‹ Dictionnaire des opérasChapitre 859 sur 928 · BAND · texte numérisé non relu

BAND

SUPPLÉMENT

BARB

et quatre tableaux, paroles de M. Van der Elst, musique de Mlie Eva Dell'Acqua, représentée à Bruxelles, sur le théâtre des Galeries-Saint- Hubert, le 10 mars 1896.

*bada (la), zarzuela en deux actes, paroles de M. Casero, musique de MM. Garcia Alvarez et Calleja, représentée au théâtre Eslava de Madrid en mars 1902.

*BADIA DI POMPOSA (la) [L'Abbaye de Pompose] , « mélologue » , paroles de M. Domenico Tumiati, musique de M. Vittore Veneziani, représenté à Ferrare le 25 novembre 1900. Ce petit ouvrage mettait en scène l'illustre théoricien musical Guido Monaco, dit Guido d'Arezzo, pendant son séjour bien connu au couvent de Pomposa (xie siècle).

* bajo DE arriba (el), jeu comico-lyrique en un acte, paroles de M. Sanchez Pastor, musique de M. Ruperto Chapi, représenté au théâtre de l'Eldorado, de Madrid, en 1896.

*BAL de. l'opéra (le), opérette, paroles de MM. Léon et Waldberg, musique de M. Richard Heuberger, représentée à Vienne, sur le théâtre An der Wien, le 5 janvier 1898.

* bal masqué (le), opérette, paroles de M. Ward, musique de M. H. Véron, représentée à Londres le 16 mars 1898.

* BALA DEL RIFLE (la), zarzuela en trois actes, paroles de M. Jacques, musique de M. Ruperto Chapi, représentée sur le théâtre de la Zarzuela de Madrid en 1892.

* BALADA DE LA LUZ (la), zarzuela en trois actes, paroles de M. Eugenio, musique de M. Vives, représentée au théâtre de la Zarzuela de Madrid le 12 juin 1900.

* balandina, opéra en trois actes, musique de M. Jelenski, représenté au théâtre municipal de Lemberg en février 1900.

* BALIDO DEL ZULU (el), zarzuela, paroles de MM. Granes et Lopez Marin, musique de M. Arnedo, représentée à Madrid en octobre 1900.

* BAMBOU (le), opéra-comique en trois actes, paroles de M. S. N. Sedgwick, musique de M. E. Markham Lee, représenté à Voodford Green (comté d'Essex) en juillet 1898.

•banda DE TROMPETAS (la), zarzuela, paroles de M. Lucio, musique de Torregrosa, représentée à Vigo en juin 1897.

'BANDEAU DE L'AMOUR (lu), opérette en un acte, paroles d'Hippolyte Lucas, musique

de Bazzoni, représentée sur le théâtre des Folies-Nouvelles en décembre 1855.

* BANO DE DIANA (el), zarzuela, paroles de MM. Granès et Ruùno, musique de MM. Angel Rubio et Estelles, représentée à 1 Eldorado de Madrid en juillet 1898.

•BANQUIER DU PAUVRE (le), Opéra-CO-

mique en un acte, paroles de G. Bogaerts, musique de F. Everaerts, représenté à Liège le 9 août 1865.

•BAR-BA-EOUC, opérette en un acte, paroles de Peytret, musique de Decroze, représentée à Marseille en 1865.

•BARBAGIA, a scènes sardes» en un acte, paroles et musique de M. Nino Alberti, représentées à Rome, sur le théâtre Adriano, le 29 mai 1902. Le compositeur avait tiré son livret d'un drame de M. Marco Vinelli intitulé la Ragione del facile, qui offre un tableau caractéristique de la vie en Sardaigne.

* BARBARES (les), drame lyrique en trois actes et un prologue, poème de MM. Victorien Sardou et P.-B. Gheusi, musique de M. Camille Saint- Saëns, représenté à l'Opéra le 23 octobre 1901.

L'action se passe sous les murs d'Orange, un siècle avant Jésus-Christ, à l'époque de l'invasion des Teutons. A l'entrée du drame, les Barbares sont aux prises avec les Romains, faiblissant sous le nombre, tandis que Floria, la grande prêtresse de Vesta, s'est réfugiée dans l'amphithéâtre , avec les vierges ses compagnes, les femmes et les enfants épouvantés. L'un des deux consuls qui combattent, Euryale, vient d'être tué, et sa veuve, Livie, jure de le venger. L'autre, Scaurus, vient engager les femmes à s'enfuir, pendant qu'il se fera tuer lui-même pour leur donner le temps d'échapper à la mort. Mais Floria résiste, espérant encore. Tout à coup les Germains vainqueurs envahissent l'arène, leur chef Marcomir à leur tête, se préparant à tout massacrer. Et voici que Marcomir, fasciné par la fière beauté de Floria, après lui avoir adressé quelques paroles, chasse ses guerriers, avec défense de pénétrer de nouveau dans l'enceinte. Et le rideau tombe sur un regard silencieusement échangé entre la vestale et le héros germain.

Au second acte, Scaurus est tombé aux mains des sentinelles ennemies, et les Barbares s'apprêtent à l'égorger. Sur un cri de Floria accourt Marcomir, qui lui accorde la vie de Scaurus. Mais, resté seul avec elle, il

BARB

SUPPLÉMENT

BARB

lui découvre la passion qu'elle lui a inspiré. Qu'elle consente à le suivre, et la ville sera sauvée. Elle s'indigne et résiste. Il lui fait entendre alors les chants de mort de ses soldats ivres. Floria éperdue, terrifiée, sans défense, cède devant ces clameurs sauvages, et Marcomir, après avoir donné aux siens l'ordre d'épargner la ville et de partir au point du jour, revient auprès d'elle. Mais il est transformé. Il n'exige plus, il prie, lui déclare qu'il ne veut la tenir que de sa libre volonté, et elle, touchée de sa magnanimité, l'âme envahie d'ailleurs par un amour dont elle se défendait en vain, finit par tomber aux bras de son vainqueur.-

Nous assistons au départ des Barbares, et Floria s'apprête elle-même à suivre celui qui doit être son époux. Livie est là, toujours farouche, toujours songeant à venger celui qu'elle a perdu. Comme elle soupçonne Marcomir à ce sujet, elle use d'un stratagème pour acquérir la certitude de la vérité qu'elle entrevoit, et elle s'écrie : « Je veux punir le lâche qui, feignant de se rendre à mon époux vainqueur, Ta frappé dans le dos. — Tu mens, » dit aussitôt Marcomir, indigné de cette accusation ; « c'était au cœur. » Et Livie, se jetant alors sur lui, le poignarde en disant : « Au cœur, donc ! »

Peu d'action, on le voit, dans cette pièce. Et l'on doit d'autant plus le regretter que l'œuvre du musicien s'en est assurément ressentie, et que la partition des Barbares, en dépit de son style magistral, est loin de compter parmi les meilleures du grand artiste qu'est M. Saint-Saëns. Mon regret est profond d'être obligé de le dire, mais à quoi bon déguiser ce qu'on croit être la vérité? Ce qu'on doit reprocher à l'auteur des Barbares, c'est, après un manque trop évident d'inspiration, l'incertitude où nous jette son œuvre, par suite de l'incertitude où il paraît s'être trouvé lui-même en l'écrivant. Qu'a-t-il voulu faire ? De quel côté a-t-il voulu se tourner ? On n'en sait rien, nul ne le pourrait dire, le but qu'il poursuit reste inconnu, et il semble, par son indécision, par l'hésitation dont témoigne son œuvre, avoir manqué de l'audace nécessaire et de franchise envers luimême. On se rappelle involontairement, en entendant cette musique, la fière déclaration faite naguère par M. Saint-Saëns : « Je n'ai jamais été, je ne suis pas, je ne serai jamais de la religion wagnérienno. > Assurément, son œuvre n'est pas wagnérienne par certains côtés; on n'y trouve que peu de traces de ïeitmotive, et l'orchestre se tient à sa place,

n'accapare pas insolemment l'attention et ne s'efforce pas d'étouffer les voix sous son fracas instrumental. Mais, d'autre part, l'auteur emprunte pourtant aux procédés vagnériens le système détestable de la déclamation con- ■ tinue, la volonté de ne point construire de morceaux et celle d'éviter avec soin les ensembles. C'est cette façon d'agir qui me paraît blâmable, parce qu'elle a eu pour résultat de produire une œuvre sans caractère, sans couleur et sans portée. M. Saint-Saëns ne nous a pas habitués à le voir manquer de franchise; à tout le moins a-t-il manque ici de volonté et de décision. On attendait mieux de l'auteur de Samson et Dalila et delà symphonie en ut mineur.

La partition froide et incolore des Barbares ne saurait donc rien ajouter à la renommée et à, la gloire de M. Saint-Saëns. Faut-il, après cela, constater de nouveau qu'elle est écrite de main de maître ? Il serait assurément peu croyable qu'il en fût autrement. Mais c'est au théâtre surtout que la forme ne suffit pas, et que le fond importe avant tout. Or, c'est le fond, c'est-à-dire la véritable inspiration, qui fait ici le plus complètement défaut, et la pauvreté du sujet n'est certainement pas étrangère à ce fait. Cependant, là même où la situation aurait pu le porter, comme dans la grande scène de Floria et de Marcomir, le compositeur n'a pas trouvé un accent, un clan, un cri du cœur pour souligner cette situation. 11 y a sans doute quelques pages heureuses dans la parti lion, comme l'introduction symphonique du premier acte, la jolie scène de Floria et des femmes, où le chœur de celles-ci reprend d'une façon poétique chacune des phrases établies par la prêtresse, puis encore le chant vigoureux de la délivrance, au troisième acte : Divinité libératrice ! et enfin, de côté et d'autre, quelques phrases bien venues, avec, parfois, certains effets d'orchestre inattendus ou délicieux. Mais tout cela, il faut bien le dire, ne suffit pas à constituer une œuvre sérieuse et viable.

L'interprétation des Barbares était confiée à Mœ" Hatto (Floria) et Héglon (Livie), à MM. Yaguet (Marcomir), Delmas (Scaurus) et Roussclière (le veilleur).

* BARBERINA, Comédie lyrique en trois actes, livret imité d'Alfred de Musset par M. Fervaal (pseudonyme de M. Filip] Mancuso), musique <le M. G. Marinuzzi, représentée au Grand-Théâtre de Pak-rnic lo 5 mai 1903.

Page 1