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ISSÉ

couleur blonde et rose, tout empreint de grâce et parfumé de poésie. Peut-être même l'élégance en était-elle trop complète pour être réellement scénique, et cela lui fit-il tort auprès des spectateurs vulgaires du genre de l'opérette, toujours plus amateurs de drôleries et de gaudrioles que de poésie et de beau langage. L'auteur nous fait voir, dans cette pièce, l'histoire des tendres amours d'Isoline, fille de la reine Amalasonthe, avec Isolin, fils du grand roideTrébizonde, histoire qui, dans ses lignes générales, se réduit à ceci. La fée Titania protégeait les deux enfants et les voulait favoriser, tandis que le méchant nain Obéron, qui lui gardait rancune de lui avoir refusé un page qu'il ambitionnait, songeait au contraire, par colère et par dépit, à entraver leurs désirs. Il n'imagina donc rien de mieux, le soir même des noces, que de transformer Isoline en garçon, ce qui rendait assurément le mariage difficile. Heureusement Titania veillait, et, pour tout arranger, d'Isolin elle fit une fille. Tel est le conte réduit à sa plus simple expression ; mais c'est le milieu poétique, c'est la grâce du langage, c'est la fertilité des incidents qui en faisaient une œuvre tout aimable et parfois séduisante. Sur ce canevas délicatement brodé, M. Messager écrivit une musique qui valait elle-même par la distinction de la forme et l'élégance de l'ensemble, mais à qui l'on eût souhaité sans doute un fonds plus solide et un peu plus de véritable originalité. Telle qu'elle était, cependant, elle cadrait bien avec le sujet et faisait corps avec lui. L'interprétation, d'ailleurs, était excellente, et Isoline était fort bien jouée et chantée par Mlles Nixau, Blanche Thibault et Aussourd, et par M. Morlet.

* ISORA. Dl PROVENZA, opéra sérieux en trois actes, paroles de M. Zanardelli, musique de M. Luigi Mancinelli, représenta au théâtre communal de Bologne, le 2 octobre 1884. Le livret de cet ouvrage, tiré par l'auteur d'une légende provençale que Victor Hugo avait traduite en vers magnifiques dans sa Légende des Siècles, avait été construit d'abord en cinq actes, puis réduit en trois par le musicien lui-même, avec l'aide de M. Corrado Ricci. L'exécution de l'œuvre, confiée à Mmes Ferai, Cortini et Visconti, à MM. Broggi et Signoretti, était superbe et de premier ordre, et le succès du premier soir fut éclatant. Il ne semble pas pourtant s'être soutenu.

ISSÉ, pastorale en trois actes avec prologue, paroles de La Motte, musique de Destouches, représentée à l'Opéra le 17 décembre

1697, et mise en cinq actes le 14 octobre 1708. En lisant les paroles des opéras de Pellegrin Barbier, de Lafonds, de Roy, de La Grange, de Danchet, de Fuselier, de La Motte, de Laserre, et la musique de La Coste, de Marais, de Bouvard, de Bertin, de Colasse, de Destouches, de Monteclair, de Gervais, de Mouret, enfin des successeurs de Lulli, on est surpris de l'accueil fait par la cour de Versailles à d'aussi faibles conceptions littéraires et musicales. Ce qui peut expliquer le goût qu'on avait pour ces représentations, c'est que la pompe du spectacle leur donnait de la grandeur. L'art des machines dès cette époque était poussé assez loin. La mythologie, sous ce rapport , avait des exigences plus variées que notre diablerie et nos apothéoses. Rien n'est devenu plus monotone que le surnaturel dramatique d'à présent. L'abus même des effets de la lumière électrique rivalise déjà avec celui des trucs et d'autres procédas qu'il deviendrait urgent d'abandonner.

Pour donner une idée de ce que pouvait être la mise en scène d'un des opéras de ce temps, prenons par exemple celle d'Issé , pastorale héroïque. Cet opéra fut représenté pour la première fois devant Louis XIV, à Trianon, et avec un certain succès.

Le sujet de la pièce est exprimé dans cevers, que le poète a mis au frontispice de son œuvre :

Ut Phœbus pastor MacarcTda hiserit lssen.

(Melamovyh., lib. IV.) Comment Apollon en berger trompa Issé.

Dans le prologue , le théâtre représente le jardin des Hespérides; les arbres sont chargés de fruits d'or, et l'on découvre dans le fond l'entrée de ce jardin , défendue par un dragon qui vomit incessamment des flammes. lies Hespérides forment la première entrée. Un bruit de guerre interrompt leurs jeux, et l'on découvre Hercule qui approche du monstre, le terrasse et l'immole. Jupiter descend du ciel et félicite Hercule en ces termes : Que ton bras se repose ainsi que mon tonnerre.

Mon fils, termine tes travaux,

Jouis toi-même du repos

Que ta valeur donne à la terre.

Venez, peuples, accourez tous, Jouissez de la paix, célébrez sa victoire,

Les fruits en sont pour vous :

Il n'en veut que la gloire.

Les peuples accourent alors et témoignent leur allégresse en chantant des chœurs. Ce prologue n'a aucun rapport avec la pièce, parce qu'il est une allégorie dont La Mothe expose en ces termes naïfs l'intention. «Le jardin des Hespérides représente l'abondance ; le dragon qui en défend l'entrée y signifie la

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