‹ Dictionnaire des opérasChapitre 410 sur 928 · INNO · texte numérisé non relu

INNO

INSO

titude punie], opéra italien, musique de Albinoni, représenté à Venise en 1698.

INGRATITUDINE CASTIGATA OSSia ALARICO (l') [l'Ingratitude punie ou Alaric], opéra italien, musique de Chiochetti, représenté à Ancône en 1719.

INGRATITUDINE CASTIGATA, opéra italien, musique de Caldara, représenté à Vienne en 1737.

* INGWELDE, opéra en trois actes, paroles de M. le comte Sporck, musique de M. Max Schillings, représenté à l'Opéra grand-ducal deCaiisruhele 13 novembre 1894. Cet ouvrage obtint un succès assez bruyant, et on assure que la partition d'Ingwilde est la meilleure imitation de la manière de Wagner que les jeunes compositeurs allemands aient produite depuis la mort du maître. Le succès initial ne semble pas toutefois s'être soutenu.

inimico delle donne (l'), opéra italien, musique de Baldassaro Galuppi, représenté à Venise en 1772. Un air tiré de cet ouvrage a été publié par M. Gevaert dans les Gloires de l'Italie; c'est l'air d'Agnesina: Son io semplice fanciulla. La mélodie en est intéressante. Je ne parle ici que de la mélodie; car l'accompagnement, comme celui de la plupart des morceaux de ce recueil, a été réalisé sur la basse chiffrée dans une forme appropriée à l'objet de cette publication.

INIMICO GENEROSO (l') [l'Ennemi gêné-, reux], opéra italien, musique de Caldara, représenté à Bologne en 1709.

INIMICO GENEROSO (l') [l'Ennemi généreux], opéra italien, musique de Persiano, représenté à Florence en 1826.

inkle AND YARICO , opéra anglais , musique de Samuel Arnold , représenté à Hay- Market en 1787.

INNOCENCE (l'), acte de ballet ajouté à celui des Grâces (v. ce mot), représenté à l'Académie royale de musique le 7 juillet 1744. Les paroles étaient de Roy, la musique de Mouret.

INNOCENTE AMBIZIONE (v) [l'Ambition innocente], opéra italien , musique de Fioravanti (Valentin), représenté en Italie vers

INNOCENTE PORTUNATO (l') [le Niais heureux], opéra italien, musique de Paisiello, représenté à Venise vers 1772.

INNOCENZA CONOSC1UTA (l') [l'Inno-

cence reconnue], opéra-bouffe, musique de Casella (Pierre), représenté à Naples en 1789.

INNOCENZA DIFESA (i/) [l'Innocence défendue], opéra italien, musique de Chelleri, représenté à Venise en 1721

INNOCENZA GIUSTIFICATA (i/) [l'Inno-

cence justifiée], opéra italien, musique de Vinacesi, représenté au théâtre San-Salvatore, à Venise, en 1699.

INNOCENZA GIUSTIFICATA (l') [l'Innocence justifiée] , opéra italien , musique de Orlandini , représenté à Venise en 1714.

INNOCENZA GIUSTIFICATA (l') [l'Innocence justifiée], opéra italien, musique de Gluck, représenté à Vienne en 1756.

INNOCENZA IN PERIGLIO (i/) [l'Innocence en péril], opéra italien, musique de Conti (Charles), représenté au théâtre Valle, de Rome, en septembre 1827.

INNOCENZA RICONOSCIUTA (l') [l'Innocence reconnue], opéra italien, musique de Righi (François), représenté à Gênes en 1653.

INNOCENZA VENDICATA {l'Innocence vengée), opéra italien, musique de Tozzi, représenté en Italie en 1763.

INNOCENZIA , drame lyrique allemand , musique de Kienlen , représenté à Berlin en

INNOMINATO (l'), opéra séria, livret de Cestari, musique de L. Taccheo, réprésenté au théâtre Garibaldi, à Chioggia, le 23 octobre 1880 ; chanté par Belardi, Borini, M«nes Brini et Nordio.

INO, duodrame, musique de Reichardt, représenté à Berlin en 1779.

"INSAISISSABLE (l'),« comédie symbolique et lyrique » en un acte, paroles de M. Coudrec, musique de M. Frédéric Le Rey, représentée sur le théâtre municipal de Tours, le 28 mars 1896.

INSEL DER VERFÙHRUNG (die) [l'Ile de la séduction] , opéra-comique allemand, musique de Loewe (Frédéric-Auguste-Léopold), représenté à Brunswick le 1er juin 1797.

* INSÉPARABLES (les), opéra-comique en un acte, musique de Reuling, représenté à Vienne en 1832.

* INSOMNIE, opérette en un acte, paroles de MM. Mayrena et Cohen, musique de M. Gas-

IPER

ton Serpette, représentée au casino de Deauville le 17 août 1883.

*iNSULABARATARiA(LA),zarzuelaentrois actes, paroles de Luis Mariano de Larra, musique d'Emilio Arrieta, représentée le 24 décembre 1864 à Madrid, sur le théâtre du Cirque.

insulaires (les) , opéra en deux actes , musique de Conradin Kreutzer, représenté à Stuttgard en 1812.

Intendant (1/) , opéra-comique en un acte, musique de Blangini, représenté au théâtre de la Cour en 1826.

* INTERESSE GABBA TUTTI (L1), Opérabouffe, musique de Gaetano Marinelli, représenté à Florence en 1795.

INTÉRIEUR D'UN MÉNAGE RÉPUBLI- CAIN (1/), opéra-comique en un acte, paroles de Chastenet de Puységur, musique de Fay, représenté à la salle Favart le 4 janvier 1794.

INTRECCI AMOROSI (gli) [les Intrigues amoureuses], opéra italien, musique de Cohen (Henri), représenté à Naples en 1840.

INTRIGO AMOROSO (l') [l'Intrigue amoureuse], opéra italien, musique de Paër, représenté à Venise en 1796.

INTRIGO DEL LETTORE (i/) [l'Embarras du lecteur], opéra italien, musique de J.-S. Mayer, représenté au théâtre San-Mosè, à Venise, en 1797.

INTRIGUE AU CHÂTEAU {h'), Opéra-CO-

mique en trois actes de Gensoul, musique de Catrufo, représenté à Feydeau le 14 juin

INTRIGUE AU sérail (1/), opéra-comique en trois actes , paroles d'Etienne , musique de Nicolo, représenté au théâtre Feydeau le 25 avril 1809.

INTRIGUE AUX FENÊTRES, Opéra-bouffon

en un acte, paroles de Bouilly et Dupaty, musique de Nicolo Isouard, représenté à l'Opéra-Comique le 24 février 1805.

INVISIBLE GIRL (thb) [la Fille invisible], opéra anglais, musique de King, représenté à Londres vers 1790.

INVITATO AD UNA FESTA DI MAS- CHERA (l'Invité au bal masqué), opéra napolitain, musique de Valente, représenté au théâtre Nuovo en 1844.

10, opéra-ballet, musique de Rameau, non représenté, écrit vers 1756.

* IOLANTHE OU LE PAIR ET LA FÉE, opérette féerique, paroles de M. Gilbert, musique deM. Arthur Sullivan, représentée avec grand succès à Londres, au Savoy-Theatre, le 25 novembre 1882. Le sujet est tiré d'une légende bien connue. La fée Iolanthe a eu la faiblesse d'aimer et d'épouser uu simple mortel, ce qui, dans le pays des fées, entraîne précisément une condamnation à mort ; néanmoins, la reine pardonne à la coupable et commue la peine en un exil, à la condition pourtant que celle-ci ne laisse jamais deviner à son époux qu'elle existe encore. Mais de cette union est né un enfant, qui tient à la fois de la nature des esprits et de celle des mortels. La situation se complique lorsque l'époux, qui se croit veuf, veut épouser une jeune fille qu'aime justement son fils. Or, la fée n'avait qu'à se montrer pour le détromper, mais c'est ce qui lui est interdit. Mais c'est ici que paraît l'élément burlesque. La loi qui interdit aux fées tout mariage est modifiée de telle manière qu'elle les oblige au contraire à prendre désormais un époux, et la reine elle-même choisit pour mari un soldat qui mesure six pieds six pouces. Toutes choses s'arrangent enfin, à la satisfaction générale.

Sur ce canevas, M. Sullivan a écrit une musique qui, dit-on, est une des meilleures qui soient sorties de sa plume. Sa partition contient des airs, des chœurs, des motifs de danse du plus heureux effet, voire un finale #avec bande militaire dont l'impression est excellente. On vante la jeunesse, la vivacité, la richesse d'idées répandues dans cette partition, ainsi que la grâce et la légèreté brillante de l'instrumentation. Si l'on joint à tout cela le luxe et la beauté d'une mise en scène splendide, on se fera une idée du très grand succès obtenu par l'œuvre de deux collaborateurs auxquels la sympathie de leurs compatriotes n'a jamais fait défaut.

* IOLANTHE, opéra romantico-lyrique, paroles et musique de M. H. Miihldorfer, repré sente au théâtre municipal de Cologne le 12 avril 1R90.

iole, regina di napoli , opéra italien, musique de Pollarolo, représenté à Venise en 1692.

IPERMESTRA, opéra italien en trois actes, livret de Métastase, musique de Giacomelli (Germinio), représenté au théâtre Farnèet en 1724. Cette tragédie du grand poète lyrique offre des scènes admirables. Notre J/ypermnestre française et nos Ùar.aides n'en

IPER

offrent qu'une pâle contrefaçon. Quoi de plus touchant et de plus terrible à la fois que la scène entre Ipermestra, Danao et Linceo, qui sert de finale au second acte ? Voici les airs disséminés dans cet ouvrage important, qui a séduit pendant une période de plus de trente années les premiers compositeurs de l'Italie : Abbiam penato , è ver; Pensa, che figlia sei ; Ah! non parlar d'amore; Di pena si forte; Solo effetto era d'amore; Ma rendi pur contento; Più temer non posso ormai; Sepietà da voi non trovo; lo non pretendo, o stelle, Pria di lasciar la sponda ; Non hai cor per un' impresa; Se il mio duol, se i mali rniei; Gonfio tu vedi il fiurne ; Mai l'amor mio verace; Or del tuo ben la sorte; Ah! se di te mi privi, duetto ; Va, più non dirmi infida; Tremo per l'idol mio; Vuoi, ch'io lasci, o mio tesoro ; Perdono al crudo acciaro; Ah! non mi dir cosi; le chœur : Aima eccelsa, ascendi in trono ; et le chœur final : Per voi s'avuezzi Amore.

IPERMESTRA, opéra italien, livret de Métastase, musique de Feo (François de) , représenté à Rome vers 1726.

ipermestra, opéra italien, livret de Métastase, musique de Duni, représenté en Italie vers 1734.

IPERMESTRA, opéra italien, livret de Métastase, musique de Gluck, représenté à Venise en 1742.

IPERMESTRA, opéra italien, livret de Métastase, musique de Bertoni, représenté à Venise en 1748.

ipermestra, opéra italien, livret de Métastase, musique de J.-A.-P. Hasse, représenté à Dresde en 1751.

ipermestra, opéra italien, livret de Métastase, musique de Cafaro, représenté à Naples en 1751.

ipermestra, opéra italien, livret de Métastase, musique de Jomelli, représenté à Spolette en 1752.

ipermestra, opéra italien, livret de Métastase, musique de Perez, représenté à Lisbonne en 1754.

ipermestra, opéra italien, livret de Métastase, musique de Galuppi, représenté à Venise en 1761.

ipermestra, opéra italien, livret de Métastase, musique du chevalier Sarti, représenté à Rome en 1766.

ipermestra, opéra italien, livret de Mé-

IPHI

tastase, musique de Majo, représenté à Naples en 1770.

* ipermestra , drame lyrique en trois actes, musique de NicolaPiccinni, représenté à Naples, sur le théâtre San Carlo, en 1772.

IPERMESTRA, opéra italien, livret de Métastase, musique de Naumann, représenté à San-Benedetto de Venise, vers 1773.

IPERMESTRA, opéra italien, livret de Métastase, musique de Martin y Solar, représenté à Rome en 1784.

IPERMESTRA, opéra italien, livret de Métastase, musique de Rispoli, représenté à Milan en 1786.

IPERMESTRA, opéra italien, livret de Métastase, musique de Mercadante, représenté à Saint-Charles de Naples, en 1825.

IPERMESTRA, opéra italien, livret de Métastase, musique de Saldoni, représenté au théâtre de la Croix, le 20 mars 1838.

ipermestra, opéra italien, livret de Métastase, musique de Carnicer, compositeur espagnol , représenté à Saragosse en 1843.

iphigénie , opéra allemand , musique de Aliprandi, représenté à la cour de Bavière en

IPHIGÉNIE EN AULIDE , opéra , musique de C.-H. Graun, représenté à Brunswick vers

IPHIGÉNIE EN AULIDE, tragédie lyrique en trois actes, paroles du bailli du Rollet, musique de Gluck, et l'un de ses principaux chefs-d'œuvre, représenté pour la première fois à l'Opéra le 19 avril 1774.

La tragédie d'Euripide a tenté beaucoup de poètes, d'abord Rotrou en 1640, puis Racine en 1674. Le servum pecus est venu ensuite : Leclerc et Coras en 1675, Duché et Danchet en 1704 , Guimond de la Touche en 1757, enfin Guillard en 1778. Lulli avait compris tout ce qu'un tel sujet renfermait d'inspirations musicales, ainsi que le prouve l'anecdote suivante : « Plusieurs personnes l'accusaient un jour de devoir à Quinault le succès de sa musique, ajoutant qu'il n'avait pas de peine à mettre en musique des vers faibles, mais qu'il éprouverait plus de difficulté si on lui donnait des vers pleins d'énergie. Lulli court à son clavecin, et, comme saisi d'enthousiasme, il chante ces quatre vers de Ylphigénie de Racine :

IPHI

IPHI

Un prêtre environné d'une foule cruelle Portera sur ma fille une main criminelle, Déchirera son sein, et, d'un œil curieux, Dans son cœur palpitant, consultera les dieux.

Racine fils rapporte que les auditeurs se crurent tous présents à cet affreux spectacle , et que »les tons que Lulli ajoutait aux paroles leur firent une impression profonde » . Gluck cherchait depuis plusieurs années à réaliser le plan qu'il avait formé d'une œuvre à la fois dramatique et musicale capable de produire dans l'âme du spectateur une impression forte et unique, à l'aide des moyens dont il se sentait posséder le secret. Le bailli du Rollet, alors à Vienne, arrangea pour lui la tragédie A' Iphigénie, de Racine. Gluck se mit au travail, et les premières répétitions de l'opéra eurent lieu à Vienne. La représentation de ce chef-d'œuvre, à Paris, rencontra une vive opposition que fit cesser la dauphine Marie-Antoinette. Le succès fut immense.

Les scènes étaient interrompues par lès applaudissements. Lulli et Rameau avaient eu de pâles continuateurs, et les idées avaient marché ; le public n'était plus le même qu'au temps où l'on jouait la Pastorale en musique, de Cambert, et l'Europe galante, de Campra. La musique parlante de Gluck, les émotions de son orchestre, ses mélodies toujours €n scène, enfin le génie d'un grand musicien excitèrent un enthousiasme qui ne s'est plus refroidi. Les rôles d'Agamemnon et d'Achille furent remplis par Larrivée et Legros ; ceux de Clytemnestre et d'Iphigénie, par Mlles Duplant et Arnould. La magnifique ouverture d'Iphigénie fait partie du répertoire des concerts du Conservatoire. Le chant d'Agamemnon, au premier acte : Au faite des grandeurs, fit dire à l'abbé Arnaud : « Avec cet air, on fonderait une religion. » L'air : Par un père cruel à la mort condamnée, est resté classique ; la phrase d'Agamemnon : Brillant auteur de la lumière, et surtout le récit : J'entends retentir dans mon sein le cri plaintif de la nature, auquel l'orchestre mêle des accords déchirants , sont des inspirations sublimes. Parmi les morceaux d'ensemble, nous signalerons encore : Chantons, célébrons notre reine, et le quatuor : Puissante déité. Gluck était âgé de soixante ans lorsque cet ouvrage immortel fut entendu pour la première fois.

« Cette musique vraie, pathétique , dont aucune autre jusque-là n'avait donné l'idée , remarque M. Fétis, fit un effet prodigieux sur les habitués de l'Opéra. Le public fran çais y trouvait ce qu'il recherchait alors au théâtre: la vérité dramatique et beaucoup de respect pour les convenances de la scène. •

IPHIGENIE EN AULIDE , grand opéra, musique de Danzi, représenté à Munich en

IPHIGENIE EN TAURIDE , tragédie lyrique en cinq actes et prologue, paroles de Duché et Danchet, musique de Desmarest et Campra , représentée à l'Académie royale de musique le 6 mai 1704. Les Jphigénies de Gluck ont tellement éclipsé leurs devancières, qu'il n'y a aucun intérêt à en rechercher les traces.

IPHIGENIE EN TAURIDE, tragédie lyrique en quatre actes, paroles de Guillard, musique de Gluck, représentée pour la première fois à l'Académie royale de musique le 18 mai 1779. Cette tragédie d'Euripide fait suite à l'Iphigénie en Aulide, du même poète. Oreste, Pylade, Thoas, Iphigénie et les prêtresses de Diane en sont les personnages. Gluck remporta avec cette œuvre une victoire définitive sur ses adversaires , parmi lesquels s'étaient rangés des hommes d'esprit, tels que Marmontel, La Harpe, Ginguené et d'Alembert. La vérité d'expression, la puissante originalité des effets, la magnificence du premier acte, le songe d'Iphigénie, les danses des Scythes, l'hymne à Diane, l'instrumentation tour à tour suave, pathétique, solennelle et fougueuse , ne laissèrent plus d'autre sentiment au public que celui de l'admiration. Gluck avait alors soixante-cinq ans. Un contemporain remarquait qu'il y avait de beaux" morceaux dans cet opéra. Arnaud lui répondit : « Il n'y en a qu'un. — Lequel ? — L'ouvrage entier. » Il est vrai qu'on admirera toujours une foule de créations de premier ordre répandues à pleines mains dans cette partition. Cependant nous indiquerons plus particulièrement l'air de Thoas : De noirs pressentiments mon âme intimidée; le sommeil d'Oreste; l'air de Pylade: Unis dès la plus tendre enfance; ceux d'Iphigénie : 0 malheureuse Iphigénie; Je t'implore et je tremble, l'hymne : Chaste fille de Latone. Le rôlo de la fille d'Agamemnon fut chanté par M"»-' Levasseur. Nous no pouvons omettre ici un mot de Gluck, qui prouve avec quelle profondeur d'étude il s'attachait à exprimer les sentiments de ses personnages. Pendant qu'ûreste chante : Le calme rentre dans mon cœur, l'orchestre continue à poindre l'agitation de ses pensées. Lors de la répétition, les exécutants ne comprirent pas et s'arrêtèrent: Allez toujours, reprit le compositeur, il ment ; il a tut sa mère! Un autre mot de lui est peut-iUre encore plus explicite. Il vantait un jour ud

IPPO

IKAT

chœur de Rameau dans Castor et Pollux:

Que tout gémisse. Un de ses admirateurs, voulant le flatter, lui dit : «Mais, quelle différence de ce chœur avec celui de votre Iphigénie en Aulide! Celui-ci nous transporte dans un temple, l'autre est de la musique d'église. — Et c'est fort bien fait, reprit Gluck ; l'un n'est qu'une cérémonie religieuse, l'autre est un véritable enterrement , le corps est présent. » Il répétait souvent qu'il craignait de paraître trop musicien dans ses opéras.

La reine Marie-Antoinette, le comte d'Artois, les princes, tout ce qu'il y avait alors de grands seigneurs, de beaux esprits et d'hommes de goût firent à cet ouvrage un accueil enthousiaste et saluèrent dans cette œuvre un hommage rendu au génie français, à sa langue, à ses mœurs, à ses traditions même. Quoique Allemand, Gluck appartient à la France bien plus qu'à son pays. Son génie musical dramatique procède de Corneille, de Racine, et il s'est inspiré beaucoup plus qu'on ne le croit généralement des formes du récitatif des opéras français de Lulli, de Campra et de Rameau.

IPHIGÉNIE EN TAURIDE, opéra en quatre actes, paroles de Dubreuil, musique de Piccinni, représenté à l'Académie royale de musique le 23 janvier 1781. Devismes, alors directeur de l'Opéra, voulut profiter de la lutte engagée entre les gluckistes et les piccinnistes pour exciter la curiosité du public, en faisant traiter le même sujet par les deux compositeurs. Il fournit à chacun un livret différent, mais dont le sujet était Iphigénie en Tauride. Piccinni garda sa partition pendant deux ans. Lorsqu'elle fut représentée, on remarqua la scène entre Oreste etPylade, l'air très mélodieux : Oreste , au nom de la ■patrie; le rondeau; Cruel! et tu dis que tu m'aimes! le chœur des prêtresses : Sans murmurer servons les dieux; le récitatif et l'air : O barbare Tkoas! mais , comme nous l'avons dit, le succès de Gluck était écrasant, et toute comparaison d'ailleurs était impossible.

IPOGONDriaco (h') [V Hypocondre], opéra italien, musique de Buini, représenté à Florence en 1718.

IPOCONDRIAGO (i/) [V 'Hypocondre], opéra italien, musique de Naumann , représenté à Dresde vers 1774.

* ippolita (l'), opéra-bouffe, paroles d'An tonio Federico, musique de Nicolo Conti, représenté à Naples, sur le théâtre des Fiorentini, en 1733.

IPPOLITO ED ARICIA [Hippolyte et Aricié), opéra italien , musique de Traetta, représenté, pour le mariage de l'infante de Parme avec le prince des Asturies, à Parme, en 1759, et repris en 1765.

IPPOLITO ED ARICIA (Hippolyte et Aride), opéra italien, musique de J. Holzbauer, représenté à Manheim en 1768.

IPSIBOÉ, opéra en quatre actes, paroles de Moline de Saint-Yon, musique de Kreutzer, représenté à l'Académie royale de musique le 31 mars 1824. Ce fut le dernier ouvrage joué de ce compositeur distingué, qui n'a pas écrit moins de trente-trois opéras en dehors de son œuvre instrumentale, qui est aussi considérable.

IPSICRATEA, opéra italien , musique de Molinari, représenté à Venise en 1660.

IRA D'ACHILLE (l') [la Colère d'Achille], opéra italien, musique de J. Niccolini, représenté à Milan vers 1813.

IRA D'ACHILLE (l') [la Colère d'Achille], opéra italien, musique de Basili, représenté pendant le carnaval, à Venise, en 1817.

IRATO (i/) ou L'EMPORTÉ, opéra-comique en un acte, paroles de Marsollier, musique de Méhul, représenté à l'Opéra-Comique le 17 février 1801. Le livret est broché dans le goût de la comédie italienne, c'est-à-dire qu'il est fortement assaisonné de bouffonneries et de scènes grotesques. En somme, il est aussi amusant que ceux du Tableau parlant et des Rendez-vous bourgeois, mais la musique est bien autrement intéressante.

M. Fétis voit dans l'œuvre de Méhul une tentative maladroite, une présomption non justifiée. Il accuse ce compositeur d'avoir cru faire de la musique vraiment italienne en employant certains procédés de facture. Nous ne partageons pas l'opinion de l'éminent critique. Peut-être certaines personnes ont-elles rangé l'Irato parmi les opéras italiens ; quant à Méhul, il est resté constamment lui-même, il a écrit sur le canevas italien la musique qu'il a cru le plus en rapport avec las situations. Il a accepté le sujet de l'Irato pour plaire au premier consul, qui lui avait exprimé son goût pour les pièces italiennes. Lorsque Corneille a imité Calderon ou Lope de Vega, il n'a pas abandonné pour cela sa manière propre, pas plus que Molière n'a renoncé à ses raisonnements tout français dans les Fourberies de Scapin. Tous les musiciens de génie ne peuvent pas être nés à Na»

Page 1