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et la quitte. Catherine est aimée d'un jeune seigneur nommé Léo. Elle l'attend; mais, au lieu du bien-aimé, c'est un page qui arrive et lui remet une lettre. A peine en a-t-elle achevé la lecture qu'elle pousse un cri et s'évanouit. Le page remet sur une table une bourse d'or et se retire. Goswin a entendu le cri de sa fille ; il accourt, suivi de tous les invités. Il trouve l'or sur la table ; il maudit Catherine, qui devient folle de désespoir, et court se jeter dans l'étang. Les Roussalkas accueillent cette nouvelle victime par des chants sympathiques. Ainsi finit le premier acte. Le deuxième nous transporte dans le palais du prince Léo Olger, au milieu d*une orgie des seigneurs, ses amis. Léo est livré à des remords, et, malgré les plaisanteries de ses camarades, il croit entendre la voix de Catherine et il en est troublé. On part pour la chasse. Dans un deuxième tableau, on est près du moulin ; Léo croit voir celle qu'il a séduite; c'est son apparition qu'il prend peu à peu pour sa personne même. 11 y a là une scène très poétique, un peu fantastique, mais d'un bel effet au théâtre. Il est attiré par les chants de la Roussalka ; plus il s'approche d'elle, plus elle s'éloigne. Il avance toujours les mains tendues vers elle ; il entre dans les roseaux et disparaît dans l'eau profonde où il trouve la mort. La' musique exprime avec bonheur ces diverses situations. Dans le premier acte, nous signalerons des chants gracieux et pleins d'entrain ; la ballade : Sur cette rive déserte; la romance de Catherine : Dans cette chaumière obscure, et le duo d'Iwan et de sa fiancée : Quand je vous quitte sans courage. Dans le deuxième acte, le chœur de l'orgie, l'air de la coupe, le chœur de la chasse, un orage, l'air d'Olger : Quelle force inconnue en ces lieux me ramène, la scène de la séductioD et le chœur final des Boussalkas :

Vengeance, et qu'ainsi gémissent Les cœurs cruels !

Cet opéra offre un mélange de réalité et de fantastique qui, au premier abord, semblait en rendre le sujet difficile au théâtre ; mais les scènes sont bien conduites, l'intérêt est soutenu, les airs et les chœurs ont de la couleur et sont en parfaite harmonie avec le poème.

ROUSSLAN ET LUDMILLA, Opéra russe

en cinq actes, musique de Glinka, représenté à Saint-Pétersbourg en décembre 1858. Les artistes russes considèrent la partition de cet ouvrage comme supérieure encore à celle de la Vie pour le czar, bien que celle-ci, au

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