‹ Dictionnaire des opérasChapitre 642 sur 928 · POST · texte numérisé non relu

POST

rore, qui s'en défend, il fait tomber, en la poursuivant, un écrin qui s'ouvre et laisse voir un portrait charmant. Tandis qu'ils considèrent ce portrait, Tiberge arrive, qui est surpris de la découverte. « Oh ! le sournois ! » s'écrie-t-il. Puis une idée lui vient. Il calme nos amoureux, leur dit de ne pas perdre tout espoir, et emmène Aurore. Il a son projet.

La nuit est venue. Des Grieux est seul, absorbé dans la contemplation de son cher portrait. Soudain paraît auprès de la fenêtre, éclairée par un rayon de lune, la jeune Aurore, dans le costume de Manon à son arrivée à Paris, lors de sa première rencontre avec Des Grieux. Le chevalier se retourne : frappé et comme épouvanté de la ressemblance, il s'écrie : « Mais je délire ! Manon ! c'est toi !...» Aurore chante, il l'écoute religieusement, en proie à une indicible émotion, et ne sait ce qu'il doit penser. Tiberge, qui épie le moment, se présente bientôt. Des Grieux lui demande le secret de cette étonnante ressemblance, et Tiberge lui apprend qu'Aurore est la nièce de Manon, la. fille de Lescaut, qu'il a recueillie et élevée. Le chevalier alors consent à tout, et Aurore deviendra, avec son aveu, vicomtesse de Morcerf.

Ce petit acte ingénieux est traité avec délicatesse. Il n'y avait que M. Massenet, que l'auteur de Manon pour en écrire la musique; et elle est charmante, cette musique, pleine de grâce et de poésie, avec des ressouvenirs heureux et fréquents de l'œuvre dont celle-ci n'est qu'une sorte de continuation et qui viennent, de la façon la plus piquante, en souligner et en éclairer certaines situations. On retrouve en effet, au courant de cette mignonne partition, l'écho furtif de certaines pages exquises de son aînée. Ici, c'est un rappel de la jolie scène de la première rencontre ; là, un retour fugitif du délicieux duo de la table ; ailleurs, c'est autre chose encore, et l'oreille, familière avec ces motifs, éprouve un singulier plaisir à les ressaisir un instant pour les voir s'envoler aussitôt et se fondre dans une idée nouvelle. Car il n'y a pas que des souvenirs dans cette aimable et délicate partition du Portrait de Manon, et l'on y trouve des pages savoureuses dont les unes, comme l'air de Des Grieux : Voilà ton image chérie, sont empreintes d'une mélancolie pénétrante, dont d'autres sont pleines de franchise et de gaieté, comme la première partie de son duo avec Tiberge, dont d'autres «ncore sont d'une inspiration exquise et d'une grâce achevée, comme le duo des amou- Teux et la jolie chanson d'Aurore : Au jardin,

Colin s'en vint au matin. Tout cela dans les proportions voulues, dans la mesure qui convient, avec un orchestre qui rehausse encore, par ses dessins piquants, délicats et variés, la valeur des idées exprimées. Le Portrait de Manon était fort bien joué par MM. Fugère (Des Grieux), Grivot (Tiberge), Miles Laisné (Aurore) et Elven (le vicomte).

portrait DE séraphine (le), saynète musicale de M. Simiot , représenté aux Folies-Nouvelles en septembre 1857.

PORTRAIT ET LE BUSTE (le), Opéra-COmique danois en trois actes, musique de Berggreen , représenté à Copenhague en

PORTRAITS (les), opéra-comique en deux actes, paroles de d'Avrigny, musique de Parenti, représenté à l'Opéra-Comique le 19 novembre 1790.

PORTUGAIS À GOA (les) , opéra sérieux, musique de Bénédict, représenté à Stuttgard en 1831.

PORUS, opéra, musique de Cousser, représenté à Hambourg en 1694.

'POSADA (LA) OU LE SOUPER DU ROI, opéra-comique en un acte, musique de M. Eugène Hutoy, représenté sur le théâtre Royal de Liège le 24 février 1874.

POSTE DE L'AMOUR (la) , opéra russe, musique de Cavos, représenté à Saint-Pétersbourg en 1804.

POSTIGLIONE DI LON JUMEAU (il), opéra italien, livret imité de l'opéra-comique français, musique de Speranza, représenté à Turin en 1842, et à Lucques quelques mois après.

POSTIGLIONE DI LON JUMEAU (il) , Opéracomique italien, livret traduit de la pièce française, musique de Coppola (Pierre-Antoine), représenté vers 1850

" POSTILLON D'AMOUR (LE) , Opérette,

musique de E. Maschek, représentée à Heilbronn en avril 1866.

* POSTILLON de la RIOJA (el), zarzuela. en deux actes, musique de Cristobal Oudrid, représentée à Madrid le 7 juin 1S56.

POSTILLON DE LONJUMEAU (le), Opéracomique en trois actes, paroles de MM. Adolphe de Leuven et Brunswick, musique de Adolphe Adam, représenté pour la première fois à l'Opéra-Comique le 13 octobre IS36.

POUP

POUP

Le livret est d'une gaieté et d'une invraisemblance fort plaisantes et est dans le goût des canevas italiens joués sous le nom d'opéras-comiques au théâtre de la Foire. La musique est bien commune, mais franche et du meilleur style d'Adam, L'air chanté par Henri : Combattons, chantons, est une amusante parodie des chœurs d'opéra. Les couplets chantés par Chollet : Oh! qu'il est beau, le postillon de Lonjumeau ! et le motif : Mon petit mari ont eu une fatigante popularité. Quant au trio : Pendu! pendu! on ne peut nier qu'il ne soit fort comique. Le Postillon de Longjumeau a obtenu un grand succès et a valu au compositeur les honneurs du suffrage universel.

POSTILLON DE SAINT- VALERY , opéra en deux actes, paroles de Commerson et Salvador, musique de Pilati , représenté sur le théâtre de la Porte-Saint-Martin au mois de mars 1849, On a remarqué de jolis couplets et un duo qui commence ainsi : Profitons de sa jalousie. Les principaux interprètes de cet ouvrage ont été Mme Petit-Brière et Junca. La représentation d'un opéra à la Porte- Saint-Martin , en 1849 , était un essai de décentralisation musicale. On a depuis fait beaucoup de chemin dans cette voie.

POSTILLON EN GAGE (le), opérette en un acte, paroles de M. Jules Adenis, musique de M. Offenbach , représentée aux Folies- Nouvelles le 9 février 1856.

* POTOSI SUBMARINO (el), zarzuela en trois actes, paroles de Garcia Santistéban, musique d'Emilio Arrieta, représentée le 29 décembre 1870 à Madrid, sur le théâtre du Cirque.

* POU DE LA VERITAD (lo), zarzuela, musique de M. François Manent, représentée au théâtre du Cirque, de Barcelone, vers

POULARDE DE CAUX (la), opérette en un acte, paroles de MM. de Leuven et Prilleux, musique de MM. Gevaert, Clapisson, E. Gautier, F. Poise, A. Bazille et S. Mangeant; représentée au Palais-Royal le n mai 1861.

* POUPEE (Là), opéra-comique en quatre actes et cinq tableaux, paroles do M. Maurice Ordonncau, musique de M. Edmond Audran, représenté au théâtre de la Gaîté en •octobre 1896. L'idée mise en œuvre par lo librettiste est celle qui a été déjà si souvent mise à la scène, notamment dans la Poupée de Nuremberg, les Pantins de Violette, les

Contes d'Hoffmann, le ballet français de Coppélia, le ballet allemand de Puppenfee, etc.; mais l'auteur a su la rajeunir et la présenter sous des dehors aimables et piquants. La musique, si ellen"ajoute rien à la grâce de l'action, ne lui nuit en aucune façon, et si elle manque un peu de nerf et de nouveauté, elle se laisse entendre sans déplaisir. Monté avec un grand luxe de mise en scène, l'ouvrage a obtenu du succès, fort bien joué qu'il était d'ailleurs par MM. P. Fugère, L. Noël, Dacheux, Paul Bert, et Mmes Sully, Raimbault, Brandon et Largmi.

POUPÉE DE NUREMBERG (la) , opéracomique en un acte, paroles de MM. de Leuven et Arthur de Beauplan , musique d'Adolphe Adam, représenté à l'Opéra- National le 21 février 1852. C'est une folie de carnaval. Cornélius est un fabricant de jouets d'enfants. Il a construit une poupée dont le mécanisme est si parfait, qu'il s'imagine avoir créé une vraie femme, que quelques paroles magiques suffiront à animer. Il la donne d'avance en mariage à son fils Donathan. Pendant son absence, deux amoureux s'introduisent chez lui. C'est son neveu Miller et une fleuriste nommée Bertha. Celle-ci s'affuble des vêtements de la poupée, Miller contrefait le diable, et le pauvre Cornélius, berné, battu, humilié, restitue à son neveu le patrimoine dont il l'avait dépouillé, après avoir mis en pièces la fiancée de son fils Donathan. La musique est accorte et troussée avec esprit. Le compositeur était malade et gardait le lit lorsqu'il écrivit cette bouffonnerie. Elle ne lui coûta que six jours de travail. L'ouverture se compose d'un andante élégant et d'une valse dont le motif est répété en duo dans la pièce, et a obtenu du succès. La scène de l'évocation, un trio pour voix d'hommes et un joli solo de violon, sont les morceaux les mieux traités de cette partition. Ce genre de pièce convenait parfaitement au talent ingé nieux et peu élevé d'Adolphe Adam. La Poupée de Nuremberg a eu pour interprètes Meillet , Grignon père , Menjaud fils et M'ie Rouvroy.

* POUPÉE DE NUREMBERG (L»), opéra-

comique, musique do George Linley, représenta ù Londres, sur le théâtre de Covent- Garden, en 1861.

* POUPÉES DE L'INFANTE (LES), 0[n Trlte

en trois actes, paroles do MM. Henri Bocage et Armand Liornt, musique de M. Charles Grisart, représentée aux Folies-Dramatiques

POUV

PRÉ

le 9 avril 1881. Les auteurs avaient adapté i> la scène une élégante nouvelle publiée jadis par Roger de Beauvoir sous le simple titre de l'Infante, mais ils n'avaient pas su lui donner l'intérêt et le mordant nécessaires. L'ouvrage était joué par MM. Luco, Maugé, Anibroise, Bartel, Gothi, Sujol, Speck, Montaubry, Jeault, Mmes Frandin, Simon-Girard, Noémie Vernon, Clary et Adèle Cuinet. Mlle Elisa Frandin, qui remplissait le principal rôle féminin, était une jeune artiste qui, après avoir remporté au Conservatoire un premier prix d'opéra, avait passé par l'Opéra-Comique, où l'on n'avait pas su employer ses remarquables facultés, et s'était vue réduite à chercher l'hospitalité d'un théâtre d'opérette. Mieux inspirée, elle se mit bientôt à étudier le chant italien et se rendit en Italie, où depuis plus de quinze ans elle a conquis une immense renommée de cantatrice et de comédienne, en jouant surtout des ouvrages du répertoire français tels que Carmen, Mignon, Fra Diavolo, où elle obtient de véritables et éclatants triomphes.

POURCEAUGNAC, iragment tiré de l'opéraballet ayant pour titre : le Carnaval, paroles de Molière, Benserade et Quinault , musique de Lulli. Cet acte fut joué à part et sous ce titre en 1716.

POURCEAUGNAC , opéra en trois actes, musique de Mengozzi, représenté à Montansier en 1793.

POUVOIR DE L'AMOUR (le), opéra-ballet en trois actes et prologue, paroles de Lefebvre de Saint-Marc , musique de Royer (Joseph- Nicolas-Pancrace), représenté à l'Académie royale de musique le 23 avril 1743. Mlles Julie , Le Maure, Fel, Coupée interprétèrent cet ouvrage avec Jélyotte. Il ne fut pas repris.

POUVOIR DE L'AMOUR, opéra, musique de Fortia de Piles, représenté à Nancy en

POUVOIR DE LA NATURE (le) , Opéracomique en un acte , musique de Chardiny , représenté au théâtre de Beaujolais en 1786.

POUVOIR DU CHANT (le), opéra-comique allemand , musique de Lindpaintner , reprété au théâtre de Stuttgard dans le mois de juillet 1836. Le compositeur allemand a introduit dans sa partition une suave mélodie sur les paroles de la romance de Chateaubriand :

Combien j'ai douce souvenance Des lieux chéris de mon enfance 1 Hélas! qu'ils étaient beaux ces jours

De France 1 O mon pays, sois mes amours

Toujours ?

* POVERO diavolo (il), opéra-comique en trois actes, livret exactement imité de la Part du Diable, opéra de Scribe et Auber, musique de M. Ernesto Sebastiani, représenté sur le théâtre de la Fenice, à Naples, le

23 novembre 1876.

POVERO superbo (il), opéra italien, musique de Galuppi , représenté à Venise en

PPIFFIGE BAUER (der) [le Paysan madré'] opéra tchèque, musique d'Antoine Dvorzak représenté au Théâtre-National tchèque de P -ague en février 1878.

PRAGA NASCENTE DA LIBUSSA E PRI- MISLAO, opéra, musique de Denzi (Antoine), représenté à Prague chez le comte de Sporck

PRANZO INASPETTATO (il) [le Repas inattendu], opéra-bouffe, musique de Farinelli, représenté à Vicence, sur le théâtre Eretenio, le 13 août 1804.

PRASSITELE IN GNIDO (Praxitèle à Guide), opéra pastoral italien, livret de Aurelio Aurelj, musique de Polani, représenté sur le théâtre Manfredini, à Rovigo, en 1700, et sur le théâtre des Saints-Apôtres, à Venise, en 1707.

PRAXITÈLE OU LA CEINTURE , opéra en un acte, paroles de Milcent, musique de Mme Devismes , représenté à l'Opéra le

24 juillet 1800. M^e Devismes était une élève de Steibelt. Le culte de l'art plastique est porté un peu loin dans le livret, et ne serait pas toléré de nos jours , ce qui n'est pas peu dire.

PRÉ AUX CLERCS (le), opéra-comique en trois actes, paroles de Planard , musique d'Herold, représenté pour la première fois à l'Opéra-Comique le 15 décembre 1832. L'inspiration du célèbre compositeur français a été provoquée et soutenue par un excellent livret. Le Pré aux clercs est une des quatre ou cinq productions romantiques de cette époque , dont les beautés supérieures ont bravé les outrages du temps. La scène se passe sur les bords de la Seine, dans le voisinage du Louvre. Marguerite de Valois est retenue comme prisonnière à la cour de

PRÉ

PRÉ

Charles IX, son frère. Sa présence est une garantie de la conduite de Henri de Navarre, l'un des chefs du parti huguenot. Elle garde auprès de sa personne une noble fille du Béarn , nommée Isabelle , que le roi destine en mariage au comte de Comminge , gentilhomme brave et querelleur. Le jeune baron de Mergy, envoyé par Henri de Navarre pour réclamer sa femme et sa jeune amie, dont il est lui-même fort épris , apprend qu'il a un rival redoutable. Marguerite s'intéresse à leurs amours, et veut employer en leur faveur le génie inventif d'un astucieux Italien nommé Cantarelli. Celui-ci serait disposé à les trahir, car il est voué corps et âme à son ami Comminge , si une lettre, écrite par lui au duc de Guise et tombée entre les mains de la reine de Navarre , ne le mettait à sa merci. Un hôtelier du Pré aux Clercs et sa fiancée, Nicette, sont mêlés à l'intrigue et fournissent l'occasion d'épisodes gracieux. Le projet de la reine est de marier secrètement Isabelle et de Mergy ; mais son exécution est traversée par la découverte que fait Comminge de leur amour. Il provoque son rival en duel. Au troisième acte, le mariage secret a eu lieu et on songe aux moyens de fuir. Cependant Mergy a une dette d'honneur à acquitter. Il est rejoint par Comminge, et tous deux mettent l'épée à la main. Des archers survenant les obligent à aller plus loin vider leur querelle. Comminge est tué dans le combat, et on voit des bateliers emmener son corps à Chaillot. Les amants sont réunis et se jurent une flamme éternelle. On ne sait ce qu'on doit le plus admirer dans cet ouvrage : la peinture musicale des situations scéniques, la teinte merveilleuse qui règne sur toute la partie épisodique, le coloris tour à tour discret et puissant de l'instrumentation, tout y est réuni pour le plaisir de l'oreille et la satisfaction de l'intelligence la plus exigeante. Aussi cet opéra a-t-il constamment réuni les suffrages des musiciens de toutes les écoles. L'ouverture en sol mineur est d'une originalité soutenue et d'une harmonie élégante; elle se compose d'un tutti sur un rhythme neuf et coupé à la manière de Weber, mais avec des procédés qui le rendent plus saisissant; d'un cantabileen fa mineur, suivi d'une phrase délicieuse en majeur, reprise plus loin à la quinte inférieure ; d'un motif coquet en si bémol ; d'une fughette et de développements sur le rythme primitif. Dans le chœur d'introduction, les voix accompagnent l'orchestre en accords plaqués d'un effet charmant. Il serait trop long d'analyser

la partition, et d'ailleurs chaque morceau est un chef-d'œuvre. Nous rappellerons seulement le duo si connu : Les rendez-vous de noble compagnie ; l'air de Mergy : 0 ma tendre amie , et le finale du premier acte , dans lequel se trouve la touchante romance : -Souvenirs du jeune âge. Le morceau de violon, exécuté pendant l'entr'acte, montre à quel point Hérold possédait les ressources de cet instrument. L'air d'Isabelle : Jours de mon enfance , accompagné par le violon solo, est un des plus jolis airs du répertoire de l'Opéra- Comique. Quant au trio : Vous me disiez sans cesse : Pourquoi fuir les amours ? entre Isabelle, la reine et Cantarelli, l'agencement des voix est égal en ingéniosité et en grâce à, tout ce qu'on peut trouver de plus parfait dans les œuvres de l'école italienne. Tout en restant dans .e caractère de l'opéra-comique, Hérold a dépassé les modèles du genre par l'heureux choix et l'abondance de ses mélodies. La suène de la mascarade, les belles phrases de la reine , de Mergy , l'entrée d'Isabelle au milieu de la fête et le finale, offrent unesuite non interrompue de chants heureux et d'effets variés. Les combinaisons de l'orchestre et des voix sont particulières au compositeur. Des mélodies très développées sont jouées par les instruments , tandis que les voix forment des successions d'accords groupés de manière à se suffire à elles-mêmes et à fournir des périodes intéressantes. La musique du troisième acte offre plusieurs morceaux d'un rythme franc, cordial, qui semblerait en faire remonter la composition à l'époque de la première manière du maître. Pour bien apprécier cette différence , il est bon de rappeler qu'Herold a commencé à travailler pour le théâtre en 1816, et que si un intervalle de seize années modifie bien des idées dans une tête comme l'était la sienne, il ne suffit pas à détruire les traces de la première allure du génie, ou même simplement les premières habitudes de l'esprit. Nous considérons comme appartenant à cette première manière le petit ensemble qui suit la phrase gracieuse que chante Nicette : Venez, et que je me promène, Je suis dame de ce domaine ; la ronde si populaire :

A la Heur du bel âge, Georgette, chaque jour, Diiuit, dans le village.

Jamais n'aurai d'amour.

le trio syllabiquo : C'en est fait, le ciel même a reçu nos serments, et enfin le chœur à l'unisson des archers : Nargue de la folie. Tous ces motifs sont charmants ; mais on en trouve d'ô-

PREG

PRED

quivalents dans le Muletier, dans Marie, tandis que, dans le reste de l'acte, Herold se maintient à la hauteur où il s'était élevé dans Zampa, ajoutant à la grâce, qui ne l'a jamais quitté, la puissance de l'effet et une profonde sensibilité. A l'appui de cette observation, nous citerons le chœur : Que j'aime ces omr brages; le trio scénique du duel où se trouve cette phrase magnifique : Ah! je puis braver ta rage; le quatuor d'une demi-teinte délicieuse : L'heure nous appelle; et enfin la scène du bateau, dans laquelle le récit des violoncelles produit un des plus grands effets qui existent au théâtre. Les rôles de cet ouvrage ont été créés par des artistes assez médiocres, ce qui n'a pas empêché le succès immédiat. Le rôle d'Isabelle a été écrit pour Mme Casimir , qui l'a chanté à la première représentation, mais qui n'y reparut qu'un mois plus tard. M'ie Dorus l'a repris aussitôt ; les autres rôles ont été chantés par Fargueil , Thénard , Lemonnier , Féréol . Mme Ponchard et Mlle Massy. Herold, atteint depuis plusieurs années d'une maladie de poitrine et épuisé par ses derniers travaux, ne survécut qu'un mois à son succès. Il mourut le i9janvier 1833.

PRÉCAUTION inutile (la), opéra allemand, musique de Weigl, représenté à Vienne en 178?.

PRÉCAUTIONS INUTILES (les) , opéracomique en un acte, paroles d'Achard et An-' seaume, musique de Chrestien, musicien de la chapelle du roi, représenté à l'Opéra-Comique le 23 juillet 1760.

* PRÉCAUTIONS INUTILES (les), opéra-

•comique, musique de Van Malder, représenté à Bruxelles en 1760.

precauzioni (le), opéra buffa, musique de Petrella, représenté au théâtre Nuovo de Naples le 20 mai 185 1.

PRÉCIEUSES RIDICULES (les), opéracomique en un acte, livret de M. Valladier, d'après la pièce de Molière, musique de M. Paul Mériel, représenté à Toulouse eD mars 1877.

PRECIOSA, opéra allemand en un acte, livret de Wolf, d'après une nouvelle de Cervantes, musique de Weber, représenté à Dresde en 1822. Cet ouvrage ne fit qu'ajouter à la réputation du maître. Lorsqu'on songea à faire connaître ses œuvres au public français, on se défia trop de leur originalité pro-

pre, et il en résulta des opéras hybrides qui excitèrent longtemps l'indignation de nos voisins et aussi des gens de goût. Tel fut l'opéra de Preciosa, mis en trois actes par T. Sauvage et arrangé par le musicien Crémont. Il fut représenté à l'Odéon le 17 novembre 1825, et repris le 23 novembre, sous le titre des Bohémiens.

La partition de Weber, avec les paroles de MM. Nuitter et Beaumont, fut enfin dignement représentée au Théâtre -Lyrique le 16 avril 1858. D'après le livret français, Preciosa est fille de Chosroès, chef d'une tribu de bohémiens, et exerce sur les gitanos un empire absolu. La troupe est cernée dans la sierra Nevada par le capitaine général de l'Andalousie. Le fils de cet officier a vu Preciosa dans Séville , et en est devenu amoureux. La jeune bohémienne, comme une sirène, l'attire par son chant dans la montagne. Il est saisi par les aventuriers, qui le gardent comme un otage, et font dire au père qu'ils tueront son fils s'il ne les laisse reprendre en liberté le chemin de leur pays. Le capitaine répond que ce jeune homme n'est pas son fils, mais un enfant trouvé qu'il a adopté, qu'aucune considération ne l'empêchera de remplir son devoir. Preciosa voit dans le jeune prisonnier un enfant de sa race; elle déclare qu'elle répond à son amour et qu'elle consent à l'épouser. Puis, afin de sauver la tribu, elle indique dans le sol l'ouverture d'un long souterrain qui conduit à TAlhambra de Grenade. Les gitanos s'y engagent tous ; on ferme l'orifice, et lorsque le capitaine arrive sur les lieux, il ne trouve plus personne. La partition de Preciosa a une originalité toute particulière. C'est un petit chef-d'œuvre. Jamais le côté poétique de l'existence nomade de ces bohémiens n'a été décrit avec plus de couleur et d'intérêt. L'ouverture , dans laquelle quelques notes de triangle produisent un effet si étrange, est instrumentée admirablement. Le chœur dans la forêt, avec ses échos répétés par les cors, la ballade de Preciosa, la marche pittoresque des bohémiens, les couplets du brigand de jolis airs de danse, tels sont les morceaux de cette petite partition qui, à elle seule, sulfit à caractériser le génie de Weber. Les rôles ont été chantés à Paris par Kromant, Sérène et Mme Borghèse-Dufour.

* pbedatoros, opéra, paroles et musique de sir William Robinson, représenté à Melbourne en octobre 1894. L'auteur, musicien amateur sans doute, n'était autre que le gouverneur de l'Australie occidentale.

PREM

PREM

PREGI DELLA PRIMAVERA (i) [les Charmes du printemps] , opéra italien, musique de Tori, représenté à Munich vers 1692.

PREGIUDIZI DELLA ZIA TERESA (i), opérette italienne, musique de De Champs, représentée à l'Istituto Zei, à Florence, en 1880.

premier avril (un), opérette en un acte, paroles de MM. Henri Rocliefort et Adrien Marx, musique de M. Debillemont, représentée aux Bouffes-Parisiens le 6 mai

PREMIER BAISER (le), opéra allemand, musique de Hoffmeister, représenté à Vienne en 1806.

* PREMIER BAISER (le), opérette en trois actes, paroles de MM. Emile de Najac et Raoul Toché, musique de M. Emile Jonas, représentée aux Nouveautés le 21 mars 1883. Interprètes : MM. Berthelier, Vauthier, Bonnet, Scipion, M"es Marguerite Ugalde et Juliette Darcourt.

PREMIER DE JUIN (le), intermède, musique de Storace, représenté au théâtre de Drury-Lane. à Londres, en 1794.

PREMIER EN DATE, opéra-comique en un acte, paroles de Désaugiers et Pessey, musique de Catel, représenté à l'Opéra-Comique en 1814.

* PREMIER essai (un), opérette, musique de C.-F. Conradin, représentée au théâtre Populaire de Munich en 1866.

* 1er hussards!... opérette-monologue, paroles de MM. Maurice Ordonneau et Hamm, musique de M. Léon Vasseur, jouée dans plusieurs villes d'eaux en 1882.

PREMIER JOUR DE BONHEUR (le), Opéracomique en trois actes, paroles de MM. d'Ennery et Cormon, musique de M. Auber, représenté à l'Opéra-Comique le 15 février 1868. En entendant ce joli ouvrage, dont les mélodies, pleines de fraîcheur et de grâce, sont accompagnées avec une harmonie piquante et ingénieuse, on ne se douterait pas qu'il sort de la plume d'un vieillard do quatre-vingt-sept ans, si M. Auber n'avait pas constamment donné des marques de son activité. On pourrait même trouver que le titre de son ouvrage lui a rappelé ses premiers succès; car on distingue dans .plusieurs mélodies comme des réminiscences de la Bergère châtelaine, de la Neige, du Maçon. Ce qui nous reporte aux débuts du maître, de 1820 à 1826. Le sujet, en apparence original,

n'est pas neuf. Il a été emprunté à une comédie représentée à l'Odéonle 27 mai 1816, sous le titre du Chevalier de Canolle , par Souques. Cette pièce a été mise en opéra-comique par Mme Sophie Gay, et représentée, avec la musique de M. Fontmichel, le 6 août 1836. Mais, au lieu de se passer en France au temps de la Fronde, l'action s'engage dans les Indes, devant Pondichéry, dont les Français font le siège. Un officier, Gaston de Maillepré, au lever du rideau, rend la liberté à des prêtresses d'une pagode, que les soldats ont faites prisonnières. C'est une entrée en scène qui fait connaître son caractère généreux et chevaleresque. Ce jeune officier semble voué aux mésaventures et aux déceptions. S'il fait un héritage, il se brouille avec son ami le plus intime; sa nomination de colonel lui vaut un duel ; enfin celle qu'il aime et qu'il voudrait épouser est la nièce du gouverneur anglais de Madras. Hélène, accompagnée de son fiancé, sir John, visite le camp français pendant une trêve. Sir John , sans songer à mal, fait un dessin des fortifications. Il est surpris, arrêté comme espion, et condamné à mort. De son côté, Gaston, dans un combat, est fait prisonnier. Il revoit Hélène chez le gouverneur anglais , et , au moment où il espère lui faire partager ses sentiments, on apprend la condamnation de sir John, et le conseil de guerre, usant de représailles, décide que Gaston de Maillepré sera fusillé. Par bonheur sir John revient au camp , la paix est conclue entre les belligérants, et le jeune officier peut goûter enfin son premier jour de bonheur. Le livret a été fait avec beaucoup d'habileté, mais la donnée manque de force et de simplicité, et l'intérêt n'est pas suffisant. La partition renferme de fort jolis morceaux : l'ouverture d'abord , dans laquelle le motif de la gracieuse ballade des djinns contraste avec une sorte de marche guerrière ; ensuite, dans le premier acte, la romance du ténor : Attendons encore notre premier jour de bonheur; dans le second, l'air chanté par Hélène à la jeune Djelma : Un époux chez vous; le chœur de la fête donnée chez le gouverneur et la ballade des djinns, qui a obtenu un immense succès. La mélodie en est des plus simples , et elle n'est accompagnée que par deux accords, l'accord parfait et celui de septièrtie dominante sur la tonique tenue en pédale par le cor ; mais cela est traité avec un goût exquis. L'interprétation par M"* Marie Koze, actrice fort jolie, a aussi contribué au succès. Nous rappelons encore un trio d'hommes et un duo entre

PREM

Page 1