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VIVA

VIZI

* VIVA MI TIERRA ! zarzuela en deux actes, musique de MM. Espino et Angel Rubio, représentée à Madrid, sur le théâtre du Prince-Alphonse, en juillet 1884.

* VIVAN LAS CAENAS ! zarzuela en trois actes, musique de M, José Rogel, représentée à Madrid en 1879.

* VIVANDIÈRE (la), opéra-comique en trois actes, paroles de M. Henri Cain, musique posthume de Benjamin Godard, représenté à TOpéra-Comique le i«r avril 1895. Il s'agit ici d'un épisode romanesque de la guerre de Vendée. Un détachement de troupes républicaines arrive dans un village ; les soldats ont faim, mais ne trouvent rien à manger, et Marion, la vivandière, n'a rien à leur donner. Arrive le jeune Georges de Rieul, fils du riche propriétaire d'un château voisin, libéral et patriote, autant que son père est royaliste et réactionnaire. Georges fait distribuer des vivres aux soldats, ce qui n'est point du goût de son père, dont la colère est telle qu'elle le pousse jusqu'à maudire son fils. Le jeune homme est désespéré, et, sur le conseil de la vivandière, suit les troupes et s'enrôle dans l'armée révolutionnaire ; en même temps, la gentille Jeanne, une jeune orpheline aimée de Georges et qui lui rend son amour, se joint à Marion à qui elle servira d'aide.

Les combats ont commencé entre les bleus et les blancs. Seule, une petite troupe de ceux-ci tient encore la campagne. On s'apprête à la débusquer du village qu'elle occupe, lorsque Marion apprend qu'elle est commandée par le marquis de Rieul. Le père et le fils peuvent se trouver face à face, l'un peut tuer l'autre!... Elle frémit à. cette pensée, et s'arrange de façon que Georges soit dans l'impossibilité de prendre part à l'assaut du village. L'assaut est donné, et le marquis est fait prisonnier. Georges l'apprend, et veut risquer sa vie pour sauver son père, qui doit être fusillé. Marion l'écarté, en lui disant qu'elle se charge de tout. Elle protège en effet la fuite du marquis, qui s'échappe. Mais tout est découvert, et c'est Marion elle-même qui sera peut-être fusillée, lorsque arrive un décret de la Convention accordant amnistie pleine et entière à tous les rebelles.

Sur ce drame très bien mis en scène et dont l'émotion est très sincère, le pauvre Godard, dont ce fut la dernièro œuvre, avait écrit une partition très franche, très vivante, très mouvementée, et merveilleusement

adaptée au sujet. Il n'eut pas le temps d'y mettre la dernière main et d'en achever l'orchestration, qui fut terminée très adroitement et très heureusement par M. Paul VidaL Plusieurs morceaux sont à signaler dans la musique, bien venue et franche du collier de la Vivandière. Au premier acte, les excellents couplets de Marion : \iens avec nous, petit, le duo des amoureux, et la scène de la malédiction, qui est très bien traitée. Au second, les couplets comiques du sergent La Balafre, une scène charmante et pleine d'émotion entre Marion et Jeanne, la prière des deux femmes, la lecture de la lettre faite par Marion, qui tire vraiment les larmes des yeux, le récit militaire de La Balafre : En avant! dont l'arrangement produit un effet prodigieux, et la scène de Marion avec le capitaine, qu'elle supplie de ne pas envoyer Georges à l'assau't et qui est très dramatique. Enfin, au troisième acte, la danse grotesque établie sur l'air de la Fricassée, la jolie phrase du duo des amoureux : Dans mes regards troublés, unjoli mélodrame symphonique, un nouveau duo entre Marion et le capitaine, quand elle lui apprend, au péril de sa vie, que c'est elle qui a délivré le marquis, et la scène finale, dans laquelle on perçoit un souvenir du Chant du départ. Mlle Delna et M. Fugère se sont montrés admirables dans les deux rôles de Marion et de La Balafre ; les autres étaient fort bien tenus par Mlle Laisné, MM. Badiali, Clément, Mondaud et Thomas.

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