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lien en trois actes, musique de L.-E. Jadin, représenté au théâtre de Monsieur (Feydeau) le 23 avril 1792.

SIGNOR DOTTORE (il), opéra italien, musique de Fischietti, représenté à Naples en

SIGNOR FAGOTTO (il) , opérette en un acte, paroles de MM. Nuitter et Tréfeu, musique de M. Offenbach, représentée d'abord à Ems sur le théâtre du Kursaal le il janvier

1863, puis aux Bouffes-Parisiens en janvier

1864. L'air le plus applaudi est celui du Signor Fagotto, dans lequel le musicien a imité des cris d'animaux et tous les bruits possibles. On peut encore citer le quatuor d'entrée : II arrive ; la Chanson de l'antiquaire et le sextuor final, dont la composition est attribuée au Signor Fagotto.

* SIGNOR FORMICA, opéra-comique en trois actes, paroles de M. Keppel, musique de M. E. Schùtt, représenté sans grand succès à l'Opéra impérial de Vienne en novembre 1892.

* SIGNOR LUCIFER, opéra-comique, musique de M. Dunack, représenté à Stettin en

* SIGNOR PASCARIELLO (il), opéra-COmique en trois actes, paroles de Leuven et Brunswick, musique d'Henri Potier, représenté à l'Opéra-Comique le 24 août 1848.

* SIGNOR PIPINO (il), opéra-bouffe, paroles d'Almerindo Spadetta, musique de Vincenzo Fioravanti, représenté à Naples, sur le théâtre Nuovo, en 1856.

* SIGNORA VENDETTA, opérette, paroles de M. Hermann Hirschel, musique de M. Gênée, représentée à Wiesbaden en juin 1892.

SIGNORE IN VIAGGIO (il) [le Seigneur en voyage], opéra italien, musique de Mercadante, représenté vers 1840.

SIGUNA, drame lyrique allemand, musique de Conradin Kreutzer, représenté à Vienne en 1824.

* SIGURD, opéra en quatre actes et sept tableaux, poème de MM. Camille du Locle et Alfred Blau, musique de M. Ernest Reyer, représenté à l'Opéra le 12 juin 1885. Lorsqu'il parut à notre Académie nationale de musique, le Sigurd de M. Reyer était écrit depuis une quinzaine d'années, et non seulement les habitués en avaient pu connaître les fragments les plus importants, entre autres sa belle ou-

verture, mais l'ouvrage avait fait ses preuves à la scène, d'abord au théâtre de la Monnaie de Bruxelles, où il avait été joué pour la première fois le 7 janvier 1884, puis au théâtre de Covent-Garden, de Londres, et enfin à Lyon, ce qui fait que Paris n'était même pas la première ville française qui l'eût entendu. Le poème en est tiré de la fameuse légende Scandinave de l'Edda, dont Wagner s'est inspiré pour ses grandes œuvres, de sorte que nous y retrouvons la plupart des héros familiers au maître allemand. Sigurd nous présente, en effet, les personnages suivants : Gunther, roi des Burgondes; Sigurd, héros franc; Hagen, guerrier, compagnon de Gunther; un prêtre d'Odin; Brunehild, valkyrie chassée du ciel; Hilda, sœur de Gunther; Uta, nourrice d'Hilda.

Tandis que Gunther rêve de nouvelles conquêtes, sa sœur Hilda ne songe qu'au valeureux Sigurd, qui a vengé son père et qui l'a sauvée elle-même de la captivité après la défaite de celui-ci. Elle aime Sigurd, qui l'ignore, et sa nourrice, Uta, lui promet de le rendre amoureux d'elle, grâce à un breuvage magique dont elle possède le secret. A ce moment entrent des envoyés d'Attila, qui viennent demander à Gunther, pour leur maître, la main de sa sœur Hilda. Pendant les libations qui précèdent l'accomplissement de leur mission, un barde chante la légende de la valkyrie Brunehild, qu'Odin, le dieu Scandinave, tient endormie :

Odin, de courroux transporté, Un jour chassa du ciel une vierge guerrière,

Qui, pour combattre sur la terre.

Avait osé quitter le séjour enchanté.

La vierge prisonnière et endormie sera le prix du guerrier vaillant qui, en dépit de tous les dangers et de tous les obstacles, traversera les murs de flamme du palais où elle est enfermée, et l'arrachera tout à la fois au sommeil et à la captivité.

Transporté par ce chant, Gunther forme aussitôt le projet de conquérir ce trésor de pureté. Alors arrive Sigurd, qui, lui aussi, sait la captivité de Brunehild, et, lui aussi, prétend la délivrer. Mais Uta est là, qui veille sur le bonheur d'Hilda; elle offre à Sigurd le breuvage magique qu'elle a préparé, et Sigurd, aussitôt épris d'Hilda, ne songe plus à délivrer Brunehild pour luimême. Mais il propose à Gunther, qui accepte, d'aller conquérir pour lui la princesse endormie.

Après ce premier acte, qu'on peut trouver trop long, scéniquement et musicalement.

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l'action se transporte en Islande, où le spectateur assiste d'abord, avant l'arrivée de Sigurd, à une scène religieuse qui rappelle un peu celle de Norma. La forêt où se passe cette scène fait bientôt place à une plaine désolée. C'est là que commencent les épreuves de Sigurd, qui amènent dans notre esprit le souvenir de Robert le Diable et du fameux tableau des nonnes entourant le héros. Il faut constater toutefois que les danses des Valkyries, des Nornes, des Elfes et des Villis cherchant à séduire, à déconcerter, à décourager Sigurd, forment un tableau charmant. Mais en dépit' de leurs ruses et de leurs efforts, en dépit des flammes qui défendent l'entrée du palais enchanté, il franchit les murs de ce palais, et, parvenu auprès de Brunehild, l'arrache à son sommeil. En l'approchant, il a dû seulement prendre soin de baisser la visière de son casque et de ne point faire entendre sa voix, afin que la valkyrie ne puisse le reconnaître plus tard. Une faut point qu'elle le reconnaisse, afin qu'elle puisse croire que c'est Gunther qui l'a délivrée, puisque c'est Gunther qui doit l'épouser. Sur un ordre de Sigurd*, la couche de Brunehild se transforme en une nacelle qui, conduite par deux fées transformées en cygnes, traverse la mer pour aller rejoindre Gunther. Là, se trouve un des plus beaux décors que l'on puisse rêver. Le troisième acte est consacré aux fêtes du mariage de Brunehild avec Gunther, qu'elle croit son sauveur. Le quatrième, le plus beau peut-être au point de vue musical, est aussi le plus pathétique. Quoi qu'elle fasse, Brunehild aime Sigurd, et elle reproche aux dieux de la torturer. Hilda, qui a deviné sa passion, veut l'humilier en lui montrant à quel point Sigurd la dédaigne, puisqu'il lui a donné à elle, Hilda, la ceinture qu'elle portait et dont elle lui a fait présent lorsqu'il est allé l'arracher à la vengeance d'Odin. A cette vue, Brunehild frémit de colère, et sa fureur se répand en imprécations menaçantes contre Hilda et contre Gunther. Sigurd, qui survient, échappe à l'influence du breuvage d'Uta, et, violemment épris maintenant de la valkyrie, qui n'a pas cessé de l'aimer, prétend l'arracher à Gunther comme il l'a ravie à Odin. Mais Gunther, qu'un crime n'effraie pas, fait traîtreusement assassiner Sigurd par son ami llagen. Et tandis qu'on amène auprès de Brunehild le héros moribond et qu'elle-même tombe mourante sur son corps, Hilda, que le crime et la lâcheté de son frère ont exaspérée, ordonne à Uta de porter à Attila le bracelet vengeur, le fameux bracelet de la légende, qui attirera sur Gun-

ther le châtiment qu'il méirte. Enfin, dans une éblouissante apothéose, on voit Sigurd et Brunehild, ressuscites et étroitement unis, s'élever vers le ciel, vers le Walhalla, ou Odin, miséricordieux, les attend pour leur pardonner.

Tel qu'il est, ce poème a vraiment inspiré M. Reyer, et la partition de Sigurd, mâle et puissante, poétique et colorée, est remarquable à tous égards. Si l'œuvre est complexe, touffue — un peu trop touffue — elle abonde du moins en beautés de divers genres. Le premier acte, à mon sens, est trop long, et il supporterait de larges coupures, surtout dans sa première moitié ; mais l'entrée de Sigurd est superbe, avec son éclat de trompettes, et toute ia scène qu'elle amène, scène puissante etd'une déclamation vraimenthéroïque, ne pouvait être écrite que par un grand artiste. Tout le tableau religieux du sacrifice, au commencement du second acte, est d'une inspiration pleine de grandeur et d'un effet saisissant. Le contraste est frappant entre ce tableau et le suivant, où Sigurd se trouve aux prises avec les esprits qui veulent l'empêcher de pénétrer jusqu'à la valkyrie. Après une mélodie délicieuse et d'un sentiment poétique très intense chantée par le héros, vient l'épisode fantastique de sa lutte avec les génies. On pense involontairement à Wcber en écoutant cette musique colorée, originale, charmante, pleine de détails symphoniques aussi nouveaux que curieux, aussi heureux qu'inattendus. Enfin, au troisième tableau, il faut surtout tirer de pair la phrase exquise, enchanteresse, qui sert de thème à l'invocation de Brunehild : 0 mon sauveur silencieux!... La page maîtresse du troisième acte est le duo de Gunther et de Brunehild, dans lequel l'inspiration atteint à une grande hauteur, surtout lorsque Brunehild s'écrie :

Je suis à toi, Gunther, mon époux et mon maitre, Vaillant roi de ce beau pays; Echangeons nos serments entre les mains du prêtre Et qne les dieux soient obéis.

L'épisode des fiançailles, avec son ballet et la marche qui le suit, semble un peu décousu, un peu inégal. Mais le quatrième acte, quoique trop long, comme lo premier, est, à mon mus, le meilleur de la partition. L'uir de Brunehild est absolument beau, son duo avec l d'une vigueur et d'un sentiment dramatique superbes, et, quant au duo de Sigurd et de Brunehild, c'est une des pages à la plus tendres, les plus passionnées et les plus puissantes que je connaisse au théâtre. 11 y a

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