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MIRE

mirandolina, opéra italien, musique de P. Guglielmi, représenté àNaples en 1773.

MIRANDOLINA. (la), opéra italien, musique de Caruso, représenté pendant le carnaval, à Trieste, en 1776.

MIREILLE, opéra en cinq actes, paroles de M. Michel Carré , musique de M. Charles Gounod, représenté au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1864. Le livret a été tiré du charmant poème Mireïo de M. F- Mistral, déj à trèsadmiré dans le midi de la France avant que M. de Lamartine n'en ait fait l'éloge dans un de ses Entretiens littéraires. Mireille , la jeune et jolie Arlésienne , est fille de maître Ramon. Un riche bouvier de la Camargue, Ourrias, l'a demandée en mariage à son père et a obtenu de lui sa main; mais la jeune fille aime ailleurs. C'est le pauvre vannier Vincent qui possède les trésors de tendresse de cette pure et innocente créature. Elle résiste aux menaces, aux imprécations de son père. Son amour est plus fort que la mort. Les deux rivaux se rencontrent au val d'Enfer; Ourrias frappe "Vincent de son bâton ferré et le laisse mourant sur la place ; mais la vieille sorcière Taven le rappelle à la vie. Le meurtrier, en proie à ses remords, erre sur les bords du Rhône ; son imagination est frappée par des apparitions funèbres ; les noyés, des jeunes filles trompées par l'amour défilent en procession devant ses yeux. Il appelle le passeur, monte dans son bateau ; mais sa présence porte malheur. La barque chavire et le bouvier disparaît dans les flots. Mireille ignore ce qu'est devenu Vincent. On fait la moisson. Vincenette, jeune sœur de Vincent, lui apprend ce qui est arrivé à son frère et sa guérison. Mireille et son amant s'étaient donné rendez-vous au pèlerinage des Saintes-Mariés, dans le cas où un malheur viendrait à l'un d'eux. Elle part, traverse la plaine aride de la Crau sous un soleil brûlant. Là se trouve l'épisode charmant d'un petit chevrier blotti sous les bruyères pour se dérober à la chaleur du jour. Mireille arrive aux Saintes , mais en proie à une fièvre violente, et elle meurt de fatigue et d'amour dans les bras de Vincent et de son père au désespoir. La partition de Mireille nous semble la plus remarquable et la mieux inspirée de celles que M. Gounod ait produites au théâtre. La partie descriptive, qui occupe une grande place dans l'ouvrage, est peutêtre mieux traitée que l'action dramatique. Le chœur d'ouverture : Chantez , chantez , magnanarelles, au premier acte ; le chœur de

la farandole , la chanson du magali , la déclamation dogmatique de Ramon au second acte; le tableau fantastique du Rhône au troisième ; le chœur de la moisson, la chanson pastorale du petit Andreloun : Le jour se lève et fait pâlir la sombre nuit , l'air de Mireille : Heureux petit berger, au quatrième acte, tels sont les morceaux dans lesquels le compositeur a su le mieux allier à un goût littéraire très- vif une science musicale flexible et expérimentée. Ce sont là des tableaux et des études du plus haut intérêt. Quant au côté dramatique de l'œuvre , il offre aussi des beautés incontestables. Dans la scène de l'entrée de Mireille au premier acte, cette phrase : Oh! c'Vincent! comme il sait gentiment tout dire, peint la situation avec vérité et délicatesse. Le grand air de Mireille : Mon cœur ne peut changer, souviens-toi que je t'aime, est un des plus beaux airs du répertoire moderne. Nous signalerons encore le finale du second acte, dans lequel se détache cette pbrase inspirée : Ah! c'en est fait, je désespère. Mme Miolan-Carvalho a interprété avec un grand talent cette remarquable partition. Les autres rôles ont été créés par Ismaël, Petit , Morini , Mme Faure - Lefebvre et Mlle Reboux. Cet ouvrage a été repris en trois actes, le 15 décembre 1864, avec des changements qui avaient pour objet de raccourcir un peu la représentation. Il faut espérer que l'adoption d'une forme définitive aidera à le maintenir au répertoire. Il y aurait aussi quelques modifications à introduire dans le cinquième acte. M. Gounod est un homme de goût. Il en a manqué une fois en sa vie en choisissant, pour être joué sur l'orgue de l'église des Saintes-Mariés, le chant de la prose : Lauda Sion salvatorem. Ce chefd'œuvre de la liturgie ne doit être entendu qu'à l'église. Entonné par les choristes du Théâtre-Lyrique, il affecte péniblement le cœur et l'oreille des auditeurs catholiques. Le christianisme n'est pas devenu une mythologie où l'on a le droit de prendre ce qu'on veut pour produire un effet dramatique. Tous les compositeurs, sans exception, qui ont eu à traiter des scènes religieuses, se sont bien gardés de dérober à la liturgie des chants consacrés par le culte public. Meyerbeer dans Robert le Diable, Halévy dans la Juive, Herold dans Zampa, Verdi lui-même dans II Trovatore, se sont donné la peine d'écrire uno musique spéciale pour exprimer l'effet dont ils avaient besoin. M. Gounod aurait dn imiter en cela leur réserve et puiser, comme ils l'ont fait, dans sa propre inspiration les

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