SICILIEN (LE) OU L'AMOUR PEINTRE
opéra-comique en un acte, arrangé d'après la comédie de Molière, musique de Levasseur l'aîné, représenté en 1780 à Versailles, devant le roi, la reine et toute la cour.
* SICILIEN (le), opéra-comique en un acte, livret arrangé d'après le petit chef-d'œuvre de Molière, musique de Mèzeray, représenté à Strasbourg en 1825. L'auteur de la musique de ce petit ouvrage, qui devint plus tard un des chefs d'orchestre les plus fameux de Ja province et qui, pendant près de quarante ans, exerça ces fonctions au Grand- Théâtre de Bordeaux, était alors à peine âgé de quinze ans.
sicilien (le), opéra-comique en un acte, musique de M. Joncières, représenté à l'Ecole lyrique de la rue de la Tour-d'Auvergne en décembre 18.59.
sidonio, opéra italien, livret de Pariati, musique de Lotti, représenté sur le théâtre de San-Cassiano, à "Venise, en 1709.
sidonio e dorisbe, opéra italien en trois actes, livret de Melosio, musique de Fonte, représenté au théâtre San-Mosè, à Venise, en 1642.
SIEDEM RAZY IEDEN (Sept fois le même), opéra en un acte, musique d'Elsner, représenté à Varsovie en 1804.
SIEG DER SCHŒNHEIT ÙBER DIE HEL-
DEN (der) [le Triomphe de la beauté sur les héros], opéra allemand, musique de Stricker, en collaboration avec Finger et Volumier, représenté à Berlin, pour le mariage du prince royal Frédéric-Guillaume 1er, en 1706.
SIEG DER TREUE ( Victoire de la fidélité), grand opéra héroïque, musique de Woytissek, représenté vers 1811. Cet opéra a été composé pour le comte Ferdinand deKinsky.
SIÈGE DE BANGALORE (le), mélodrame, musique de Mazzinghi , représenté sur le théâtre de Covent-Garden, à Londres, vers
SIÈGE DE BELGRADE (le), opéra-comique, musique de Storace, représenté au théâtre de Drury-Lane en 1791.
SIÈGE DE BELGRADE (le), pièce caracté-
ristique, musique de Freystaedler, représentée à Vienne en 1791.
SIÈGE DE BELGRADE (le), opéra, musique de Becker, représenté à Leipzig le 21 mai
SIÈGE DE CALAIS (le), opéra, musique de M. Ch. Hanssens, représenté à Bruxelles
SIÈGE DE CORINTHE (le), tragédie lyrique en vers et en trois actes, paroles de Balocchi et Soumet, musique de Rossini, représentée à l'Académie royale de musique le 9 octobre 1826. L'illustre compositeur venait d'obtenir un grand succès à Paris. Son opéra de circonstance : II viaggio à Reims, composé pour le sacre de Charles X, lui avait valu les plus flatteuses distinctions. Pressé de toutes parts d'écrire un ouvrage pour la scène française, il arrangea sur un nouveau poème la musique de son Maometto, représenté à Naples en 1820, et il y ajouta d'autres morceaux, notamment un bel air chanté par Mme Damoreau, et la magnifique scène de la bénédiction des drapeaux au troisième acte. Le Siège de Corinthe obtint un grand et légitime succès. L'air de basse : Qu'à ma voix la victoire s'arrête, fait partie du répertoire de tous les chanteurs. Dérivis et Dabadie l'interprétèrent successivement avec distinction. Nous citerons encore la prière : L'heure fatale approche, dont les accents pathétiques expriment au plus haut degré la douleur et l'effroi. Cet ouvrage a été réduit en deux actes en 1844.
SIÈGE de CYTHÈRE (le), opéra, musique de Hoffmeister, écrit à Leipzig vers 1800.
SIÈGE DE LEYDE (le), opéra en quatre actes et en sept tableaux, paroles de M. Hippolyte Lucas, musique de M. Adolphe Vogel, représenté au théâtre Royal de La Haye le 4 mars 1847. Le roi des Pays-Bas avait indiqué aux auteurs ce sujet national. La défense de Leyde contre les Espagnols, en 1574, est une des plus belles pages de l'histoire de Hollande. Le bourgmestre Vander "Werf montra un noble caractère, et sut par sa fermeté contenir des révoltés qui, pressés par la famine, voulaient capituler. Les intrigues de Madeleine Moons avec le général Valdez retardèrent la ruine de la cité, et donnèrent le temps au prince Guillaume de faire ouvrir les digues de la Meuse et de l'Issel pour engloutir sous les eaux le camp espagnol. Ces épisodes ont fourni au poète et au compositeur de belles et fortes situations. La parti-
sieg
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tion offre des effets variés ; elle est pleine de vigueur et de mélodie. Une belle mise en scène et une exécution convenable ont contribué au succès. Les principaux artistes étaient : Diguet, Allart, Léon Fleury, Didot, Mmcs Bouvard et Hillen. Les compositions de M. Vogel ne sont pas aussi connues qu'elles méritent de l'être. Quelques-unes de ses mélodies ont joui d une grande vogue, notam- ' ment celle de l'Ange déchu. Le chœur de la Veillée, dans son opéra de la Moissonneuse, est l'œuvre d'un maître distingué.
SIÈGE DE LEYDE (le), drame lyrique en trois actes, musique de Mme Tarbé des Sablons, représenté à Florence sous le titre de / Batavi, en juin 1864. L'auteur a été rappelé huit fois sur la scène. Il avait été question de jouer cet ouvrage au Théâtre-Lyrique.
SIÈGE DE LILLE (le), opéra-comique en un acte, paroles de Bertin d'Antilly, musique de Kreutzer, représenté à Feydeau le» 14 novembre 1792.
* SIÈGE DE LILLE (lu) OU LE BARBIER MAES, opéra-comique en deux tableaux, paroles de Ch. de Franciosi, musique de M. A. Delannoy, représentée au Grand- Théâtre de Lille le 19 avril 1858. L'auteur de la musique occupait l'emploi de second chef d'orchestre au théâtre ; les deux rôles principaux de l'ouvrage étaient tenus par M. et Mme Barbot.
SIÈGE DE SAINT-QUENTIN (le), drame, musique de I. Hooke, représenté sur le théâtre de Drury-Lane, à Londres, en 1808.
SIÈGE DE THIONVILLE (le), opéra en deux actes, paroles de Saulnier et Duthil, musique de Louis Jadin, représenté à l'Opéra le 2 juin 1793, et, quelques jours après, gratuitement pour l'amusement des sans-culottes, par arrêté de la commune de Paris, en date du 19 juin. Les principaux artistes de l'Oj Ta étaient alors Chéron, Lays, Lainez Adrien, Rousseau , Mlles Maillard , Rousse lois, Gavaudan. Pour la danse A. Vestris Mlles Saulnier, Aubry, Duchemin, Clotilde Delisle, Chevigny. Garât avait prudemment quitté la France; il y revint à la fin de 1794 Mme Saint-IIuberti avait quitté la scène depuis trois ans.
C'est à l'occasion du Siège de Tliionville que les noms des artistes figurèrent pour la première fois en regard do leurs rôles dans le Journal des spectacles.
SIEGE OF CURZOLA (the) [le Siège de
Courzolé], opéra-comique, musique de Samuel Arnold, représenté sur le théâtre de Hay-Market, à Londres, en 1786.
* SIEGFRIED, drame musical en trois actes, poème et musique de Richard Wagner, représenté sur le Théâtre-Wagner de Bayreuth, . le 15 août 1876. Cet ouvrage forme la troisième partie de la fameuse tétralogie de V Anneau du Nibelung , il prend place après l'Or du Rhin et la Valkyrie et avant le Crépuscule des Dieux.
Les quatre parties de la tétralogie se tiennent étroitement et se succèdent dans l'ordre naturel des faits. Sentant parfois cet inconvénient, Wagner n'a cherché à y échapper que pour tomber dans un autre : c'est-à-dire que, pour donner l'explication d'un fait résultant d'une situation antérieure, il lui est arrivé, comme dans la Valkyrie, de se jeter dans d'interminables, dans d'implacables récits destinés à faire connaître cette situation. Dans Siegfried, rien de pareil ; au contraire, le spectateur qui ne connaîtrait ni l'Or du Rhin ni la Valkyrie serait dans l'impossibilité de comprendre quoi que ce soit à l'action, si toutefois on peut donner le nom d'action à une affabulation aussi pauvre et aussi inconsistante. Un écrivain l'a prouvé en traçant ainsi, en peu de mots, une analyse du poème qui est vraiment complète : « Un jour, le jeune héros (Siegfried) s'empare des tronçons de l'épée brisée de Siegmund, emportes jadis, comme un gage d'espérance, par la malheureuse Sieglinde, et il se forge l'arme qui lui donnera la victoire. Voilà tout le premier acte. — Il tue le dragon Fafncr et aussi le nain Mime, qui avait essayé de l'empoisonner pour s'approprier plus sûrement l'anneau fatidique. Voilà le second. — Guidé par un oiseau merveilleux, il franchit la muraille de feu élevée par le dieu Loge, réveille Brunehilde, la délivre et se fait aimer d'elle. Voilà le troisième. »
Or, il faut se rappeler que, dans l'Or du Rhin, le fameux anneau d'or, qui doit rendre son maître invincible, est devenu, en dépit de Wotan, le dieu suprême, la proio du géant Fafner, qui ici se transforme en dragon pour effrayer les amateurs. Il faut so rappeler encore que dans la Valkyrie, Wotan a condamné sa fille Brunehilde :i demeurer endormie sur un rocher, entourée de flammes.
jusqu'à ce qu'un homme, in peur. se jetie à travers ces flammes pour B'approcher d'elle ot la délivrer.
omme, ce héros, le fils à la fois posthume et incestueux de
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Siegmund (on sait que ce n'est pas par la moralité que brillent les drames de Wagner), dont la naissance a coûté la vie à sa mère, Sieglinde, morte en lui donnant le jour. Siegfried a été, on ne sait comment, recueilli par le nain Mime, dont le désintéressement n'est d'ailleurs qu'apparent, car il compte sur lui pour ravir à Fafner l'anneau magique que détient ce dernier. Grandi dans la solitude de la forêt, inaccessible à la crainte et doué d'une force prodigieuse, Siegfried, un jour, a vu son image dans l'eau limpide d'un ruisseau, et il a compris qu'un colosse comme lui ne pouvait être l'enfant d'un avorton comme Mime. Il demande donc et obtient do celui-ci le secret de sa naissance. Puis, comme Mime a appris de Wotan que c'est Siegfried qui doit tuer le dragon Fafner, qu'il doit le tuer avec l'épée brisée de Siegmund qui doit être reforgée, et que cette épée ne peut être reforgée que par un homme qui n'a jamais connu la peur, ledit Mime reste pétrifié en voyant Siegfried rapprocher les tronçons de l'épée, les souder ensemble, et s'y prendre de telle façon et la rendre si solide que, d'un seul coup de l'arme, il brise l'enclume sur laquelle il l'a travaillée. Le nain rumine alors son projet : Siegfried tuera le dragon, et, lorsque après le combat, altéré parla fatigue, il voudra boire, Mime lui présentera un breuvage empoisonné, après quoi il lui ravira sans peine et l'épée qu'il aura refaite et l'anneau conquis sur le monstre.
Au deuxième acte, nous sommes dans la forêt, d'où l'on aperçoit la caverne qui sert de résidence au dragon Fafner, lequel ronfle d'une façon terrible. Arrive Siegfried, suivi de Mime, qui lui apprend de quelle façon il doit l'attaquer. Puis, resté seul, Siegfried devient rêveur, s'étend sur le gazon, songe à sa mère, qu'il n'a pas connue, se laisse aller à des pensées mélancoliques et, comme pour se distraire, taille un roseau dont il s'exerce à tirer des sons plus ou moins harmonieux. Soudain, se rappelant le devoir qu'il a assumé, il échappe à sa rêverie et sonne avec son cor une fanfare brillante qui réveille le dragon. Bientôt il plonge son épée dans la gorge du monstre, qui meurt dans une horrible convulsion. Cet exploit le rend le maître désormais et (nous sommes dans le domaine de la féerie) lui donne la faculté de comprendre le langage des oiseaux ! L'un d'eux chante à son oreille, et il saisit toutes les nuances de son chant. Mime survient, qui veut mettre à exécution le projet qu'il a formé et présente à Siegfried le breuvage auquel il a mêlé du poison. Mais
celui-ci, prévenu par la voix de l'oiseau, étend le nain mort à ses pieds. Puis, Siegfried apprend de l'oiseau qu'à la cime d'un rocher se trouve, plongée dans le sommeil, une femme admirablement belle, qu'il lui faut franchir, pour l'approcher, un cercle de feu, et qu'alors cette femme, qui n'est autre que Brunehilde, lui appartiendra, à lui qui n'a jamais connu la peur. Et Siegfried se met en marche, guidé par l'oiseau.
On devine que le troisième acte, à part quelques incidents secondaires, se concentre tout entier dans l'arrivée de Siegfried sur le rocher, d'où il écarte Wotan, qui veut l'arrêter, dans son récit mâle à la vue de la mer de feu qu'il doit traverser, et dans son duo superbe et passionné avec Brunehilde lorsque, au mépris du danger, il est parvenu jusqu'à elle, l'a délivrée et s'est fait connaître.
Tout cela est puéril au point de vue de l'invention dramatique, sans intérêt et sans action, mais non sans couleur et sans contrastes, contrastes dont le musicien a fait son profit, comme on peut le penser, et dont il a tiré souvent un parti magnifique. Revêtu de son merveilleux manteau d'harmonie, ce drame enfantin semble quelque chose et fait presque figure, alors que, réduit à ses seules ressources, il paraîtrait absolument misérable. En fait, il se laisse écouter grâce à la musique, qui donne le change sur son peu de valeur. Il est certain que l'œuvre du musicien l'emporte d'une façon incomparable sur celle du poète. Si la partition de Siegfried est inégale, comme toutes celles de Wagner, manquant de mesure et de proportions, à son habitude, trop fertile en longueurs fâcheuses, elle n'en révèle pas moins l'artiste puissant et génial qu'était l'auteur de Parsifal, le musicien prodigieux qui, s'il vous fatigue et vous excède parfois, parfois aussi vous inonde d'une poésie enchanteresse ou vous arrache, par ses accents tumultueux, héroïques ou passionnés, des cris d'enthousiasme et d'admiration. De faire une analyse de cette partition de Siegfried, je n'essaierai même pas : on sait comment, par la forme particulière qu'il donne à sa musique, Wagner échappe et se dérobe à l'analyse. C'est seulement par l'ensemble, et non par le dé. tail, qu'il faut apprécier ses œuvres.
Voici quels étaient les interprètes de Siegfried au théâtre de Bayreuth : Siegfried, M. Unger; Mime, M. Schlosser; Wotan, M. Betz; Alberich, M. Hill; Fafner, M. Reichenberg ; Brunehilde, Mme Materna; Erda, M™' Jaïde.
SIGI