PROMÉTHÉE
Tout martyr d'une foi nouvelle A son vautour et son rocher, Jusqu'au jour où Dieu le rappelli Et fait un trône du bûcher.
De l'équité le jour s'avance; Le géant tombé renaîtra ; Et quand viendra la délivrance, D'un cri d'amour et d'espérance, Le monde entier le salùra 1
C'est dans cet ouvrage que le compositeur a essayé d'introduire dans notre musique les effets supposés du genre enharmonique des Grecs, auquel M. Vincent, par d'estimables travaux, cherchait à convertir les musiciens. La tentative hardie d'Halévy échoua, non pas précisément qu'il soit impossible d'intro-
duire des quarts de ton dans notre système diatonique , pourvu qu'on les emploie mélodiquement et comme une altération chromatique , mais parce que Halévy avait employé des instruments à cordes pour exécuter ces intervalles subtils qui ne peuvent être rendus avec précision qu'au moyen d'instruments à clavier.
* PROMÉTHÉE enchaîné, poème symphonique pour voix seules, chœur et orchestre, paroles de M. Camille du Locle, musique de M. Lucien Lambert, exécuté au Conservatoire le 19 avril 1885. Cet ouvrage avait été couronné ex sequo avec celui de M. Georges Mathias (V. ci-dessous) au premier concours Rossini.
* prométhée enchaîné, poème symphonique pour voix seules, chœur et orchestre, paroles de M. Camille du Locle, musique de M. Georges Mathias, exécuté au Conservatoire le 19 avril îsss. Cet ouvrage avait été couronné ex xquo avec celui de M. Lucien Lambert (V. ci-dessus), au premier concours Rossini.
PROMISE (la) , opéra- comique en trois actes, paroles de MM. de Leuven et Brunswick, musique de Clapisson, représenté au Théâtre-Lyrique le 16 mars 1854. La donnée de la pièce est assez amusante, quoiqu'un peu trop naïve. Un vieux marin, par un sentiment exagéré de reconnaissance envers un capitaine de vaisseau, M. Giromont, qui a atteint la cinquantaine, lui a promis en mourant la main de sa fille. Mais Marie aime un jeune marin, Petit-Pierre, qui l'aime aussi. Au moment de conclure l'hyménée , un navire anglais est signalé au large , et Giromont court à son poste, confiant la garde de sa promise , à qui? à Petit-Pierre lui-même. Marie profite de cette circonstance pour manœuvrer de telle sorte, qu'à son retour le vieux capitaine n'a plus qu'à filer son nœud. Sit venia verbo. La musique est jolie , mais sans beaucoup de caractère. Il y a dans le premier acte deux phrases chantées successivement, puis un duo, qui sont une vraie trouvaille musicale. Les couplets de la veste de velours, chantés par Théodore, sont aussi fort bien tournés. Le trio : Moi! vous aimer/ non pas! est terminé par un joli ensemble syllabique. Mme Cabel a créé le rôle principal avec un grand succès. Elle s'est tirée avec éclat des vocalises les plus difficiles. Les autres rôles ont été créés par Junca , Colson et Mlle Girard.
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promise D'UN AUTRE (la), opëra-comique en un acte et deux tableaux, livret de M. Dufresne, musique de M. Ch. de Courcelles, représenté à l'Opéra-National-Lyrique le 28 mai 1877. Cet ouvrage offre plusieurs morceaux agréables. Chanté par Soto , Caisso et Mme Girard.
PRONOSTICANTE FANATICO (IL), Opéra
buffa, livret de Celli, musique de C. Pascucci, représenté au théâtre Argentina, de Rome, le 23 septembre 1877 ; chanté par Bacci, Baldelli, Mmes Rossi, Lorenzoni. Cet ouvrage n'a eu que deux représentations.
PROPHÈTE (le), opéra-comique anglais, musique de Shield, représenté sur le théâtre de Covent-Garden, à Londres, en 1788.
PROPHÈTE (le), opéra en cinq actes, paroles de Scribe, musique de Meyerbeer, représenté sur le théâtre de la Nation (Opéra) le 16 avril 1849. Cet ouvrage est le troisième que le célèbre compositeur ait fait représenter sur le théâtre de notre Académie de musique. Il doit être considéré aussi comme le troisième dans la série de ses chefs-d'œuvre. Ce n'est pas qu'on y remarque aucune trace d'affaiblissement, aucun symptôme d'épuisement des qualités supérieures qui ont signalé l'homme de génie ; au contraire, il y a dans l'opéra du Prophète des effets entièrements nouveaux, des idées originales, une inspiration élevée et soutenue, une instrumentation dont la sûreté d'effet tient du prodige ; l'application des timbres des instruments et des dessins mélodiques de l'accompagnement à la peinture des sentiments bumains , montre que l'auteur était dans toute la plénitude de ses hautes facultés. Cependant Robert le Diable et les Huguenots ont incontestablement le pas sur le Prophète. Un passage fort judicieux de M. Fétis donnera l'explication de cette différence : « Il est remarquable, dit-il, que Robert, les Huguenots et le Proplœte ont pour principe des idées mystiques. Dans le premier de ces ouvrages, tout l'intérêt consiste dans la lutte du génie du bien et de celui du mal, pour la possession d'une âme faible et passionnée. Dans les Huguenots, c'est l'amour le plus exalté aux prises avec le sentiment du devoir et la foi religieuse ; dans le Prophète , c'est l'anéantissement des sentiments humains par le fanatisme. Ce simple rapprochement suffit pour démontrer que les conditions dans lesquelles le compositeur s'est, trouvé pour ce dernier opéra étaient infiniment moins favorables
que celles des deux autres ; car les oppositions de sentiments et d'effets étaient les conséquences nécessaires de l'antagonisme des deux génies dans le sujet de Robert le Diable; et l'amour, cette source inépuisable, éternelle d'émotions de tout genre , fournissait dans les Huguenots d'admirables éléments de contraste avec les passions de sectes religieuses; tandis que le fanatisme brutal et cruel qu'enfante un mysticisme sensuel prive d'intérêt quelques-uns des personnages du Prophète. Les angoisses maternelles qui viennent, aux derniers actes de l'ouvrage, faire diversion aux violences dont les premiers sont remplis, sont la seule source d'émotion où le compositeur ait pu puiser pour les inspirations de son génie. Pour triompher des difficultés d'un tel sujet, il ne fallait pas moins que la puissance d'un talent de premier ordre. »
On ne saurait donc reprocher au compositeur le caractère sombre et un peu uniforme de sa partition. Si la grâce, la tendresse y font défaut, c'est au sujet du livret qu'il faut s'en prendre. Avant de donner une rapide analyse de la pièce, nous signalerons une fois de plus les licences que Scribe a prises avec l'histoire. Tout le monde sait que Jean de Leyde était un tailleur; de son plein gré, le parolier en fait un cabaretier.
Au premier acte, Fidès, mère de Jean de Leyde, vient chercher Bertha, jeune fille des environs de Dordrecht, fiancée à son fils. Le seigneur, comte d'Oberthal, dont elle est la vassale , s'oppose à ce mariage et retient prisonnières en son château Fidès et Bertha. Trois anabaptistes profitent de ce rapt pour soulever les*populations contre le comte. Au second acte , Jean raconte aux anabaptistes des visions qui lui annoncent qu'il sera roi. Ces fanatiques voient en lui l'homme qui convient à leurs desseins, et l'engagent à les suivre. Sur ces entrefaites, Bertha accourt, poursuivie par les soldats du comte ; Jean la dérobe à leurs regards ; mais ceux-ci, furieux de se voir enlever leur proie, se saisissent de la mère de Jean et vont la frapper. A cette vue, Jean leur livre sa fiancée pour sauver les jours do sa mère; mais il n'hésite plus et s'éloigne de sa chaumière avec les anabaptistes. L'action se passe au troisième acte dans le camp des anabaptistes, en Westphalie. Jean a vaincu les troupes envoyées contre lui ; les horreurs de la guerre civile l'invitent à se dérober à la mission qu'il s'est donnée , lorsque le comte d'Oberthal, devenu son prisonnier, lui apprend qu»
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Bertha s'est précipitée dans le fleuve pour lui échapper, et qu'elle s'est réfugiée à Munster. Jean décide qu'il en fera le siège. Au quatrième acte, Fidès , qui croit que son fils n'existe plus, a quitté sa chaumière et se trouve à Munster, où elle traîne des jours misérables en tendant la main. Elle y retrouve Bertha, déguisée en pèlerin. Informée de la mort de Jean, celle-ci prend la résolution de poignarder le prophète, auteur de tant de maux. Un second tableau montre l'intérieur de la cathédrale. Jean , environné de toute la pompe impériale, est revêtu des insignes de la puissance suprême et reçoit les hommages que la foule croit rendre à un envoyé de Dieu, lorsque la voix de sa mère se fait entendre ; elle a reconnu son fils. Le faux prophète va être démasqué. Le peuple hésite entre son idole et la pauvre femme. Jean méconnaît sa mère. Celle-ci a le courage de dire qu'elle s'est méprise, que Jean n'est pas son fils.
Le dernier acte est le plus riche en effets dramatiques, mais en même temps le plus faux au point de vue historique, puisque Jean de Leyde fut jugé et condamné à mort. Scribe a préféré le faire périr volontairement, en Sardanapale Fidès a été conduite dans un souterrain du palais par ordre de son fils. Jean vient l'y trouver , se jette à ses pieds , implore son pardon et est sur le point de se sauver avec elle. Bertha paraît une torche à la main. Elle va mettre le feu à une sorte de mine qui doit faire sauter le palais. Mais , à la vue de Fidès et de son fiancé, elle va partager leur fuite , lorsqu'un officier accourt pour annoncer à Jean que ses ennemis ont pénétré dans son palais. Bertha, à ces mots, reconnaît dans celui qu'elle aimait le prophète lui-même ; elle le maudit et se- tue de désespoir. Datis un dernier tableau , on voit le prophète au milieu d'une scène d'orgie. Il laisse ses ennemis l'entourer, et, après avoir fait fermer les grilles du palais, il le fait sauter et s'ensevelit avec eux sous les ruines. Il a fallu l'effort titanique du génie de Meyerbeer pour préserver sa partition du sort de Jean de Leyde. Ajoutons que, dans cet ouvrage en cinq actes, aucun personnage n'est intéressant , à l'exception d'une pauvre vieille mendiante qui ne peut que gémir et se plaindre. La magnificence du spectacle a compensé la pauvreté de conception du poème. La scène des patineurs sur un lac glacé, au troisième acte, et l'intérieur de la cathédrale de Munster ont émerveillé les spectateurs. Le rôle du pro-
phète a été le début de Roger sur notre première scène lyrique , et il l'a créé avec une intelligence remarquable. Ce rôle a été, pour cet artiste distingué , une source d'ovations nombreuses, mais aussi une cause de fatigue excessive qui a abrégé la carrière du chanteur. Mme Pauline Viardot a chanté le rôle de Fidès avec un art et un sentiment dramatique excellents. Mme Castellan débutait dans celui de Bertha. Les anabaptistes ont été représentés par Levasseur, Euzet et Gueymard, qui depuis a remplacé, bien imparfaitement Roger dans le rôle de Jean. Les autres rôles ont été tenus par Brémond, Ferdinand Prévôt, Paulin, Guignot, Molinier, Génibrel, et Mme» Ponchard et Courtot.
La partition du Prophète est la plus longue du répertoire. Elle ne renferme pas moins de vingt-cinq morceaux, dont plusieurs sont très développés. Nous ne citerons que ceux dans lesquels le maître a montré le plus d'originalité, ou qui ont eu le plus de succès : le chœur pastoral qui sert d'introduction : La brise est muette , qui est d'une grande fraîcheur ; la romance à deux voix chantée par Bertha et Fidès : Un jour, dans les flots de la Meuse; la valse en chœur avec la phrase délicieuse de Jean : Le jour baisse et ma mère; l'arioso ou scène dans laquelle Fidès bénit son fils : A h ! mon fils, sois béni ! Au troisième acte, le chœur des anabaptistes : Du sang, du sang ; le bel air de basse : Aussi nombreux que les étoiles, qui rappelle l'air de Marcel dans les Huguenots: Piff paff, traquons- les! mais dont la mélodie est plus large et mieux soutenue ; les airs de ballet qui suivent, le quadrille des patineurs, dans lesquels le rhythme affecte des formes neuves et piquantes; le trio des anabaptistes : Sous votre bannière, l'un des meilleurs morceaux de la partition. Quant au cantique : Roi du ciel et des anges, dont le motif a été le plus populaire, j'avoue que la mélodie m'en a toujours paru peu distinguée , et qu'on s'attendait à trouver là une sorte de chant inspiré dans le genre de celle de la scène de la conjuration des Huguenots : A cette cause sainte.
Le quatrième acte offre, entre autres morceaux de premier ordre, les couplets de la mendiante : Donnez -pour une pauvre âme, dont les accents entrecoupés sont d'une tristesse navrante. Le chœur des enfants : Le voilà, le roi prophète, qui suit la belle marche du sacre, est une phrase d'une simplicité presque banale; et c'est sur cette phrase que Meyerbeer a construit l'édifice de son finale-, entendu d'abord en ré, redit en fa,
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reprise en ré, répétée par le chœur des femmes, puis par les voix d'hommes, recevant une nouvelle harmonie par le concours de l'orgue, enfin par celui de l'orchestre et de toutes les masses chorales, le crescendo a quelque chose de fulgurant; il éclate et entraîne la salle entière. C'est par la plus merveilleuse habileté et par une science profonde que de tels effets musicaux peuvent être obtenus. Avant de quitter le quatrième acte, nous devons rappeler la scène émouvante entre le prophète et sa mère, dans laquelle Mme viardot avait des déchirements maternels sublimes. La scène et la cavatine : 0 toi qui m'abandonne, ouvre le cinquième acte, dont les plus remarquables beautés sont dans le récitatif. Le duo entre Fidès et son fils est d'une énergie toujours croissante, et l'allégro : Il en est temps encore, offre un grand intérêt pour les musiciens au point de vue du rythme.
C'est unj usage admis au théâtre de faire chanter les personnages au moment où il leur faudrait fuir au plus vite pour sauver leur vie. Scribe n'y a point failli, et Meyerbeer, qui a cependant fait de nombreux changements au 1 ivret, n'a pas su résister à la tentation d'écrire un délicieux trio, d'un charme ineffable, qui n'a que le tort de faire rêver trop longtemps Fidès, Bertha et le fiancé qui lui est rendu à une félicité sans nuage :
Loin de la ville,
Qu'un humble asile,
Qu'un sort tranquille
Comble nos vœux ! etc.
Les couplets chantés par le prophète au dernier tableau : Versez, que tout respire, ont une allure nerveuse qui est en conformité avec la catastrophe qui se prépare. A partir de ce moment, les spectateurs ne sont plus capables d'entendre la musique. Ils sont tout yeux et sans oreilles. Aussi a-t-il fallu supprimer la bacchanale dans laquelle Meyerbeer avait sans doute fait preuve des nouvelles ressources de son génie inventif. Trois mois après la première représentation à Paris, l'opéra du Prophète fut exécuté à Londres avec un immense succès , par Mario. Mme Viardot, Miss Hayes et Tagliafico.
* PROPHÈTE DU VILLAGE (le), Opéra-Cù-
mique, musique de M. Gabriel Schebek, représente sur le théâtre municipal de Linz, en avril 1895. L'auteur était chef de musique d'un régiment do chasseurs à pied en garnison en cette ville.
* PROPHÈTE VOILÉ DE KHORASSAN (m)t
opéra allemand, musique de M. Villiers Stan-
ford, compositeur anglais, représenté au théâtre de la cour, à Hanovre, le 6 février 1881, puis traduit en italien et joué sous cette nouvelle forme, avec quelques modifications dans la musique, au théâtre Covent-Garden de Londres, le 26 juillet 1893. Le sujet est emprunté à Lalla Rookh, le fameux poème de Thomas Moore, la partition est intéressante et remarquable à beaucoup d'égards.
PROSCRIT (LE) OU LE TRIBUNAL INVISI- BLE, drame lyrique en trois actes, paroles de Carmouche et Xavier Saintine, musique d'Adam, représenté à l'Opéra-Comique le 18 septembre 1833. Scribe traitait l'histoire en pays conquis, arrangeait, dérangeait et se souciait d'exactitude chronologique comme de Colin- Tampon. Les auteurs du Proscrit ont dépassé les limites de ces licences. Il s'agit dans leur pièce de la conjuration qui a coûté la vie à Marino Faliero , et pas un des personnages qu'ils mettent en scène n'y a figuré. L'histoire nous a néanmoins conservé les noms de tous ceux qui ont participé à ce crime d'Etat. Ce drame est obscur , compliqué , et son caractère convenait peu au genre de talent d'Adolphe Adam. On y trouve cependant d'assez jolis morceaux. Au premier acte , un trio gracieux : L'hymen à Venise nous lie ; au second acte, l'air chanté par Mme Casimir: Non, non, Strozzi; au troisième, le duo de basse et soprano chanté par Boulard et Mme Casimir : Je le hais, je le méprise, et enfin l'air de soprano : Sonnez, heure de la vengeance, qui est véritablement dramatique. Il y a aussi dans le cours de cet ouvrage des couplets d'une facture élégante chantés par M"e Massy.
PROSCRIT ET LA FIANCÉE (le), mélodrame en trois actes, de Borie, Merle et Mélesville, musique de Schaflner, représenté à la Porte-Saint-Martin le 1er juillet 1818.
PROSCRITTO ( IL ) OSSÎa IL CONTE
d'elmar, opéra italien, musique de Curci,
PROSCRITTO (il), opéra italien, musique de Mercadante, repr. à Naples vers 1840.
PROSCRITTO (il), opéra italien en deux actes, musiq.de Aspa, repr. à Turin eu 1841.
PROSCRITTO (il), opéra italien , musique de O. Nicolaï, représenté à la Scala de Milan en 1841.
PROSCRITTO (il), opéra en quatre actes, musique de Verdi, représenté à Venise en
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mars 1844, et sur le Théâtre-Italien, à Paris, le 6 janvier 1846. Cette pièce n'était à l'origine autre chose qu'ffernani , le drame de Victor Hugo. Le poète s'étant opposé à ce qu'on j ouât sa pièce en une autre langue que celle de sa muse romantique, et surtout qu'on la chantât, les personnages du drame espagnol ont été travestis en personnages italiens ; Hernani, Charles-Quint, Don Rigomez, da Silva, dona Sol, sont devenus Oldrado, le proscrit, le corsaire vénitien ; Andréa Ritti, sénateur et doge ; Zeno et Elvira sa fille. Victor Hugo s'est ravisé plus tard, et a compris qu'on ne l'avait pas traité plus mal en cette circonstance que Sophocle, Euripide , dont les plus belles tragédies ont été mises en musique, et que, parmi les modernes, Corneille, Racine, Beaumarchais et d'autres ont fourni aux compositeurs des sujets d'opéras qui n'ont en rien diminué l'admiration professée pour leurs œuvres. Dans l'article Ernani, nous avons donné notre opinion sur le mérite de cette partition, qui n'occupe que le second rang parmi les ouvrages du fécond musicien lombard. Nous rappellerons seulement le finale du premier acte , qui est une belle imitation du sextuor de Lucie; le chœur nuptial au quatrième et le trio final.
PROSCRITTO D'ALTENBOURG (il), Opéra, musique de C. Grassi, représenté à Barcelone en 1843.
* proscritto Di MESSINA (il), drame lyrique, musique de Daniele Nicelli, représenté à Gênes, sur le théâtre Carlo-Felice en 1829.
PROSERPINA , opéra en deux actes, de da Ponte , musique de Winter , représenté au théâtre du roi, à Londres, en 1804, et à Parisv le 7 décembre 1816.
PROSERPINA RAPITA, opéra italien, livret de Giulio Strozzi, musique de Claudio Monteverde, représenté à Venise en 1630, à l'occasion du mariage de Lorenzo Guistiniano avecGiustiniana Mocenigo, patriciens de Venise. La représentation eut lieu dans le palais Mocenigo.
PROSERPINA RAPITA , intermède musical, paroles et musique de Ferrari, représenté au théâtre San-Mosè , à Venise , en
PROSERPINA RAPITA, opéra italien, livret de Giulio Strozzi, musique de Sacrati, représenté sur le théâtre du San-Mosè, à Venise, en 1446, et à Bologne en 1696.
PROSERPINE, tragédie lyrique en cinq actes, précédée d'un prologue, paroles de Quinault , musique de Lulli , représentée à Saint-Germain le 3 février, et à l'Académie royale de musique le 16 novembre 1680. Malgré les boutades de Castil-Blaze , qui n'a vu dans les airs de Lulli que du plain- chant, tout musicien de bonne foi est frappé de la variété des rythmes employés par le compositeur, et de la facilité avec laquelle il a traité les vers de toute espèce fournis par le poète. Dans le prologue, le poète célèbre les bienfaits de la paix. Le théâtre représente l'antre de la Discorde; on y voit la Paix enchaînée : la Félicité, l'Abondance, les Jeux et les Plaisirs y accompagnent la Paix et sont enchaînés comme elle. La Victoire descend avec une suite nombreuse de héros; elle déchaîne la Paix et les divinités qui l'accompagnent et enchaîne la Discorde et sa suite. Dans la partition du prologue, on ne trouve de saillant que le chœur : On a quitté les armes.
La tragédie lyrique de Proserpine est une des mieux conçues et des plus élégamment versifiées de Quinault. Le sujet est l'enlèvement de Proserpine par Pluton. Jupiter paraît au dénoûment ; il est entouré des divinités de l'Olympe, et, pour satisfaire à la fois Cérès et Pluton, il ordonne que Proserpine passera six mois aux enfers et six mois sur la terre. La scène se passe successivement dans le palais et les jardins de Cérès , dans la campagne au pied du mont Etna, dans les champs Elysées où sont célébrées les noces de Proserpine et de Pluton. Il y a dans la pièce plusieurs épisodes intéressants : d'abord la scène en duo d'Alphée et d'Aréthuse : Me sui~ vrez-vous sans cesse ? — Me fuirez-vous toujours? le chœur magnifique: Célébrons la victoire du plus puissant des dieux; la scène charmante dans laquelle Proserpine cueille des fleurs avec ses compagnes, dont le chœur alterne avec ses chants harmonieux :
Que notre vie Doit faire envie !
Le vrai bonheur Est de garder sod cœur.
Le jour n'éclaire Que pour nous plaire.
Ces arbres verts Ont leur plus beau feuillage, Et mille oiseaux divers
Dans ce bocage Imitent nos concerts Par leur ramage.
Que notre vie, etc.
Nous signalerons encore l'air de Cérès : Ah! quelle injustice cruelle! le chœur des ombres heureuses dans le quatrième acte, et l'air de Pluton : Je suis roi des enfers, Neptune est
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