un billet de 500 livres comme garantie en cas d'insuccès. Le marché fut conclu, et l'abbé donna le manuscrit à'Hippolyte et Aricie. Quelque temps après, Rameau fit entendre des fragments de sa musique, probablement
le premier acte , chez le fermier général La Popelinière, son protecteur. Au milieu de la répétition, Pellegrin se lève avec transport , court au compositeur, et lui dit : « Monsieur, quand on a fait de la musique de cette beauté, on n'a pas besoin de caution, » et aussitôt il prend le billet et le déchire devant tout le monde. On a fait un joli tableau de cette scène. Sans être aussi remarquable que la partition de Castor et Pollux, celle d'Hippolyte et Aricie renferme de belles parties, des chœurs d'une harmonie originale et saisissante, des airs gracieux, entre autres ce rondeau charmant :
A l'amour rendez les armes,
Donnez-lui tous vos moments;
Chérissez jusqu'à ses larmes.
Les alarmes Ont des charmes,
Tout est doux pour les amants.
La musique n'est pas d'une couleur bien antique, pas plus que les paroles. Le sujet de la tragédie servait de prétexte pour parcourir la carte de Tendre. L'abbé Pellegrin, qui dînait de l'autel et soupait du théâtre, n'y mettait pas tant de façons. Dans les opéras de Lulli et de Quinault, malgré leurs défauts, le caractère du sujet est mieux observé, le récitatif est plus noble , plus passionné, plus vrai. Riccoboni a parodié cet opéra au Théâtre-Italien en 1733, et Favart en a fait une autre parodie en 1742.
HIPPOMÈNE ET atalante, opéra en un acte, paroles de Brunet, musique de Yachon, repr. par l'Académie royale de musique le 8 août ne?. Vachon était un violoniste habile.
HIPPOMÈNE ET ATALANTE, opéra, paroles de Lehoc, musique de Louis Piccinni, représenté à l'Académie impériale de musique le 24 janvier 1810. Cet opéra ne réussit point. Le fils de l'auteur de Bidon n'avait pas hérité du génie de son père.
* hirlanda, opéra-comique, musique de M. Wilhelm Bruch, représenté sur le théâtre municipal de Mayence en mars 1886. L'auteur, chef d'orchestre habile, est le neveu du célèbre compositeur Max Bruch, l'un des artistes les plus remarquables de l'Allemagne contemporaine, mais qui, lui, n'a jamais abordé le théâtre.
HIRTENMAEDCHEN (ni») [la Jeune bergère], opéra-comique allemand, musique de Winter, représenté à Vienne vers 1783.
* HIS majesty, opéra, musique de M. J. Stewart, représenté à San-Francisco (Etats- Unis) en mars 1893.