‹ Dictionnaire des opérasChapitre 774 sur 928 · TOM · texte numérisé non relu

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avait déplu au public et qu'elle avait compromis le succès de l'admirable partition de Philidor. Nous le croyons sans peine. D'abord ce sont des personnages anglais qui sont en scène, en 1766, et même beaucoup plus tard, on ne les prenait pas au sérieux. Philidor, au contraire, a toujours eu de la prédilection pour la société anglaise et il ne pensait pas qu'un sujet anglais produit sur la scène pût être un obstacle au succès. Tom Jones n'est pas assurément une mauvaise pièce ; il y a de la variété dans les situations, de la passion vraie , de l'entrain et de la gaieté. Mais le quaker Dowling, qui gardait toujours son chapeau sur la tête, a dû bien divertir le public ; en outre, il y a çà et là des métaphores d'un goût littéraire douteux.

Qu'on en juge par le début de la première scène. Sophie est assise devant un métier à tapisserie où elle travaille, et elle chante ceci :

Que les devoirs que tu m'imposes,

Triste raison, ont de rigueur!

Tu gémis, Sophie, et tu n'oses

T'interroger sur ta douleur.

Quand sous tes doigts naissent les roses,

Les épines sont dans ton cœur.

En quelques mots, voici le sujet de la pièce : Tom Jones passe pour un enfant trouvé. Il a été élevé dans la maison de M. Alworthy avec Blifll, neveu de ce riche propriétaire. Ses talents, son caractère sympathique, la grâce de sa personne l'ont fait aimer de tous et distinguer particulièrement par miss Sophie, fille de M. Western, opulent et fanatique chasseur, voisin d' Alworthy. Mistress Western, sœur du Nemrod, se pique de diplomatie ; elle prétend être très perspicace; elle s'imagine que Sophie aime Blifil ; elle organise le mariage, qui réunit les suffrages de tout le monde, excepté ceux de Tom Jones et de Sophie, qui s'adorent sans se l'être dit ; mais en présence d'une signature de contrat imminente, tous deux se déclarent leurs sentiments. On les surprend. Tom Jones est chassé. Sophie se dérobe par la fuite avec son amie Honora à un hymen odieux. Les deux familles suivent les traces de la fugitive. On se retrouve dans l'hôtellerie de la ville voisine du château. Là, le quaker Dowling, confident des secrets de la famille Alworthy, révèle la naissance do Tom Jones. Celui qu'on croyait un enfant, trouvé est le fils légitime de la sœur d'Alworthy et le frère aîné du traître Blifll. Il recouvre sa position, sa fortune. i;i reçoit de M. Western la main (le celle qu'il aime.

Comme Rameau, Philidor aimait assez

les épisodes descriptifs. Il y excellait. L'air de chasse de Western : D'un cerf dix cors j'ai connaissance, est traité avec habileté et esprit. Il est d'un entrain incroyable et accompagné avec un art consommé.

L'air de chasse du Pardon de Ploërmel est lamentable en comparaison de celui-là. ÏI faudrait tout citer, car la partition de Tom Jones se soutient sans éclipse depuis l'ouverture jusqu'au vaudeville de la fin. Cependant nous recommandons la lecture du duo entre Western et sa fille : Non, rien ne peut me retenir, qui termine le premier acte ; dans le second, l'air de Jones : Amour, quelle est donc ta puissance"? l'ariette de Sophie, qui est si touchante : C'est à vous que je dois la vie, et le septuor final ; dans le troisième acte, le quatuor des buveurs en canon sans accompagnement, et le grand air de Sophie : 0 toi qui ne peux m' entendre. En tenant compte de l'état du goût public à l'époque où Tom Jones a été écrit, du genre des pièces et de la faiblesse des exécutants, en un mot des obstacles devant lesquels Philidor devait faire plier son génie, on regrette que ce compositeur, doué d'une organisation si fine et qui savait écrire une harmonie si délicate et si bien appropriée aux situations dramatiques, n'ait pas vécu en Italie, où il aurait été l'émule de Paisiello et de Cimarosa.

TOM JONES, opéra-comique anglais, musique de Linley, représenté sur le théâtre de - Drury-Lane, à Londres, en 1785.

TOM RICK, opéra-comique allemand, musique de Conradin Kreutzer, représenté à Vienne vers 1839.

* TOMA DE GRANADA (la.), zarzuela, musique de M. Antoine Reparaz, représentée en Portugal vers 1S70.

tombeau DU MUPHTI (i.e), opéra allemand, musique do Baumgarten,' représenté à Breslau en 1779.

TOMBOLA (la), opéra italien, livret de M. F. Piave, d'après la comédie française intitulée: la Cagnotte, musique de M. Cagnoni, représenté sur le théâtre Argcntina, à Rome, en février 1868.

TOMiRl. opéra italien, livret de Antonio Medolago, musique d'Angiolo Vitali , représenté au théâtre San-Cassiano, à Venise, en

* TOMMASO IL GOBBO, opéra, musique do

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Social de cette ville.

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