PONT
caprice, et cet adultère avant la lettre est divulgué aux yeux de tous. Le vice-roi seul n'y voit goutte , mais cependant persiste à vouloir découvrir celle qui a osé visiter dans sa prison l'homme qui allait être pendu le lendemain. Fioretta prend alors le caprice pour son compte :
PICCOI.O
O bonheur! c'était toi!
FIORETTA
Silence !
Si j'ai fait ce mensonge au roi, C'est pour sauver votre existence, Mais, monsieur, ce n'était pas moi.
Et le vice-roi épouse la duchesse, et Piccolo épouse Fioretta.
Que ces choses-là soient rimées dans un conte, cela s'est vu depuis Boccace jusqu'à Voltaire, en passant par La Fontaine ; mais jamais on ne les traduisait sur la scène et encore moins les aurait-on mises en musique. Cette mauvaise pièce a été traitée par le compositeur avec autant de soin consciencieux et d'effort que si elle eût été bonne. La partition est même plus forte d'harmonie que les précédentes du même auteur. On a remarqué le chœur d'introduction; les couplets de la bouquetière: Voyez mes beaux bouquets ; le joli ensemble: Sans connaître la sentence ; le quatuor bouffe ; le duo: En amour, je suis très-novice, et le chœur comique de l'arrestation : Il a le pompon, qui est d'une gaieté ranche. Mais quelle nécessité d'introduire dans cette farce une intention aussi irréligieuse que celle du cantique de la Rédemption des âmes? de tourner en ridicule une bonne œuvre par ce refrain que j'abrège :
Quoi de plus doux sur cette terre, De plus beau, de plus généreux.
Quand on n'a rien de mieux à faire, Que de sauver des malheureux.
Servez des glaces, garçon,
Vanille, pistache, citron.
Le compositeur a dû, pour exprimer le sujet, parodier les formes de la musique sacrée et y mêler le ricanement musical; belle besogne, ma foi! Dans le second acte, on remarque un chœur bien écrit pour l'entrée de Fioretta, le quintette du tribunal, le quatuor et un brindisi. On ne peut rappeler dans le dernier acte, qui d'ailleurs est fort court, qu'une phrase du duettino : Une telle calomnie, et une jolie barcarolle un peu imitée du style d'Auber. Distribution : Piccolo, M<ne Matz-Ferrare; le vice roi. Millier; Barabino, Luco; Castonni, Didier; Fioretta, M«">e Caillot; Ortensia, Mme Toudouze; Béatrice, M^e Paurelle.
* pomposaner (der), opéra, paroles et musique de M. Leythâuser, représenté sur le théâtre municipal de Nuremberg en avril 1885.
PONCE DE LEON, opéra-bouffon en trois actes, paroles et musique de Berton , représenté à l'Opéra-Comique (salle Favart) le 15 mars 1797. Cet ouvrage, qui n'est pas sans mérite, précéda immédiatement les deux œuvres capitales du compositeur, Montano et Stéphanie et le Délire.
PONT d'avignon (le), opérette en trois actes, livret de M. A. Liorat, musique de M. Ch. Grisart, représentée aux Bouffes-Parisiens le 3 septembre 1878. La pieuse légende, à la fois poétique et touchante de saint Benezet et des frères pontifes a été transformée en une suite d'épisodes grivois, d'un mauvais goût déplorable, à laquelle le musicien a eu le tort d'associer sa muse. On a remarqué un duo au premier acte, les couplets du pont d'Avignon et une parodie du septuor des Buguenots. Chantée par MM. Daubray, Jolly ; Mlles Lody, Luce et Marie Albert.
PONT DE LODi (le), opéra en un acte de Delrieu, musique de Méhul , représenté à l'Opéra-Comique le 15 décembre 1797.
PONT des soupirs (le), opéra-bouffe en deux actes, paroles de MM. Crémieux et L. Halévy, musique de J. Offenbach, représenté au théâtre des Bouffes- Parisiens le 23 mars 1861 II suffit de dire que les scènes les plus désopilantes répondent à ce titre lugubre. Cornaro-Cornarini , Fabiano Malatromba, Tacova, Amoroso et Catarina en sont les personnages. Plusieurs des motifs sont devenus populaires. Nous citerons la jolie romance: Ah! qu'il était doux mon beau rêve, le chœur : Dans Venise la belle, et les couplets : Je suis la gondolière. Le Carnaval de Venise sert de finale à cette pièce, en se transformant toutefois en bacchanale un peu trop échevelée.
* ponte DO diabo (a), opérette en trois actes, musique de M. Freitas Gazul, repré. sentée à Lisbonne, sur le théâtre de la Trinité.
* pont du diable (lk), opéra-comique en trois actes, paroles do MM. R. Gcnée et J. Ricgcn, musique de M. Tomaschek, représenté à Pilsen lo 5 décembre 1891.
pontons de cadix (i.i;s), opéra-comique en un acte, paroles do Paul Duport et Ancelot, musique d'Eugène Prévost, représenté