TÊTE
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véritable héritière, l'épouse ; on ouvre la testament, M. de Crac ne possédait pas un sol. Autrefois, on se contentait de quelques couplets sur des airs connus pour ce genre de pièces, et cela était bien suffisant ; maintenant des compositeurs de talent comme M. Lecocq se donnent la peine d'écrire une vraie partition pour ces bluettes ; on a entendu, autant qu'on a pu y faire attention au milieu de ces drôleries, la légende des sires de Crac, un duo : Nous voilà seuls ; le trio de l'épinard, le duo du puits. Cette musique est gaie et dansante. Joué par Berthelier, Montrouge, Désiré, Mlles Debreux et Peyron. Le Testament de M. de Crac a été joué aussi avec succès au théâtre des Galeries-Saint- Hubert, à Bruxelles, par Bonnet, Fraisant, Michel et Mlle Paola Marié.
TESTAMENT DE POLICHINELLE (le),
opérette-bouffe à trois personnages, paroles de M. Montjoie, musique de M. Hervé, représentée aux Folies-Nouvelles en novembre 1855. Cette pièce a servi aux débuts de Seréne et de.MUe Darly.
* testament du FOU (le), opérette, paroles de MM. L. Pick et M. Simon, musique de M. L. Ungar, représentée à Totis, dans le château du comte Esterhazy, en nov. 1889.
TESTAMENTO A SEI CENTO MILLE FRANCHI (il) [le Testament de six cent mille francs], opéra italien, musique de Farinelli, représenté à Turin en 1816.
* testamento azul (el), zarzuela en trois actes, paroles de Liern, musique de Francisco Barbieri, Oudrid et Aceves, représentée à Madrid, sur le théâtre du Retiro, le 20 juillet 1874.
TESTAMENTO Dl FIGARO (il), opéra italien, musique de Cagnoni, représenté à Turin en 1848.
* TESTAMENTO Y LA CL AVE (EL), zarzuela en deux actes, paroles de MM. Ruesga, Lastra et Prieto, musique de MM. Angel Rubio et Espino, représentée au théâtre des Variétés de Madrid en mars 1886.
TESTE Dl GESSO (le), opéra buffa, musique de Burali-Forti, représenté au théâtre Petrarca, à Arezzo, le 19 avril 1877. Chanté par Toti, Foci, Paterna, et M"»» Zelli.
TÊTE DE MÉDUSE (la), opéra-comique en un acte, paroles de Vanderburch et Deforges, musique de Scard, représenté au théâtre de Montmartre le 25 mai 1846 et au
théâtre de l'Opéra-National le 30 janvier 1848. Joseph Kelm y a rempli le rôle principal; c'est indiquer suffisamment le caractère de la pièce.
* TÊTE DE TUPC (une), opérette en un acte, paroles de MM. Gaston Marot et Jonathan, musique de M. Charles Malo, représentée au concert de l'Eldorado en 1877.
TÊTE ENCHANTÉE (la.), opéra-comique en un acte, paroles de M. Ernest Dubreuil, musique de M. Léon Paliard, représenté au Théâtre-Lyrique le 13 décembre 1861. On y a entendu un petit quatuor d'un effet agréable.
TÊTE SANS HOMME (la), opéra-comique allemand , musique de Woelffl, représenté à Vienne en 1798, puis à Prague.
TETI E PELEO, grande cantate, musique de Rossini, exécutée au théâtre del Fondo, à Naples, en 1816. Ce fut à l'occasion du mariage de la duchesse de Berry que Rossini composa cet ouvrage.
TETIDE, opéra en trois actes, paroles de Magliavacca, musique de Gluck, représenté à Vienne en 1*60.
TETIDE IN SCIRO (Thélis à Sajros), opéra italien, musique de Scarlatti (Dominique), représenté à Varsovie en 1712.
TEUFELMUHLE (die) [le Moulin du diable], opéra-comique allemand, musique de W.
Miiller, représenté à Vienne vers 1795.
TEUFELS LUSTSCHLOSS (der) [le Château de plaisance du diable], opéra allemand, livret de Kotzebûe, musique de François Schubert, écrit en 1814. La pièce est des plus puériles. Un amant est soumis par le père de sa future à une série d'épreuves de magie blanche, de diableries et d'apparitions dont la cause finit par être expliquée naturellement. La partition de Schubert se compose de dix-huit morceaux. Elle n'a pas encore été représentée.
TEUZZONE (il), opéra italien, livret d'Apostolo Zeno, musique de Paolo Magni, maître de chapelle de la cour, pour le premier acte, et de Monari, maître de chapelle de la cathédrale de Reggio, pour le second a«te, représenté sur le théâtre Ducal de Milan en 1706.
TEUZZONE (il), opéra italien, livret d'Apostolo Zeno, musique de Lotti, repr. sur Ie> théâtre de San-Cassiano, à Venise, en 1707, à Bologne en 1711, et à Mantoue en 1719.
THAÏ
THAÏ
TEUZZONE , opéra italien, livret d'Apostolo Zeno, musique de Ariosti, représenté à Londres en 1727.
TEUZZONE (il), opéra italien, musique d>> J. Niccolini, représenté à Venise vers 1818.
* thaïs, comédie lyrique en trois actes et sept tableaux, livret tiré, par M. Louis Gallet, du roman de M. Anatole France qui porte le même titre, musique de M. J. Massenet, représentée à l'Opéra le 16 mars 1894. Il y avait, je le crois bien, plus de soixante ans que l'Opéra n'avait appliqué cette qualification de « comédie lyrique » à un ouvrage représenté sur ses planches un peu trop exclusivement solennelles. C'est qu'il ne s'agit pas en effet, avec Thaïs, d'un de ces drames puissants et passionnés, riches en incidents et en coups de théâtre grandioses, d'un de ces sujets profondément pathétiques comme ceux des Huguenots, de la Juive ou du Prophète. On ne pouvait tirer du roman intime et mystique de Thaïs qu'une action unie et simple, sans péripéties, sans complications, se déroulant entre deux seuls personnages importants et laissant tous les autres dans une sorte d'ombre discrète, ceux-ci servant seulement à accentuer le mouvement scénique et à donner à l'œuvre la vie, la couleur et la variété nécessaires.
Le librettiste a eu l'idée d'écrire son livret en prose rythmée, sinon tout à fait en vers blancs, en une prose cadencée à laquelle, dans un trop long article de revue où il s'efforçait issez inutilement d'expliquer sa- pensée, il donnait le nom de « poésie mélique » . Cette explication laissait le public indifférent, l'essentiel, pour celui-ci, étant que le livret soit bon, intéressant, et qu'il serve utilement le musicien. L'action de Thaïs se passe à la fin du quatrième siècle. Le premier acte nous montre, en un coin de la campagne thébaine, sur les rives du Nil, un refuge de cénobites. Les bons pères achèvent, à la table commune, un modeste repas. Une place reste vide auprès d'eux, celle de leur compagnon Athanaël (le Paphnuce du roman), qui s'est rendu à Alexandrie. Le voici bientôt de retour, tout scandalisé encore du bruit que cause dans la grande ville la présence d'une courtisane impudique, la fameuse comédienne et danseuse Thaïs, qui semble avoir bouleversé l'esprit sceptique et léger de ses habitants. Justement, dans ses jeunes années, Athanaël avait connu cette Thars, et précisément à Alexandrie, qu'il a quittée pour se consacrer au Seigneur et prendre l'habit de religieux.
Athanaël est hanté par le souvenir de Thaïs. Il songe que ce serait œuvre pieuse et méritoire de l'arracher à son métier indigne, à l'existence de débauche qui la déshonore et dont elle ne semble même pas avoir conscience. Il se couche et s'endort sous l'impresr sion de cette pensée, qui ne cesse de l'obséder, si bien qu'il la voit en rêve, sur la scène du théâtre d'Alexandrie, représentant les Amours de Vénus. Il n'y tient plus, et à son réveil il part pour aller la retrouver, bien résolu à tout faire pour amener sa conversion.
Arrivé à Alexandrie, Athanaël se trouve en présence d'un ancien ami, le beau Nicias, de qui il se fait reconnaître et qui est l'amant de Thaïs pour un jour encore, car il a acheté son amour pour une semaine qui est près d'expirer. Il confie son projet à Nicias, qui l'accueille comme un frère, et lui fait endosser des vêtements qui lui permettront d'assister à une fête et à un banquet qu'il donne précisément, le soir même, en l'honneur de Thaïs. Bientôt il se trouve en présence de la courtisane, qui se rit de lui à ses premières paroles et qui l'engage à venir la voir chez elle, s'il prétend la convertir. Il n'a garde de .manquer à cette invitation, et, une fois chez ■Thaïs, lui fait honte de sa vie déréglée et, avec des paroles éloquentes, lui fait entrevoir les joies célestes et les félicités de la religion. Thaïs est ébranlée, elle est sur 1© point de céder à ses conseils, lorsqu'au loin, dans une chanson, se fait entendre la voix de ses compagnons de plaisir. Elle repousse alors le moine qui, sans se décourager, s'éloigne en lui disant : « A ton seuil, jusqu'au jour, j'attendrai ta venue. »
Voici qu'en effet nous le trouvons, à la nuit, assis sur les marches extérieures de la demeure de Thaïs. Le temps a fait son œuvre, et quelques heures ont suffi pour que la jeune femme soit touchée par la grâce. Elle sort de chez elle, ayant échangé ses riches vêtements contre une robe de bure, vient trouver le moine et supplie celui-ci de la conduire dans un monastère. La conversion est opérée.
Mais Athanaël s'est trompé lui-même. Ce n'est point l'amour de Dieu, c'est la jalousie qui lui dictait sa conduite, sans qu'il s'en rendit compte. Lorsque, de retour à la Tin'— baïde après avoir mené Thaïs dans un courent, il croit avoir retrouvé la tranquillité, il s'aperçoit avec stupeur qu'il l'aime comme un fou. Sa pensée se reporte sans cesse vers elle, et dans un nouveau rêve, un rêve cruel.
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il lui semble voir Thaïs, sanctifiée et purifiée par le remords et par la prière, sur le point d'expirer dans le monastère où elle s'est réfugiée. A son réveil, sous l'impression de cette vision sinistre, il court au monastère, où Thaïs, en effet, est près d'exhaler son dernier souffle. Mais il ne veut pas qu'elle meure ; et tandis qu'elle, extasiée, ne songe qu'au ciel et à sa purification, lui veut l'arracher à la mort et ne lui parle que de son amour. La scène est étrange et d'une réelle puissance. Thaïs meurt enfin, et Athanaël tombe foudroyé auprès d'elle.
Ce sujet, moitié mystique, moitié psychologique, était- il bien propice à une action théâtrale? A-t-il même été traité de .façon à atténuer les défauts qu'il pouvait présenter sous ce rapport? On en pourrait douter. Toutefois M. Massenet a écrit, sur ce livret de Thaïs, une partition qui, si elle ne présente pas l'unité ferme de celles de Manon et de Werther, ne manque certainement ni d'inspiration, ni de couleur, ni d'originalité, et où l'on retrouve d'ailleurs, dans toute leur force et tout leur épanouissement, les étonnantes qualités techniques d'un maître à qui rien de son art n'est étranger. Toute la musique du premier acte, qui nous représente la retraite des cénobites, est d'une couleur sobre et sévère avec laquelle contrasteront le mouvement et la grâce du tableau de la maison de Nicias. Il y faut noter le chœur tranquille des religieux, l'entrée d'Athanaël, la belle phrase qui suit sa vision: Toi qui mis la pitié dans nos âmes, et l'effet très curieux de la scène où il s'éloigne de nouveau de ses compagnons pour retourner à Alexandrie. Au second acte, l'espèce d'invocation placée dans la bouche du même Athanaël: Voilà donc la terrible cité..., écrite sur un rythme puissant, est suivie d'un quatuor charmant, morceau d'un accent plein de grâce et dont la fin surtout est délicieuse. A signaler encore dans ce tableau le rapide et gentil dialogue de Nicias et de Thaïs : Nous nous sommes aimés une longue semaine, qui semble cacher, sous son apparente indifférence, comme une pointe de mélancolie. Je passe sur l'air de Thaïs : Dis-moi que je suis belle, air de bravoure, uniquement destiné à faire briller la virtuosité d'une chanteuse, auquel je préfère de beaucoup toute la scène qui suit, qui n'est qu'un long duo dans lequel Athanaël s'efforce de convertir Thaïs. Les accents sévères et farouches du moine, mis en opposition avec les railleries et les élans voluptueux de la courtisane, produisent un contraste frappant que le compositeur a su
mettre en relief avec un rare bonheur et une réelle puissance. 'L'intermezzo symphonique qui, sous le nom de « méditation », sépare ce tableau du suivant, n'est autre chose qu'un adorable solo de violon, soutenu par les harpes, et donc le développement amène, sur la reprise du premier motif par le violon, une entrée de chœur invisible dont l'effet est purement exquis. Le rideau se relève sur la scène où Thaïs, qui a revêtu une robe de bure, vient chercher le moine pour s'enfuir avec lui. Ici se place un duo en contraste complet avec le précédent. Athanaël veut que Thaïs détruise et brûle tout ce qui peut conserver le souvenir de son passé ; elle obéit, demandant grâce seulement pour une statuette d'Éros : L'amour est une vertu rare... C'est une sorte d'invocation à la pureté de l'amour, écrite, si l'on peut dire, dans un sentiment de chaste mélancolie, et toute empreinte de grâce et de poésie. Mais ce qu'il faut louer par-dessus tout, c'est la scène finale, celle de la mort de Thaïs. Cette scène, vraiment pathétique et puissante, a été traitée par le musicien avec un talent de premier ordre et une incontestable supériorité. Là encore il a su merveilleusement saisir le contraste entre les pensées pieuses de Thaïs qui, au moment de quitter la vie, entrevoit le bonheur éternel, et la rage impuissante d'Athanaël, qui, dévoré d'un amour impie, lui dévoile, sans qu'elle l'entende et le comprenne, toute l'ardeur d'une passion que la mort seule pourra éteindre en lui. Les phrases touchantes de Thaïs, les accents désespérés d'Athanaël, coupés par les chants désolés des religieuses, compagnes de la mourante, provoquent chez l'auditeur une émotion poignante et sincère. C'est là l'une des plus belles pages qu'on doive à la plume de M. Massenet. Il y faut signaler surtout le retour de la belle phrase de violon qui fait le fond de l'intermezzo du second acte.
L'ouvrage a été fort bien joué par M11" Sybil Sanderson (Thaïs), M. Delmas (Athanaël), M. Alvarez (Nicias) , Mmes Héglon et Marcy et M. Delpouget.
TKALIE AU NOUVEAU THÉÂTRE, opéra-
coroique en un acte, paroles de Sedaine , musique de Grétry, représenté à la Comédie- Italienne le 28 avril 1783.
* THAMABA, opéra en deux actes et quatre tableaux, paroles de M. Louis Gallet, musique de M. Bourgault-Ducoudray, représenté à l'Opéra le 28 décembre 1891, joué par MM. Bngel, Dubulle, Douaillier et M11» Domenech. M. Bourgault-Ducoudray, élève de