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* argonautes (lks). poème lyrique en quatre parties, paroles et musique de Mlle Augusta Holmes, exécuté aux Concerts populaires le 24 avril 1881. Cette œuvre remarquable, qui a classé Mlle Holmes au premier rang de nos compositeurs, est un véritable drame lyrique, que l'auteur avait présenté en 1880 au grand concours de composition musicale de la ville, de Paris, où il avait une mention honorable, après avoir vivement disputé le prix à la Tempête (Voy. ce mot) de M. Alphonse Duvernoy. Le jugement du concours avait été en effet très laborieux ; les deux partitions de la Tempête et des Argonautes étaient restées seules en présence, après élimination successive de toutes les autres. Certains membres du jury auraient désiré qu'on partageât le prix entre les deux œuvres ; d'autres s'y étant résolument opposés, il fallut procéder au vote, qui donna 11 voix à la Tempête contre 9 aux Argonautes. Le prix était donc décerné à la première, et l'on accorda alors à la seconde une mention fort honorable. A ce propos, le rapporteur du concours (c'était Emile Perrin, directeur de la Comédie-Française) s'exprimait en ces termes au sujet de la partition des Argonautes : « Il serait bien à désirer qu'elle pût être exécutée en public après que l'audition solennelle de la Tempête aurait eu lieu. Le jury pense que ce serait un argument de plus en faveur du concours. Mlle Holmes écrit elle-même ses poèmes avant d'en composer la musique. Sous cette double forme, elle poursuit un idéal également élevé. Il faut lui tenir compte de cette tendance, et, si l'œuvre est inégale, elle contient de réelles beautés. L'ampleur devient parfois de l'emphase ; l'horreur du banal amène l'excessive recherche et souvent le manque de clarté ; mais il y a des pages d'un coloris superbe, d'autres d'une grâce exquise. Ce qui est bien dans cette œuvre est de qualité supérieure, et l'effet en serait très grand sur le public. »

Mile Holmes est un vrai poète, en même temps qu'une musicienne remarquable. Son vers a de l'ampleur, du nombre et de la solidité, et il exprime les sentiments avec une forme très noble, qui devient très pathétique lorsque la situation l'exige. Comme compositeur, elle professe une profonde admiration pour les théories et les procédés de Richard Wagner. Mais, si ces théories l'entraînent parfois trop loin, il lui arrive de s'en dégager tout naturellement par ce fait que l'inspiration étant chez elle riche et abondante, elle se laisse entraîner par elle et parle alors plus

volontiers au cœur qu'à l'imagination. Le jet mélodique, en effet, est chez elle spontané et plein de franchise, la phrase musicale est presque toujours large et pure, et les inégalités qu'on peut relever dans son œuvre tiennent précisément à l'emploi de certains procédés qui font tort à la franchise naturelle de ses accents.

Beaucoup de pages seraient à citer dans cette œuvre si sincère et si intéressante, dont chacune des quatre parties porte un titre particulier : 1. Jason ; 2. Le Voyage; 3. Médée ; 4. Les Argonautes. Pour la première, le beau chœur des matelots : Eïa-o! rompez les cordages, et la jolie cantilène dite par la jeune fille : Entendez-vous ces voix profondes ? Pour la seconde, la scène curieuse et voluptueuse des sirènes, les exhortations de Jason à ses compagnons, et le chœur des Argonautes découvrant les rives de la Colchide : Oui, voici la rive promise... La troisième partie est peutêtre la plus riche et la plus substantielle, avec la danse magique, d'un effet si pittoresque et si coloré, le chœur des compagnes de Médée : Mêlez l'ambre à l'eau, et le superbe duo passionné de Jason et de Médée, qu'accompagne d'une façon si heureuse le délicieux chœur des femmes : Effeuillez des roses. Enfin, dans la dernière partie, il faut signaler encore le beau chœur d'introduction, la scène où Médée abandonnée se traîne aux genoux de son amant et celle où Jason réclame la Toison d'or. En vérité, l'ensemble forme une belle œuvre, d'un grand style et d'une haute portée artistique. Elle avaitpour interprètes Mlle Renée Richard (Médée), Mme Panchioni (la Sirène), Mme Rose Caron (la jeune fille), toute jeune alors et à ses débuts, et M. Laurent (Jason).

ARIANA, opéra italien, musique de Ferrari (Benoît), représenté à San-Mosè, de "Venise, en 1640.

ARIANA, opéra italien , musique de Feo (François de), représenté à Rome en 1728.

ARIANA, opéra, musique de Hasndel, représenté à Londres en 1733.

ARIANA, opéra italien, musique de Adolfati, représenté à Gênes en 1750.

ARIANA, grand opéra, musique de Winter, représenté à Vienne vers 1796.

ARIANA ABBANDONATA, opéra italien, musique de Boniventi, repr. à Venise en 1719.

ARIANA E BACCO, opéra italien, musique de Tarchi, représenté à Turin en 1785.

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ARIANA E TESEO, musique de Cafaro, représenté à Naples, au théâtre San-Carlo, en

ARIANA E TESEO, opéra, musique do Fischietti, représenté à Dresde en 1769.

ARIANA E TESEO, opéra italien, musique de Benvenuti, représenté à Pise en 1810.

ARIANE, opéra en cinq actes, paroles de l'abbé Perrin, musique de Cambert, représenté à Nantes en 1687, après l'avoir été à Londres, où le compositeur s'était retiré.

ARIANE, opéra allemand, musique de Conradi (Jean-Georges), représenté à Hambourg en 1691.

ARIANE, opéra-ballet, musique de Batistin (Struck), représenté à Versailles vers

ARIANE , opéra allemand , musique de Keiser, représenté à Hambourg en 1782.

ARIANE, scène lyrique, musique de Rochefort (Jean-Baptiste), représentée à l'Opéra vers 1785.

* ARIAN3, poème lyrique pour voix seule, orchestre et chœurs, musique de M. Léon de Meaupou, exécuté aux concerts du Châtelet le 30 janvier 1876.

ARIANE À NAXOS, drame lyrique de Rinuccini, composé pour les noces de François de Gonzague, prince de Mantoue, et de l'infante Marguerite de Savoie, et représenté à la cour de Mantoue en 1607. Ce poème parut supérieur aux premières compositions de l'auteur, et fut mis en musique par Claude Monteverde, qui suivit merveilleusement les intentions et les inspirations du poète. Rinuccini porta son Ariane à Venise, et l'on croit que c'est le premier opéra sérieux qui y ait été représenté. Ce drame lyrique passa longtemps pour le vrai modèle du genre ; encore un siècle après, le monologue d'Ariane abandonnée était cité comme un chef-d'œuvre. Écrit dans le registre du mezzo-soprano, II pianto d'Ariane est une mélodie extraordinaire, eu égard à l'époque à laquelle elle a été composée. Cette scène a été conçue avec beaucoup de sentiment, de naturel et d'abandon ; la chute des vers, la coupe des phrases, le retour des mêmes expressions de tendresse, étaient propres à faire naître les formes symétriques et régulières du chant, en même temps qu'ils peignaient le désordre et l'agitation de l'âme d'Ariane. D'après son caractère , ce passage semble

modelé sur les scènes pathétiques des tragiques anciens, et surtout d'Euripide. Il paraît à son tour avoir servi de modèle à ces monologues passionnés qui ont fourni depuis de si beaux sujets au génie de la musique théâtrale; et l'éloquent Métastase s'en est souvenu dans un air célèbre. Les inspirations mélodiques et harmoniques de Monteverde ont été si heureuses dans II pianto d'Ariane, qu'elles lui ont fait attribuer certainement la découverte de divers faits musicaux, tels que l'emploi de la dissonance naturelle, qui remontent bien plus haut, puisqu'on en trouve déjà des traces dans les essais élémentaires d'harmonie au xme siècle.

ARIANE À NAXOS, duodrame, musique de George Benda , représenté à Gotha vers 1769, et à Leipzig en 1778, puis traduit en prose française par Dubois et joué à la Comédie-Italienne le 20 juillet 1781.

ARIANE À NAXOS , opéra en deux actes, musique de Mme Paradies, représenté à Vienne en 1791. Mme Paradies, aveugle depuis l'âge de cinq ans, avait reçu des leçons de composition musicale de Salieri. Ses talents et sa rare intelligence lui valurent une grande réputation.

ARIANE À NAXOS, œuvre dramatique, paroles de Th. Krebs, musique de Max Selfriz, représenté à Lœwensberg dans le mois de décembre 1861 , avec le concours de Mm» Babnigg pour le rôle d'Ariane et de von Osten pour celui de Thésée.

ARIANE DANS L ÎLE DE NAXOS, opéra en un acte, paroles de Moline, musique d'Edelmann, représenté par l'Académie de musique le 24 septembre 1782. La célèbre cantatrice Mme Saint-Huberti interpréta avec beaucoup de succès le rôle d'Ariane.

ARIANE ET BACCHUS , opéra en cinq actes, paroles de Saint-Jean, musique de Marais, représenté à l'Académie royale de musique le 8 mars 1696. Au milieu des représentations de cet opéra, l'acteur qui jouait le rôle de Bacchus étant tombé malade, on prit pour le remplacer un de ces chanteurs subalternes accoutumés à être siffles quand ils veulent sortir de la modeste sphère où leur talent les a placés. Ce dieu postiche parut et fut sifflé effectivement. Mais la couronne de pampres dont son front était orné lui donna de l'assurance, et, sans se déconcerter, il dit dédaigneusement au parterre: «Je ne vous conçois pas ; pensez-vous que pour six cents livres au'on me paye par année, j'irais vous

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